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samedi 17 septembre 2016

"Objection de conscience et droits de l'homme", G Puppinck (Eclj 2016)




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Fil d'actualité de Gregor Puppinck: ICI

"Objection de conscience et droits de l'homme", G Puppinck (Eclj 2016) [*
MariageGay - "Il n'existe pas de droit à l'adoption" 


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Autre:

I - Abroger: La Genèse d'une loi et ses conséquences    (Janv 2016) (
II - Abroger ! pourquoi ? Comment ? ()
III - Protéger le mariage, l'enfant , la Famille et Interdire la GPA () 
IV - Refonder la politique familiale et la reconnaissance du Mariage religieux () 

Quelques approches sur " l'Abrogation de la Loi Taubira" ...
                                                                              (Nov 2014)  ()
"Abroger la loi Taubira" par Pierre-Olivier Arduin

                                                                                (Nov 2014) ()

Clause de conscience des maires : le Conseil constitutionnel insulte
                                            l’intelligence juridique - (Nicolas Mathey)
                    oriente elle vers le bien ?
                    Extrait de l' Evangile de la Vie (Evangelium vitae)
- Loi naturelle et loi civile: 1-"un mariage de raison"

- "Laïcité de l'Etat, laïcité de la société ?" - Conférence du Cardinal Ricard  
- Conscience morale: "Les chrétiens au risque de l'abstention ? "  

- Cardinal André XXIII - Extrait " Vision actuelle sur la Laïcité (KTO) "

( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie I)
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie II)
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie III)
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie IV)


Erbilight (Visite du Cardinal Barbarin et délégation à Erbil (Irak) Decembre 2014)
                        + réactions et décryptage (25 nov 2014)



Veilleurs: "Cathos et rebelles" ( via Le Figaro 18 Avril 2014)
"Les Veilleurs" (20 Avril 2013)
Proclamation de St Thomas More comme patron des responsables 
Loi naturelle et loi civile: 1-"un mariage de raison"
Halte au narcissisme du corps avec Adèle van Reeth
"Le droit canonique est un droit de guérison"(L'Eglise : une institution juridique ? )
"La révolte des masses" - d' Ortega Y Gasset
Adieu Benoît XVI - Livre d' Or (ici)
Dans les combats, "Mes Armes" - faisons les nôtres ... (Ste Thérèse de l' enfant Jésus)
"DIVINI ILLIUS MAGISTRI" LETTRE ENCYCLIQUE DE SA SAINTETÉ
LE PAPE PIE XI SUR L'ÉDUCATION CHRÉTIENNE DE LA JEUNESSE
(Observatoire Sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon)
"Notre République" par Charles Vaugirard












dimanche 4 mai 2014

ONU : Grégor Puppinck dénonce les atteintes à la liberté des consciences et de religion en Europe (ECLJ)





Le 14 mars 2014, 


dans une déclaration orale prononcée devant le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, à Genève, à l'occasion du débat général sur la liberté de conscience et de religion dans le monde, Grégor Puppinck, Directeur du European Centre for Law and Justice (ECLJ) a dénoncé une tendance en Europe à réduire la liberté de conscience en matière morale.

La déclaration a visé en particulier les atteintes au droit à l'objection de conscience des médecins, infirmières et pharmaciens face à l'avortement, ainsi que le non respect des droits des parents à ce que leurs enfants soient instruits dans le respect de leurs convictions morales et religieuses.

L'ECLJ a insisté sur le fait qu'il ne faut pas sous-estimer le danger de ces atteintes, car elles sont causées par l'Etat, contre de nombreuses personnes, et au nom d'une idéologie.

Le Conseil des droits de l'homme est un organe intergouvernemental du système des Nations Unies, composé de 47 états qui ont la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits de l'homme dans le monde. L'ECLJ a la faculté d'intervenir devant ce Conseil en vertu de son statut consultatif spécial auprès des Nations-Unies/ECOSOC. *** Texte de l'intervention ***

CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME - 25e Session
Intervention orale de l'ECLJ
14 mars 2014 - Item 3. ID Liberté de conscience et de religion

Le European Centre for Law and Justice remercie le Rapporteur spécial sur la liberté de conscience et de religion pour son intéressant rapport sur la haine religieuse. Ce rapport contient d'utiles recommandations, notamment en matière de prévention des conflits interreligieux.

Plusieurs remarques méritent d'être formulées :
- Tout d'abord, rappeler que la liberté religieuse implique que l'État agisse avec justice et équité, elle porte sur ce que l'Etat fait, pas sur ce qu'il est. Il est impossible à un Etat d'être parfaitement neutre ; et même plus, vouloir être neutre peut conduire à des violations de la liberté de religion et de conscience.
Et je crains, Monsieur le Président, que les pays occidentaux soient confrontés à une nouvelle idéologie qui s'oppose à la liberté de conscience et en particulier au droit à l'objection de conscience.

Ainsi, par exemple, quand la Suède refuse de reconnaître le droit des médecins à ne pas pratiquer l'avortement, quand la France refuse de reconnaître le droit des pharmaciens à ne pas collaborer à l'avortement, quand un pharmacien, un médecin ou une infirmière sont licenciés à cause de leur objection de conscience, n'est-ce-pas une violation de la liberté des consciences ?

De même, en matière éducative, lorsque l'Etat envoie la police dans des écoles --comme cela est arrivé en France - ou condamne des parents objecteurs à des amendes --comme en Espagne-, ou pire, les condamne à des peines de prison ferme --comme en Allemagne- parce que ces parents refusent en conscience d'envoyer leurs jeunes enfants à des cours obligatoires et controversés d'éducation sexuelle et morale, n'est-ce pas une violation manifeste de droits des parents et de leur liberté de conscience ?

Dans tous ces cas, c'est l'Etat lui-même qui viole la liberté des consciences en essayant d'imposer une morale unique.

Monsieur le Président, L'ECLJ demande au Conseil des droits de l'homme de veiller davantage au respect du droit à l'objection de conscience en matière morale qui est aujourd'hui gravement remis en cause dans plusieurs pays occidentaux.
Ce droit découle directement de la liberté de religion et de conscience. Il découle aussi du droit fondamental des parents « de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants », (droit reconnu notamment par la Déclaration universelle des droits de l'homme (Art. 26.3) et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.)

Il ne faut pas sous-estimer le danger de ces atteintes, car elles sont causées par l'Etat, contre de nombreuses personnes, et au nom d'une idéologie.

source: ECLJ + (eclj.org)



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Articles de Grégor Puppinck:

.   ONU : Grégor Puppinck dénonce les atteintes à la liberté des consciences 
                                                                            et de religion en Europe
.   Mariage pour tous: Adoption puis PMA et GPA , l'effet domino
.   MariageGay - "Il n'existe pas de droit à l'adoption" 
.   DPI - Le Diagnostic préimplantatoire fait débat (31 Aout 2012)

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Autre:

Clause de conscience des maires : le Conseil constitutionnel insulte
                                            l’intelligence juridique - (Nicolas Mathey)
                    oriente elle vers le bien ?
                    Extrait de l' Evangile de la Vie (Evangelium vitae)
- Loi naturelle et loi civile: 1-"un mariage de raison"

- "Laïcité de l'Etat, laïcité de la société ?" - Conférence du Cardinal Ricard  
- Conscience morale: "Les chrétiens au risque de l'abstention ? "  

- Cardinal André XXIII - Extrait " Vision actuelle sur la Laïcité (KTO) "

( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie I)
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie II)
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie III)
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie IV)


samedi 25 janvier 2014

"1984" de George Orwell avec Raphaël Enthoven dans"Le Gai Savoir"









George Orwell © DR

Depuis qu’Edward Snowden, un ancien employé de la NSA a révélé l’existence de deux programmes secrets de surveillance électronique autorisés par les gouvernements Bush et Obama visant à collecter les données et téléphonique et Internet de particuliers aux EU et en Europe, 1984 de George Orwell est redevenu un succès de librairie. A toute chose, malheur est bon, donc. Vivent les scandales qui multiplient le désir de se plonger dans un roman pour y trouver les linéaments de la modernité. Pourtant, notre époque et son indiscrétion sont imparfaitement éclairées par ce grand livre, car, plus que l’oeil de Moscou, c’est du téléphone portable de notre voisin que nous avons tout à craindre…

source: "Le Gai savoir
Ecoutez l'émission

dimanche 20 octobre 2013

Clause de conscience des maires : le Conseil constitutionnel insulte l’intelligence juridique - (Nicolas Mathey)


Clause de conscience des maires : le Conseil constitutionnel insulte l’intelligence juridique

La liberté de conscience est un des droits les plus fondamentaux de la personne mais aussi un facteur de légitimité de l'ordre politique. En refusant la clause de conscience au maire désirant ne pas célébrer de mariage entre personnes de même sexe, la décision du Conseil constitutionnel du 18 octobre 2013 affaiblit à la fois les droits de la personne et la confiance, toujours limitée, que nous pouvons avoir en l’État.

POUR MEMOIRE, je commencerai par un bref rappel des faits. M. Franck Meyer et plusieurs autres maires ont saisi le Conseil d’État d'une demande tendant à l’annulation de la Circulaire du ministre de l’intérieur du 13 juin 2013 relative aux « conséquences du refus illégal de célébrer un mariage de la part d’un officier d’état civil ». Cette circulaire avait pour objet d'intimider les maires ne souhaitant pas célébrer de mariage entre personnes de même sexe en rappelant les règles civiles en matière de célébration des mariages, mais aussi le risque de poursuites pénales à l'égard des officiers d'état civil récalcitrants.

Il est vrai que la légalité de cette circulaire peut être discutée sur plusieurs points, notamment lorsqu'elle affirme que le refus de célébrer un mariage constitue une voie de fait (CF. S. Slama, « Le refus illégal de célébration d’un mariage constitue-t-il toujours une voie de fait ? »). Toutefois, au préalable, les requérants ont soulevé une question de constitutionnalité sollicitant la transmission d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) au Conseil constitutionnel.

La question était plus précisément de savoir si les articles 34-1, 74 et 165 du code civil et l’article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales comportaient les garanties qu’exige le respect de la liberté de conscience. Autrement dit, le fait que la loi ne prévoit pas de clause de conscience pour les maires porte-t-il atteinte à la liberté de conscience ? Considérant que la question est nouvelle et que les dispositions contestées n'ont pas déjà été déclarées conformes à la Constitution (ce qui aurait fait obstacle à la QPC) le Conseil d’État (CE, 18 sept. 2013, M. M. et a.) a décidé la transmission de la question au Conseil constitutionnel qui vient de déclarer ces dispositions conformes à la Constitution (Décision n° 2013-353 QPC du 18 octobre 2013 et son commentaire).

Si, sur le fond, la décision n'est guère surprenante, sa forme constitue quasiment une insulte à l'intelligence juridique.

La logique positiviste de la décision

Sur le fond, la solution n'est pas surprenante : elle est en cohérence avec la logique positiviste de notre droit contemporain.

Les requérants soutenaient que l'absence de clause de conscience portait atteinte à la liberté de conscience, au « droit de ne pas être lésé dans son travail ou son emploi en raison de ses opinions ou de ses croyances », au principe de pluralisme des courants d'idées et d'opinions ainsi qu'au principe de la libre administration des collectivités territoriales. Bien évidemment, le cœur de l'argumentation était la liberté de conscience.

De manière péremptoire, le Conseil constitutionnel répond qu'en ne permettant pas aux officiers de l'état civil de se prévaloir de leur désaccord avec les dispositions de la loi du 17 mai 2013 pour se soustraire à l'accomplissement des attributions qui leur sont confiées par la loi pour la célébration du mariage, le législateur a entendu assurer l'application de la loi relative au mariage et garantir ainsi le bon fonctionnement et la neutralité du service public de l'état civil ; qu'eu égard aux fonctions de l'officier de l'état civil dans la célébration du mariage, il n'a pas porté atteinte à la liberté de conscience.

Trois idées sont en germe dans cette formule.

Tout d'abord, en rappelant que le législateur a entendu assurer l'application de la loi relative au mariage, le Conseil sombre dans la tautologie : évidemment que le législateur entend faire appliquer la loi qu'il adopte. Mais précisément, c'est là la question pour les maires ! Le Conseil constitutionnel prend ici la question pour la réponse. Ce qui lui était demandé était justement de savoir si le législateur n'avait pas méconnu la liberté de conscience des maires en ne prévoyant pas un tempérament à l'application de la loi. Bref, cela ne répond pas à la question.

Le Conseil ajoute que le législateur avait la volonté de garantir le bon fonctionnement du service public de l'état civil. L'argument est déjà plus précis à défaut d'être convaincant. Le refus de célébrer certaines unions est-il réellement de nature à mettre en péril le fonctionnement de l'état civil ? Lorsque la loi positive prévoit une clause de conscience, elle prévoit toujours une solution alternative qui assure que l'objectif de la loi, fut-elle fondamentalement injuste, sera atteint. Pourquoi, cela ne serait-il pas possible ici ? Le respect de la conscience devrait être premier et les modalités positives de la mise en œuvre de la clause de conscience devraient suivre.

Enfin, le Conseil constitutionnel considère que l'absence de clause de conscience garantit la neutralité du service public de l'état civil. On pouvait craindre qu'il soit fait référence à la laïcité mais prudemment, si l'on ose dire, le Conseil se limite à viser la neutralité. Ce qui est en question ici est le risque de voir les officiers d'état civil refuser de célébrer certaines unions pour des motifs purement subjectifs en fonction de leurs considérations personnelles. Il faut bien reconnaître que c'est là le danger d'une approche subjective de l'objection de conscience. Or, si le Conseil avait poursuivi son analyse, il aurait dû constater que ce n'était pas la démarche des requérants qui entendaient défendre le mariage républicain traditionnel : il ne s'agit pas de défendre une conception personnelle mais ce que le droit a toujours considéré comme étaient la seule union (le mariage entre personnes de même sexe n'ayant jamais existé, si on excepte quelques unions dans la Rome décadente, jusqu'en 2001 !).

Ces trois idées emportent d'autant moins la conviction que le Conseil constitutionnel opère d'ordinaire une forme de contrôle de proportionnalité. Il met en balance des droits et libertés. Pour lui tout est affaire de mesure ; il n'y a pas de droit intangible. Même la dignité de la personne humaine entre dans grande pesée des intérêts ! Il ne fallait donc pas s'attendre à ce que la liberté de conscience soit mieux traitée, bien qu'elle ait valeur constitutionnelle (Déc. cons. constit., 77-87 DC, Loi complémentaire à la loi n° 59-1557 du 31 décembre 1959 modifiée par la loi n° 71-400 du 1er juin 1971 et relative à la liberté de l'enseignement).

Il reste que le Conseil ne nous dit à aucun moment comment il a opéré cette balance. La solution n'est pas surprenante car elle est cohérente avec la logique positiviste de notre système contemporain. Cela ne veut pas dire que la solution s'imposait avec la force de l'évidence : le chef de l’État n'avait-il pas lui-même admis que les maires bénéficieraient de la liberté de conscience ?

Le Conseil constitutionnel a choisi de ne pas considérer que la liberté de conscience des maires était atteinte du fait de l'absence de clause de conscience dans la loi. Il l'a fait en suivant la logique de la loi elle-même et l'absorption de la personne de l'officier d'état civil par l’État impliquant selon le Conseil une différence de traitement par rapport aux professions de santé (cf. sur cette logique R. Letteron, « QRPC sur la clause de conscience des maires : le combat de trop » — cf. le commentaire officiel sur la différence établie avec les clauses de conscience reconnues par le droit positif).

La liberté de conscience n'est qu'une liberté relative. Cette logique est malheureusement également celle de la Cour européenne des droits de l'homme (Cour EDH). À propos de la liberté de religion, dans une affaire Ladele, la Cour a fourni une illustration de la difficile reconnaissance de l’objection de conscience dans un système profondément positiviste et relativiste. Dans cette affaire, un officier d’état civil londonien avait été licencié après avoir refusé de signer un avenant à son contrat de travail stipulant qu’il pourrait être amené à célébrer des unions civiles entre personnes de même sexe, conformément à la loi anglaise. La Cour EDH a considéré qu'il n'y avait pas eu une atteinte disproportionnée à la liberté de religion de l'officier d'état civil.

En réalité, la liberté de religion, de conscience et l’objection de conscience sont dénaturées en étant intégrées dans un système de droits relativiste (cf. Compendium de la doctrine sociale de l’Église, n° 399) qui tourne à la police des consciences et non seulement des pratiques.

Le scandale de la forme

Sur la forme, la décision du Conseil constitutionnel est une insulte à l'intelligence juridique. La forme n'a pas toujours bonne presse car le plaideur habile sait parfois en user voire en abuser pour échapper à la justice. Bien au contraire, la forme est non seulement inhérente au rite juridique mais constitue une garantie de la liberté : « Ennemie jurée de l'arbitraire, la forme est la sœur jumelle de la liberté » (Jhering).

Il n'est pas nécessaire de revenir longuement sur les étranges accommodements du Conseil avec son règlement et sa pratique usuelle. Alors que la procédure conduit à rendre une décision deux mois environ après la saisine, l'urgence de la question a manifestement imposé au Conseil de réduire ce délai à trois semaines. Quant à l'intervention d'autres maires se jugeant concernés par la question soulevée, le Conseil affirme qu'ils n'ont pas intérêt spécial à être entendus ! Il s'agit là, si ce n'est d'une violation du Règlement intérieur, du moins d'une interprétation fort étroite de celui-ci.

Après cela, on se demandera légitimement qui peut bien invoquer un intérêt à intervenir ! Cette précipitation traduit un manque de sérénité évident, préjudiciable à la justice.

La faiblesse majeure de la décision réside dans son absence de motivation. Le Conseil constitutionnel nous avait déjà habitués à ces non-décisions, mais là il atteint un niveau de faiblesse impressionnant sur une question difficile. En toute modestie, n'importe quel étudiant de Master aurait pu rédiger une décision allant dans le sens retenu par le Conseil constitutionnel mais infiniment plus motivée. Quel que soit le sens d’une décision, le minimum est qu’elle soit un peu motivée. Le droit et la justice sont des choses sérieuses : le sens de la décision est sans doute décevant même s'il ne fallait guère se faire d'illusion, mais sa rédaction est la marque d'un mépris du Conseil pour sa fonction voire pour la justice. On pouvait attendre autre chose d'une juridiction qui aspire à devenir une sorte de cours suprême au sein de notre ordre juridictionnel.

Contrairement à ce que semblent tenter de faire croire nombre de juristes, une interprétation est toujours plus ouverte que ne le laisse penser la rédaction finale d'une décision de justice. Le Conseil constitutionnel, comme le Conseil d’État ou la Cour de cassation dans leur domaine respectif, opèrent toujours un choix guidé par des considérations de technique juridique mais aussi par des données non juridiques dont il ne fait pas état dans sa décision pour ne pas remettre en cause son statut de technicien du droit au service de la loi ou de la Constitution. L'absence de motivation des décisions de justice, et notamment celle de nombre de décisions du Conseil constitutionnel, cache le pouvoir politique des institutions juridictionnelles françaises.

Des pistes existent

Faut-il en conclure que l'objection de conscience des maires est définitivement proscrite ? Une réponse négative s'impose : si aucune clause de conscience ne sera concédé par notre droit positif, l'objection de conscience reste un droit voire un devoir naturel.

Bien que cela ne soit pas toujours aisé en pratique, des pistes existent qui permettraient de ne pas célébrer personnellement ce type d'unions civiles. Il reste que le plus juste serait de revenir sur cette loi.

Lorsque la question est mal posée, il ne peut y avoir de réponse juste. Ni l'insertion d'une clause de conscience, ni le transfert de la compétence à un fonctionnaire spécialisé, comme cela se fait dans certains pays, ne sont des solutions justes aux difficultés soulevées par la loi du 17 mai 2013. Si la loi est injuste voire inique, la clause de conscience n'est qu'un pis-aller.

L’objection de conscience ne se concède pas ; elle se prend !



Nicolas Mathey est professeur de droit à l’Université de Paris-Descartes. (Blog)



En savoir plus :
Le communiqué du Conseil constitutionnel
La Décision n° 2013-353 QPC du 18 octobre 2013
L'analyse de l'avocat du Collectif des maires, Me Geoffroy de Vries

dimanche 27 janvier 2013

Démocratie "entre" Loi civil et loi morale - Extrait de l' Evangile de la Vie (Evangelium vitae)

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Extrait de l' Evangile de la Vie (Evangelium vitae)



" En réalité, la démocratie ne peut être élevée au rang d'un mythe, au point de devenir un substitut de la moralité ou d'être la panacée de l'immoralité. Fondamentalement, elle est un « système » et, comme tel, un instrument et non pas une fin. Son caractère « moral » n'est pas automatique, mais dépend de la conformité à la loi morale, à laquelle la démocratie doit être soumise comme tout comportement humain: il dépend donc de la moralité des fins poursuivies et des moyens utilisés. Si l'on observe aujourd'hui un consensus presque universel sur la valeur de la démocratie, il faut considérer cela comme un « signe des temps » positif, ainsi que le Magistère de l'Eglise l'a plusieurs fois souligné. Mais la valeur de la démocratie se maintient ou disparaît en fonction des valeurs qu'elle incarne et promeut: sont certainement fondamentaux et indispensables la dignité de toute personne humaine, le respect de ses droits intangibles et inaliénables, ainsi que la reconnaissance du « bien commun » comme fin et comme critère régulateur de la vie politique.

Le fondement de ces valeurs ne peut se trouver dans des « majorités » d'opinion provisoires et fluctuantes, mais seulement dans la reconnaissance d'une loi morale objective qui, en tant que « loi naturelle » inscrite dans le cœur de l'homme, est une référence normative pour la loi civile elle même. Lorsque, à cause d'un tragique obscurcissement de la conscience collective, le scepticisme en viendrait à mettre en doute jusqu'aux principes fondamentaux de la loi morale, c'est le système démocratique qui serait ébranlé dans ses fondements, réduit à un simple mécanisme de régulation empirique d'intérêts divers et opposés.

 Certains pourraient penser que, faute de mieux, son rôle aussi devrait être apprécié en fonction de son utilité pour la paix sociale. Tout en reconnaissant quelque vérité dans cette opinion, il est difficile de ne pas voir que, sans un ancrage moral objectif, la démocratie elle-même ne peut pas assurer une paix stable, d'autant plus qu'une paix non fondée sur les valeurs de la dignité de tout homme et de la solidarité entre tous les hommes reste souvent illusoire. Même dans les régimes de participation, en effet, la régulation des intérêts se produit fréquemment au bénéfice des plus forts, car ils sont les plus capables d'agir non seulement sur les leviers du pouvoir mais encore sur la formation du consensus. Dans une telle situation, la démocratie devient aisément un mot creux.

Pour l'avenir de la société et pour le développement d'une saine démocratie, il est donc urgent de redécouvrir l'existence de valeurs humaines et morales essentielles et originelles, qui découlent de la vérité même de l'être humain et qui expriment et protègent la dignité de la personne: ce sont donc des valeurs qu'aucune personne, aucune majorité ni aucun Etat ne pourront jamais créer, modifier ou abolir, mais que l'on est tenu de reconnaître, respecter et promouvoir.

Dans ce contexte, il faut reprendre les éléments fondamentaux de la conception des rapports entre la loi civile et la loi morale, tels qu'ils sont proposés par l'Église, mais qui font aussi partie du patrimoine des grandes traditions juridiques de l'humanité.

Le rôle de la loi civile est certainement différent de celui de la loi morale et de portée plus limitée. C'est pourquoi « en aucun domaine de la vie, la loi civile ne peut se substituer à la conscience, ni dicter des normes sur ce qui échappe à sa compétence »  qui consiste à assurer le bien commun des personnes, par la reconnaissance et la défense de leurs droits fondamentaux, la promotion de la paix et de la moralité publique. En effet, le rôle de la loi civile consiste à garantir une convivialité en société bien ordonnée, dans la vraie justice, afin que tous « nous puissions mener une vie calme et paisible en toute piété et dignité » (1 Tm 2, 2). C'est précisément pourquoi la loi civile doit assurer à tous les membres de la société le respect de certains droits fondamentaux, qui appartiennent originellement à la personne et que n'importe quelle loi positive doit reconnaître et garantir. "




Inauguration de la statue de Jean-Paul II par Monsieur le Sénateur Gérard COLLOMB




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jeudi 4 octobre 2012

La liberté religieuse en cause en Europe


RÉUNION DE LA COMECE :

 La liberté religieuse en cause en Europe


Plusieurs membres de la Commission des Conférences épiscopales de la Communauté européenne (COMECE) et du Groupe Conservateur et Réformiste de l’Europe (ECR) se sont donnés rendez-vous mardi 2 Octobre au Parlement Européen afin de rendre compte de la situation actuelle des chrétiens et de la liberté religieuse en Europe.
Ils ont ainsi convenu que des efforts significatifs doivent être réalisés pour éliminer les mesures discriminatoires à l’encontre des chrétiens « qui se sentent de plus en plus comme une minorité en Europe » (Jan Olbrycht MdPE, Vice-Président du Groupe PPE chargé des relations inter-culturelles).
Cette réunion au sommet relance donc le dialogue sur la place des chrétiens dans la société et leurs droits à exercer un principe de réserve concernant la protection de la vie humaine, spécialement dans les métiers de la médecine.
Deux thèmes principaux ont été abordés :
- La discrimination exercée contre les agences d’adoption catholiques au Royaume-Uni qui encourent la fermeture de leurs locaux si elles refusent de placer des enfants chez des homosexuels.
-  L’interprétation idéologique de la Convention européenne des droits de l’homme. Les intervenants ont ainsi précisé que l’écart entre les minorités agissantes qui influencent le processus décisionnel et la majorité silencieuse des chrétiens qui n’ont pas toujours une place dans la sphère politique, ne saurait être suffisant pour justifier que les chrétiens ne bénéficient des même droits que tous les citoyens européens.
Les participants appellent donc le Conseil de l’Europe à tenir compte des thèmes susmentionnées et à montrer une volonté politique d’agir en ce sens.
source: COMECE via AED

Loi naturelle et loi civile: 1-"un mariage de raison"

Autres articles du blog:
- Conscience morale: "Les chrétiens au risque de l'abstention ? "  

- Cardinal André XXIII - Extrait " Vision actuelle sur la Laïcité (KTO) "

( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie I)
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie II)
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie III)
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie IV)

- " La laïcité à la française " une analyse de Mgr Jean-Louis Bruguès
"La révolte des masses"  - d' Ortega Y Gasset



Pour aller plus loin:

jeudi 13 septembre 2012

Mariage homosexuel : les inquiétantes mesures de Christiane Taubira (Jean Frédéric Poisson)

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Plein écran: ICI



      

from Alliance VITA on Vimeo.


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Mariage homosexuel : les inquiétantes mesures de Christiane Taubira
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 10 Bonnes raisons de ne pas légaliser le mariage et l' Adoption
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La famille porteuse d' avenir - Conférence de Xavier Lacroix (27 Mars 2011)
"Le mariage dénaturé" par Pierre-Olivier Arduin
Genre: du couple homo à l' homoparentalité cautionnée..

                                     quel avenir pour notre société ?

Mgr Barbarin : «Il ne faut pas dénaturer le mariage»
Perdu d' avance ?  (Euthanasie et Homofiliation )
Homofiliation contre homo sapiens (France Catholique)
"Il est où mon papa ?" d'Edwige Antier
Pourquoi Christine Boutin est contre le mariage gay ?
Le tabou homosexuel " par Tugdual Derville
Homoparentalité : « Les études prouvent que… dalle»" - via @koztoujours
"Famille: les homos peuvent-ils toujours rêver ?(Du grain à moudre sur France culture)
"Famille : le pluriel qui tue" & "L’intérêt de l’enfant d’abord
           par Tugdual Derville et Caroline Roux
Débat: Tugdual Derville et Najat Vallaud-Belkacem - Bioethique et société !
Les AFC rentrent en campagne, pour une politique soucieuse des plus fragiles
François Bayrou s’engage sur l’ homoparentalité ! ... qu' en pense Christine Boutin...?!
De quel « genre » de phobie François Hollande est-il atteint ? (23 dec 2011)
Les réponses de François Hollande aux 17 questions d' HES !
Mgr Anatrella et la théorie de genre

Pour aller plus loin:

Homoparentalité Les dérives d’une argumentation " - + - par Xavier Lacroix
«Mariage» gay : Ayrault persiste
Après-Présidentielle, quels défis pour "demain" avec Tugdual Derville, Thibaud collin et l' Abbé Pierre-Hervé Grosjean
EDITION SPECIALE Présidentielles 2012 sur KTO avec Tugdual Derville, Thibaud Collin ...
lettre de l' AFSP au minister de l' éducation nationale
Une violation de la loi n' a pas vocation à faire jurisprudence  (11 nov 2011)
La théorie du gender, origines et conséquences (26 juin 2007)
Manuel de SVT: courrier du ministère de l' éducation nationale (AFC) (30 nov 2011)
un pas de plus vers le mariage homo ? (19 Nov 2011)
De quel « genre » de phobie François Hollande est-il atteint ? (23 dec 2011)
Les réponses de François Hollande aux 17 questions d' HES !


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