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dimanche 8 février 2015

CEDH: "Avoir un enfant sur commande, ou la dérive de la GPA" (Italie)


Renvoie de l’affaire Paradiso et Campanelli « en appel » devant la Grande Chambre de la Cour 
             Gregor Puppinck & AllianceVITA                                     (CEDH- 2 juin 2015) [*
Tribune. Claire de La Hougue: "De la GPA à la vente d'enfant" (valeurs - 17 Fev 2015) [*
"La CEDH valide la vente d'enfant" Gregor Puppinck (Village justice - 4 fev 2015 ) [*
GPA: l'engrenage de la CEDH Gregor Puppinck (Le figaro 13 fev 2015 ) [*
Entretient avec Gregor Puppinck (Radio Vatican 6 fev ) [*
Gregor puppinck réagit à la décision de la CEDH sur "liberté politique" (2 fev) [*
Réaction d' Alliance VITA (29 Janvier) [*
Communiqué de Presse du "CoRP"( 28 Janvier - Collectif pour le Respect de la Personne)  [*
Communiqué des Juristes pour l'Enfance (29 Janvier) [*]


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GPA : La CEDH rejugera l’affaire Paradiso et Campanelli en Grande Chambre


Le collège de cinq juges de la Cour européenne des droits de l’homme qui s’est réuni lundi 1er juin a décidé de renvoyer l’affaire Paradiso et Campanelli « en appel » devant la Grande Chambre de la Cour, suite à la demande du Gouvernement italien. En décidant de renvoyer l’affaire devant la Grande Chambre, la Cour reconnaît que l’arrêt de Section était critiquable et qu’il pose une question de droit nouvelle et importante. En effet, l’arrêt de Section du 27 janvier avait été très critiqué, y compris par deux juges de la Section, notamment parce qu’il entérinait la production-vente d’enfants par Gestation Par Autrui (GPA). Ce sera le premier cas de GPA jugé par la Grande Chambre, et l’arrêt qu’elle rendra aura un impact européen très important.

Pour rappel, le 27 janvier dernier, la Deuxième Section de la Cour européenne des droits de l’homme avait condamné l’Italie pour avoir retiré l’enfant acheté par le couple Paradiso - Campanelli auprès d’une société russe spécialisée en GPA. L’enfant acheté 49 000 euros et produit sur commande par fécondation in vitro et GPA n’avait aucun lien biologique avec le couple acquéreur. Constatant une fraude et une violation de l’ordre public, les juridictions italiennes ont poursuivi pénalement le couple d’italiens et lui ont retiré l’enfant pour le confier à l’adoption. Saisissant la Cour européenne, le couple s’était plaint d’une atteinte au respect de sa vie privée et familiale. Dans son arrêt du 27 janvier, la Section lui avait donné raison, condamnant l’Italie à lui verser 20 000 euros pour dommage moral et 10 000 euros pour frais et dépens. La Cour avait estimé que le couple pouvait prétendre bénéficier de la protection accordée à « la vie familiale » alors même qu’il n’avait gardé l’enfant que six mois et qu’il l’avait acheté en violation des normes italiennes et internationales.
Les arrêts de la Grande Chambre définissent la doctrine de la Cour et s’imposent dans l’ensemble des 47 États membres du Conseil de l’Europe.

Grégor Puppinck

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CP d'AllianceVITA

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."la Convention européenne des droits de l’homme proclamée en 1950
                                                tourne une page dans l’histoire des droits de
                                                          l’homme en Europe" Gregor Puppinck
ONU : L'ECLJ dénonce la vente d'enfants par GPA (Video 11 Mars 2015)
CEDH: "Avoir un enfant sur commande, ou la dérive de la GPA" (Italie)
. Grégor Puppinck: "Droit à l'enfant"   
          convergence entre les droits de l'homme & les biotechnologies 
. Grégor Puppinck : "GPA : derrière les droits de l’homme, l’exploitation"
"Les infanticides néonataux en Europe doivent être condamnés" Gregor Puppinck
Conférence de Gregor PUPPINCK sur l'avortement et le statut
de l'embryon pour la CEDH
Contrat d'Union Civil ? - "Europe: la famille diluée dans les 
droits de l’homme"
. ONU : Grégor Puppinck dénonce les atteintes à la liberté des 
consciences et de religion en Europe
Mariage pour tous: Adoption puis PMA et GPA , l'effet domino
La Cour européenne des Droits de l’homme impose l’adoption
homosexuelle
. PMA : la France a déjà voté...
MariageGay - "Il n'existe pas de droit à l'adoption"
. DPI - Le Diagnostic préimplantatoire fait débat (31 Aout 2012)



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(SourceValeurs actuelles)

"De la GPA à la vente d'enfant"

Tribune. Claire de La Hougue est Docteur en droit et avocat au Barreau de Strasbourg. Le 27 janvier 2015, la CEDH a condamné l’Italie pour avoir retiré un enfant à un couple qui l’avait acheté 49.000 euros en Russie, estimant que ce retrait portait une atteinte disproportionnée à leur droit à la vie privée et familiale. Pour Claire de La Hougue, la CEDH « admet ainsi l’achat d’enfant comme fondement d’une famille, donc un crime comme source d’un droit. »


En 2010, alors que l’épouse était âgée de 55 ans (son mari de 43), les requérants se sont adressés à une société juridique russe associée à une clinique en vue d’obtenir un enfant. La société a acheté des gamètes, créé un embryon, trouvé une mère porteuse et livré le nouveau-né en février 2011 avec un certificat de naissance désignant les requérants comme parents sans mentionner la mère porteuse, le tout pour la somme de 49.000 euros.

Les requérants rentrèrent en Italie (où la requérante avait fait circuler la rumeur de sa grossesse) avec l’enfant et demandèrent l’enregistrement du certificat de naissance, qui leur fut refusé. Ils furent en outre mis en examen pour altération d’état civil, faux et infraction à la loi sur l’adoption. Ils affirmèrent que l’enfant était le fils génétique du requérant. Un test ADN ordonné par le tribunal prouva au contraire qu’aucune lien génétique n’existait entre l’enfant et les requérants.

Constatant que l’enfant n’avait pas de parents biologiques et qu’il n’était pas dans son intérêt de rester avec les requérants qui n’avaient pas hésité à violer la loi pour satisfaire leur « désir narcissique », le tribunal confia l’enfant aux services sociaux en vue de son adoption.

Devant la CEDH, les requérants se plaignaient en leur propre nom et au nom de l’enfant du refus d’enregistrement du certificat de naissance et de l’éloignement de l’enfant qui, selon eux, portaient atteinte à leur vie familiale. Leur avocat était le président de la société qui leur avait vendu l’enfant.

La Cour juge d’abord qu’ils ne peuvent agir au nom de l’enfant, qui a un tuteur depuis octobre 2011 et est placé en famille d’accueil. Elle estime ensuite qu’ils ne peuvent se plaindre de l’impossibilité d’obtenir la transcription du certificat de naissance car ils n’ont pas saisi la Cour de cassation italienne, donc n’ont pas épuisé les voies de recours internes. Reste la question de l’éloignement de l’enfant, cause de la condamnation de l’Italie.

Une mesure d’éloignement ne peut porter atteinte au droit des requérants au respect de leur vie familiale que si, avec l’enfant, ils constituent une famille. Sur ce point, après avoir invoqué diverses affaires sans rapport avec la présente, telles que des cas d’enfants nés hors mariage et d’adoption, la Cour observe que les requérants se sont comportés pendant six mois « comme des parents », ce qui lui suffit pour conclure à l’existence d’une vie familiale de fait.

Elle refuse de considérer les circonstances de la naissance de l’enfant, commandé et acheté par les requérants, conçu en laboratoire pour être orphelin et vendu à sa naissance. Elle n’évoque pas les conséquences pour l’enfant de l’abandon programmé et de la vente. Elle ignore totalement l’exploitation des vendeurs de gamètes et de la mère porteuse. Sa volonté d’aveuglement est telle qu’elle a même refusé aux associations, notamment russes et roumaines, qui voulaient lui révéler l’autre face de la procréation pour le compte d’autrui, le droit de lui présenter leur arguments. Elle parvient à présenter les acquéreurs comme des victimes, insistant sur « les aspects émotionnels de ce dossier », les conséquences « très lourdes pour les requérants », l’espoir qu’ils ont nourri avant de « sombrer dans le désespoir ». Elle ne veut voir la situation qu’à travers les yeux et les intérêts des riches adultes occidentaux, occultant délibérément tout ce qui n’entre pas dans son cadre idéologique et son objectif, la libéralisation de la procréation pour le compte d’autrui.

La Cour n’est pas à une incohérence près. Après avoir déclaré les requérants irrecevables sur la question de la transcription du certificat de naissance, elle déclare que l’application du droit italien relatif à la filiation « ne saurait passer comme étant arbitraire », autrement dit que l’Italie n’était pas obligée d’admettre la transcription ni de reconnaître la filiation. Elle affirme ensuite que le retrait de l’enfant viole le droit à la vie familiale des acheteurs, avant de conclure que cette condamnation n’oblige pas l’Italie à rendre l’enfant aux acquéreurs.

En outre, la Cour est manifestement sortie de sa compétence. Alors qu’elle répète à l’envi qu’elle ne doit pas se substituer aux autorités nationales et qu’elle n’est pas une cour de quatrième instance, elle n’hésite pas – sans même avoir vu l’enfant, ni entendu aucun expert – à balayer l’appréciation de l’intérêt de l’enfant faite par les juridictions italiennes pour imposer son opinion. Elle viole donc le principe de subsidiarité qui fonde la protection internationale des droits de l’homme.

L’activisme idéologique de la Cour cette fois l’a poussée trop loin. Que la Cour, qui se prétend conscience de l’Europe, entérine la vente d’un enfant est stupéfiant et révoltant. On connaissait déjà l’inclination de la Cour en faveur du droit à l’enfant et sa propension au déni de réalité, mais admettre de fonder une vie familiale sur un achat d’enfant montre à quel point, sur ces sujets, elle n’est plus qu’une machine emballée. Il est essentiel que cette affaire soit renvoyée en Grande Chambre et que ces errements soient rectifiés. Quelques juges militants ont lancé la CEDH dans une fuite en avant fatale, l’exposant à une trop juste critique. Il est urgent qu’elle se sauve elle-même en revenant à la raison, condition de la justice.



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(SourceVillage Justice)

En mars 2011 à Moscou, un couple a acheté un enfant auprès d’une société spécialisée dans la GPA. L’acte de naissance de l’enfant indiquait qu’il était le fils du couple italien. De retour en Italie, la transcription de l’acte de naissance russe dans l’état civil italien fut refusée. Une enquête fut ouverte et un test ADN prouva que l’enfant n’avait aucun lien génétique avec le couple. L’enfant a été purement et simplement produit sur commande et vendu. La société explique avoir acheté des gamètes humains puis loué une mère porteuse, ce qui ne serait pas illégal en Russie. Les juges italiens, constatant la violation des normes sur l’adoption internationale et de l’ordre public italien, décidèrent – dans l’intérêt de l’enfant – de le retirer de ses acquéreurs pour le confier à l’adoption.

Saisie par le couple, la Cour de Strasbourg a jugé – par cinq voix contre deux - que l’Italie pouvait refuser de reconnaître la filiation établie en Russie, mais que le retrait de l’enfant a porté atteinte à la vie privée et familiale du couple. Les autorités italiennes auraient dû le leur laisser, au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant. La Cour n’indique pas quel aurait alors dû être son état civil.

Pour conclure ainsi, la Cour a estimé que la relation créée par les acquéreurs à l’égard de l’enfant constitue une « vie familiale » protégée par les droits de l’homme, car ils se sont comportés « comme des parents » pendant six mois. La Cour a ensuite jugé que l’interdiction d’ordre public de la GPA et de la vente d’enfant ne sont pas des motifs suffisants pour leur retirer l’enfant au regard de l’intérêt de celui-ci de rester avec ses acquéreurs.

L’achat d’un enfant confère ainsi aux acquéreurs un droit sur cet enfant au nom de l’intérêt de l’enfant tel que déterminé par les juges strasbourgeois (qui n’ont consulté aucun expert). D’un crime naît un droit. Ainsi la Cour valide-t-elle la vente d’enfant. Il faut le dire lucidement : le prétendu « intérêt de l’enfant » cache en réalité celui des juges à imposer la libéralisation de la GPA.

A aucun moment la Cour ne s’interroge sur la moralité de la GPA, sur l’origine de l’enfant, sur l’exploitation des vendeurs de gamètes et de la mère porteuse à l’origine de son existence. La vente d’enfant ne la choque pas, elle ne sourcille pas, elle précise que ce n’est pas son affaire. Elle ne s’interroge pas davantage sur la violence irrémédiable infligée aux enfants nés de GPA : condamnés « pour leur bien », selon sa logique, à vivre avec ceux-là même qui les ont privé de leurs vrais parents et les ont achetés. Pour la Cour, ces circonstances n’entrent pas en compte dans l’appréciation de l’intérêt supérieur de l’enfant. Au contraire, elle fonde son raisonnement sur la supposition qu’il est conforme à l’intérêt d’un enfant-GPA d’être élevé par ses acquéreurs. On peut penser au contraire que les enfants GPA auront de bonnes raisons de se révolter contre leurs acquéreurs pour avoir exploité leurs parents puis les en avoir privés. Il n’est pas équivalant d’être élevé par ceux qui ont fait de vous un orphelin, ou par une famille adoptive qui vous recueille.

Tout cela au nom d’un droit à l’enfant. La Cour, depuis qu’elle traite de PMA et d’adoption homosexuelle, ne veut plus considérer l’origine des enfants ni la structure des familles. Pour elle, tout se vaut car la famille n’est qu’un agrégat temporaire de citoyens.

Cet arrêt est dévastateur, et les deux juges dissidents l’ont souligné : il réduit à néant la liberté des États de ne pas reconnaître d’effets juridiques à la gestation pour autrui, et même la légitimité du choix de l’État en ce sens. Plus encore, cet arrêt est une incitation au trafic international d’enfant ; il retire aux Etats les motifs et les moyens de s’y opposer.

Les « droits de l’homme » qui devraient être un rempart contre l’indignité et l’exploitation de l’homme par l’homme sont dévoyés pour servir d’instrument d’une fausse libération de l’individu en quête de la satisfaction de n’importe quel désir, même celui d’une femme de 55 ans d’avoir un enfant, comme en l’espèce.

Il faut espérer que le Gouvernement italien fera appel, et que d’autres gouvernements le soutiendront ; mais la Cour a le pouvoir de rejeter cette demande sans justification. Cependant, peut-être le gouvernement ne fera pas appel, car la Cour a assorti son jugement d’une mention qui semble réduire à néant sa propre argumentation : il n’est pas nécessaire de « rendre » l’enfant à ses acquéreurs car il vit depuis 2013 dans une famille. Ainsi, la véritable obligation concrète qui résulte de cet arrêt est celle pour l’Italie et les 46 autres Etats européens de ne plus s’opposer à l’avenir à la vie de telles « familles ».

Enfin, afin que la tableau soit complet : l’avocat du couple devant la CEDH - et qui va recevoir tout ou partie des 10.000 euros de frais et dépens octroyés par la CEDH n’est autre que le gérant de l’entreprise moscovite de GPA "Rosjurconsulting" qui a vendu l’enfant.


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(SourceLe Figaro)



En juin dernier, la Cour a condamné la France dans les affaires Mennesson et Labassée, puis elle se prononça sur une affaire contre la Belgique en septembre, et condamna l'Italie fin janvier. Enfin, dès le 3 février, la Cour a rendu publique sa décision de juger trois nouvelles affaires de GPA contre la France.

Avec les arrêts Mennesson et Labassée, la Cour a posé le principe de l'acceptation de la GPA à l'occasion d'affaires mettant en cause des couples hétérosexuels mariés ayant un lien génétique avec l'enfant conçu aux USA. Sur cette base, dans l'arrêt Paradiso et Campanelli, la Cour est allée plus loin en jugeant que l'Italie a violé le droit à la vie familiale d'un couple (dont la femme avait 55 ans) en leur retirant un enfant avec lequel ils n'avaient aucun lien génétique, produit sur commande et payé 49.000€ à une société moscovite spécialisée en GPA. En jugeant ainsi, la Cour a non seulement accepté une nouvelle fois la GPA, mais aussi entériné la production sur commande et la vente d'un enfant. Parce que cette production-vente d'enfant sans lien génétique avec les acquéreurs n'est en définitive qu'une forme particulière de GPA, l'acceptation de la GPA conduit nécessairement à celle de la vente d'enfant.
En jugeant ainsi, la Cour a non seulement accepté une nouvelle fois la GPA, mais aussi entériné la production sur commande et la vente d'un enfant.
Les trois nouvelles affaires concernent un couple vivant à Dubaï et ayant obtenu un enfant en Ukraine et deux hommes ayant chacun conçu des enfants par GPA en Inde avec des mères porteuses qui se présentent aussi comme les véritables mères biologiques. L'un d'eux reconnaît avoir versé 100.000 roupies à la mère (environ 1.300€, trois ans de salaire d'une ouvrière) et 60.000 roupies à l'hôpital. C'est une «GPA low-cost». L'autre requérant est pacsé avec un homme ayant aussi obtenu des jumeaux en Inde. Ce sera la première affaire de «GPA-GAY» traitée par la Cour, mais elle se refusera à tenir compte de cette circonstance au nom du principe de non-discrimination. Ainsi, l'acceptation de la GPA conduit aussi à celle des «usines à bébés» et de la «GPA-GAY».
Au fil de ces affaires, c'est la même logique qui s'impose: la déshumanisation de la procréation rend possible, pour tous, l'obtention d'un enfant et la constitution de «familles» que la Cour s'empresse de protéger contre les lois qui s'opposent à la marchandisation des personnes. L'intérêt des enfants et la dignité des jeunes femmes «porteuses» sont sacrifiés.
Au fil de ces affaires, c'est la même logique qui s'impose: la déshumanisation de la procréation rend possible, pour tous, l'obtention d'un enfant et la constitution de « familles » que la Cour s'empresse de protéger contre les lois qui s'opposent à la marchandisation des personnes.

C'est un engrenage qui étend la libéralisation de la GPA suivant un «rythme imposé par notre Cour» comme l'a reconnu Dean Spielmann, le Président de la Cour, lors de l'audience solennelle du 30 janvier 2015. Il faut savoir que c'est la Cour qui choisit ses affaires parmi les très nombreuses qui lui sont soumises: elle en rejette 95% sans justification ni examen approfondi, elle est aussi maîtresse du calendrier.
Dans la méthode de la Cour, chaque affaire se construit sur la précédente, car la Cour se cite elle-même. Dire que cette méthode relève de l'orchestration n'est pas abusif: c'est d'ailleurs ainsi que M. Spielmann décrit l'interaction entre la Cour et les États.
Et c'est suivant ce «rythme» que la Cour a choisi de rendre publiques les nouvelles affaires françaises dans la foulée de la publication de l'arrêt Paradiso. Dans l'esprit du public, une affaire chasse l'autre, mais dans la méthode de la Cour, chaque affaire se construit sur la précédente, car la Cour se cite elle-même. Dire que cette méthode relève de l'orchestration n'est pas abusif: c'est d'ailleurs ainsi que M. Spielmann décrit l'interaction entre la Cour et les États en la comparant, de façon incongrue, à la «danse sacrale» du Sacre du Printemps d'Igor Stravinsky. Il indique qu'en matière de GPA, «notre Cour a été invitée (…) à imprimer son tempo» et il se réjouit à propos de la condamnation de la France de juin 2014 qu'en «décidant de ne pas demander le renvoi de cette affaire devant la grande chambre, le Gouvernement français a apporté la preuve de ce que la décision adoptée était acceptable.» Cela signifie que le gouvernement français est d'accord pour continuer à danser, et pourquoi pas en accélérant le rythme. Ne pas avoir fait appel des arrêts Mennesson et Labassée vaut consentement à de nouvelles condamnations dans les trois nouvelles affaires. La CEDH peut donc continuer à imposer à la France la GPA de l'extérieur, avec le consentement d'un gouvernement qui a échoué à le faire de l'intérieur par les voies démocratiques.
Tout en prétendant ne pas condamner l'interdiction en soi de la GPA par les Etats, la Cour vide cette interdiction de sa substance au point que deux juges «dissidents», dont le vice-président de la Cour, ont écrit que l'arrêt Paradiso «réduit à néant» la liberté des États de refuser la GPA et de ne pas lui reconnaître d'effets juridiques.
Tout en prétendant ne pas condamner l'interdiction en soi de la GPA par les Etats, la Cour vide cette interdiction de sa substance.

Dans cette entreprise, la CEDH est divisée en interne, mais ne se heurte à aucune résistance externe car elle jouit du prestige fondateur des droits de l'homme et ne connaît aucun contre-pouvoir institutionnel. Elle se dit «Conscience de l'Europe», c'est-à-dire arbitre du juste et du bien, autorité morale, car, en effet, les «droits de l'homme» ne sont pas du droit mais de la morale. Cette morale entend corriger, encadrer et guider la démocratie politique. La supériorité de la Cour n'est autre que celle des «sages» sur le peuple, de la justice sur la politique, des Lumières sur les ténèbres. On ne sort pas de la théocratie: l'ordre politique demeure ordonnancé par un ordre moral, fut-il athée et situé au-delà du bien et du mal. Son interprétation demeure réservée à quelques clercs plus ou moins bien inspirés; et quelle inspiration: la «danse sacrale» à laquelle se réfère le Président Spielmann pour décrire l'œuvre de la cour est le tableau final du Sacre du Printemps dans lequel une jeune fille est sacrifiée au dieu païen de la nature sous le regard de l'assemblée des «vieux sages».


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(Source: Radio vatican)

Entretien avec Gregor Puppinck

- Le 27 janvier dernier, la Cour européenne des droits de l’Homme a condamné l’Italie à verser 30 000 euros de dommages à un couple d’Italiens pour lui avoir retiré son enfant, acheté en Russie 49.000 euros.

L’acte de naissance de l’enfant indique qu’il était le fils du couple italien. De retour en Italie, la transcription de l’acte de naissance russe dans l’état civil
italien est refusée. Après l’ouverture d’une enquête et un test ADN, il est prouvé que l’enfant n’a aucun lien génétique avec le couple. L’enfant a été purement et simplement produit sur commande et vendu.

Le couple saisit alors la CEDH qui a décidé que si l’Italie avait le droit de refuser de reconnaître la filiation établie en Russie, le retrait de l’enfant a, lui, porté atteinte à la vie privée et familiale du couple.
Pour Gregor Puppinck, directeur du Centre européen pour le Droit et la Justice à Strasbourg, la CEDH est en train d'imposer la GPA, et à travers elle la dissociation complète de la famille et de la procréation. Il revient sur cette affaire avec Jean-Baptiste Cocagne

 


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(Source: Liberté politique)




La Cour européenne des droits de l’homme a condamné cette semaine l’Italie pour avoir retiré à un couple l’enfant qu’il a acheté 49.000 euros, et à lui verser 30.000 euros de dommages.

EN MARS 2011 à Moscou, un couple a acheté un enfant auprès d’une société spécialisée dans la GPA. L’acte de naissance de l’enfant indiquait qu’il était le fils du couple italien. De retour en Italie, la transcription de l’acte de naissance russe dans l’état civil italien a été refusée. Une enquête fut ouverte et un test ADN prouva que l’enfant n’avait aucun lien génétique avec le couple. L’enfant avait été purement et simplement produit sur commande et vendu.

La société explique avoir acheté des gamètes humains puis loué une mère porteuse, ce qui ne serait pas illégal en Russie. Les juges italiens, constatant la violation des normes sur l’adoption internationale et de l’ordre public italien, décidèrent – dans l’intérêt de l’enfant – de le retirer de ses acquéreurs pour le confier à l’adoption.
D’un crime naît un droit

Saisie par le couple, la Cour de Strasbourg a jugé – par cinq voix contre deux — que l’Italie pouvait refuser de reconnaître la filiation établie en Russie, mais que le retrait de l’enfant a porté atteinte à la vie privée et familiale du couple. Les autorités italiennes auraient dû le leur laisser, au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant. La Cour n’indique pas quel aurait alors dû être son état civil.

Pour conclure ainsi, la Cour a estimé que la relation créée par les acquéreurs à l’égard de l’enfant constitue une « vie familiale » protégée par les droits de l’homme, car ils se sont comportés « comme des parents » pendant six mois. La Cour a ensuite jugé que l’interdiction d’ordre public de la GPA et de la vente d’enfant ne sont pas des motifs suffisants pour leur retirer l’enfant au regard de l’intérêt de celui-ci de rester avec ses acquéreurs.

L’achat d’un enfant confère ainsi aux acquéreurs un droit sur cet enfant au nom de l’intérêt de l’enfant tel que déterminé par les juges strasbourgeois (qui n’ont consulté aucun expert). D’un crime naît un droit. Ainsi la Cour valide-t-elle la vente d’enfant. Il faut le dire lucidement : le prétendu « intérêt de l’enfant » cache en réalité celui des juges à imposer la libéralisation de la GPA.
Le droit de l’argent

À aucun moment, la Cour ne s’interroge sur la moralité de la GPA, sur l’origine de l’enfant, sur l’exploitation des vendeurs de gamètes et de la mère porteuse à l’origine de son existence. La vente d’enfant ne la choque pas, elle ne sourcille pas, elle précise que ce n’est pas son affaire. Elle ne s’interroge pas davantage sur la violence irrémédiable infligée aux enfants nés de GPA : condamnés « pour leur bien », selon sa logique, à vivre avec ceux-là même qui les ont privé de leurs vrais parents et les ont achetés.

Pour la Cour, ces circonstances n’entrent pas en compte dans l’appréciation de l’intérêt supérieur de l’enfant. Au contraire, elle fonde son raisonnement sur la supposition qu’il est conforme à l’intérêt d’un enfant-GPA d’être élevé par ses acquéreurs. On peut penser au contraire que les enfants GPA auront de bonnes raisons de se révolter contre leurs acquéreurs pour avoir exploité leurs parents puis les en avoir privés. Il n’est pas équivalant d’être élevé par ceux qui ont fait de vous un orphelin, ou par une famille adoptive qui vous recueille.

Tout cela au nom d’un droit à l’enfant. La Cour, depuis qu’elle traite de PMA et d’adoption homosexuelle, ne veut plus considérer l’origine des enfants ni la structure des familles. Pour elle, tout se vaut car la famille n’est qu’un agrégat temporaire de citoyens.
Incitation au trafic d’enfants

Cet arrêt est dévastateur, et les deux juges dissidents l’ont souligné : il réduit à néant la liberté des États de ne pas reconnaître d’effets juridiques à la gestation pour autrui, et même la légitimité du choix de l’État en ce sens. Plus encore, cet arrêt est une incitation au trafic international d’enfant ; il retire aux États les motifs et les moyens de s’y opposer.

Les « droits de l’homme » qui devraient être un rempart contre l’indignité et l’exploitation de l’homme par l’homme sont dévoyés pour servir d’instrument d’une fausse libération de l’individu en quête de la satisfaction de n’importe quel désir, même celui d’une femme de 55 ans d’avoir un enfant, comme en l’espèce.

Il faut espérer que le gouvernement italien fera appel, et que d’autres gouvernements le soutiendront ; mais la Cour a le pouvoir de rejeter cette demande sans justification. Cependant, peut-être que le gouvernement ne fera pas appel, car la Cour a assorti son jugement d’une mention qui semble réduire à néant sa propre argumentation : il n’est pas nécessaire de « rendre » l’enfant à ses acquéreurs car il vit depuis 2013 dans une famille.

Ainsi, la véritable obligation concrète qui résulte de cet arrêt est celle pour l’Italie et les 46 autres États européens de ne plus s’opposer à l’avenir à la vie de telles « familles ».



Fil d'actualité de Gregor Puppinck: ICI
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CEDH: "Avoir un enfant sur commande, ou la dérive de la GPA" (Italie)
. Grégor Puppinck: "Droit à l'enfant"   
          convergence entre les droits de l'homme & les biotechnologies 
. Grégor Puppinck : "GPA : derrière les droits de l’homme, l’exploitation"
"Les infanticides néonataux en Europe doivent être condamnés" Gregor Puppinck
Conférence de Gregor PUPPINCK sur l'avortement et le statut
de l'embryon pour la CEDH
Contrat d'Union Civil ? - "Europe: la famille diluée dans les 
droits de l’homme"
. ONU : Grégor Puppinck dénonce les atteintes à la liberté des 
consciences et de religion en Europe
Mariage pour tous: Adoption puis PMA et GPA , l'effet domino
La Cour européenne des Droits de l’homme impose l’adoption
homosexuelle
. PMA : la France a déjà voté...
MariageGay - "Il n'existe pas de droit à l'adoption"
. DPI - Le Diagnostic préimplantatoire fait débat (31 Aout 2012)



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(SourceAllianceVITA)



La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a rendu un arrêt, le 27 janvier 2015, dans une affaire de GPA qui condamne en partie le gouvernement italien. Dans cet arrêt, non définitif, elle estime qu’il y a eu violation de la vie privée du couple requérant, par la justice italienne qui a ordonné l’éloignement et la mise sous tutelle de l’enfant.

Cette affaire (Paradiso et Campanelli vs Italie n o 25358/12) concerne un couple italien marié qui a eu recours à un contrat de GPA en Russie. Agés respectivement de 56 ans pour la femme et 44 ans pour l’homme lors de la naissance de l’enfant le 27 février 2011 (un petit garçon), les deux conjoints avaient décidé de recourir à la gestation pour autrui après avoir vainement fait des tentatives de fécondation in vitro. Cette pratique est strictement interdite en Italie, ainsi que le recours au don de gamète dans le cadre de la procréation artificielle.

C’est lorsque le couple a fait une demande de transcription à l’état civil de l’acte de naissance russe, qui indiquait le couple requérant comme les parents génétiques de l’enfant, que la justice italienne a pressenti une fraude. Dans le cas d’espèce, le couple italien a eu recours à un don d’ovule et une mère porteuse : il a payé la somme de 49 000 euros via les services d’une société russe Rosjurconsulting. A noter, l’avocat qui représente les requérants auprès de la CEDH travaille pour cette société.

Le 5 mai 2011, le couple a été inculpé, dans un premier temps, pour « altération d’état civil » et infraction à la loi sur l’adoption. Une demande de procédure d’adoptabilité puis une mise sous curatelle a été requise par le ministère public. Une enquête a ensuite établi que l’homme n’avait finalement aucun lien biologique avec le bébé, d’autres gamètes ayant été utilisés au cours de la procédure de fertilisation. Le 20 octobre 2011, le tribunal décida d’éloigner l’enfant des requérants : le tribunal pour mineurs avait conclu que leurs capacités affectives et éducatives pouvaient être remises en cause, étant donné ces fraudes avérées. L’enfant fut alors placé dans un foyer d’accueil, puis dans une famille d’accueil en janvier 2013.

Sans se prononcer sur la légitimité de l’interdiction de la GPA, les juges de Strasbourg ont néanmoins considéré qu’il y a eu violation de l’article 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) de la Convention européenne des droits de l’homme, et que les autorités avaient pris une décision extrême en retirant cet enfant qui avait déjà eu une relation de vie avec le couple, mesure habituellement réservée à des cas où l’enfant se trouve en danger : « La Cour n’est pas convaincue du caractère adéquat des éléments sur lesquels les autorités se sont appuyées pour conclure que l’enfant devait être pris en charge par les services sociaux ».

La CEDH condamne le gouvernement italien à verser 30 000 euros au couple requérant, au titre de préjudice moral et des frais juridiques engagés. Pour autant, elle ne demande pas à l’Italie de faire machine arrière en remettant l’enfant aux requérants, au nom de l’intérêt de celui-ci, qui a certainement développé des liens affectifs avec la famille qui l’accueille depuis deux ans.
A noter, au contraire de celui rendu contre la France, que cet arrêt ne concerne pas la transcription dans l’état civil de l’acte de naissance russe. La CEDH a rejeté la requête de transcription du couple italien, au motif qu’il n’avait pas épuisé toutes les voies de recours internes. Le gouvernement italien a 3 mois pour faire appel de cet arrêt.

Cette décision est inquiétante pour plusieurs raisons, notamment :

1- Elle met en lumière la dérive de l’appréciation de la « vie familiale » par la CEDH. Se présenter comme des parents, à partir d’un acte de naissance frauduleux et quelques semaines de garde de l’enfant, suffit-il à justifier une reconnaissance de « vie familiale » ?

2- L’intérêt de l’enfant est comme « mis en balance » avec l’intérêt du couple requérant, en dehors de toute référence juridique liée aux droits de l’enfant. Comment se fait-il que la Cour ne tire aucune conséquence du trafic de gamètes, de l’exploitation des femmes et de la privation de filiation pour les enfants nés de GPA, qui se cachent derrière ce cas particulier ?

Face à la majorité (5 contre 2) des juges en faveur de la décision, les juges Raimondi et Spano ont fait part de leur opinion dissidente : « La cour devrait à notre avis faire preuve de retenue, et se limiter à vérifier si l’évaluation des juges nationaux est entachée d’arbitraire (…). En outre, la position de la majorité revient, en substance, à nier la légitimité du choix de l’État de ne pas reconnaitre d’effet à la gestation pour autrui. S’il suffit de créer illégalement un lien avec l’enfant à l’étranger pour que les autorités nationales soient obligées de reconnaître l’existence d’une « vie familiale », il est évident que la liberté des États de ne pas reconnaître d’effet juridique à la gestation pour autrui, liberté pourtant reconnue par la jurisprudence de la Cour (…), est réduite à néant. »





Alliance VITA soutient, avec d’autres ONG internationales, l’appel pour la prohibition universelle de la gestation pour autrui, lancé le 20 novembre dernier à l’occasion de la Journée Internationale des droits de l’enfant : www.nomaternitytraffic.eu





Fil d'actualité d' Alliance VITA: ICI

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(SourceCoRP)


Communiqué du CoRP: 
"La Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) légalise le trafic de mères et d’enfants"

La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a rendu un nouvel arrêt condamnant l’Italie, sur un cas d’exploitation de mère porteuse.


Un couple d’Italiens était revenu de Russie avec un enfant obtenu en utilisant les services d’une mère porteuse. L’enfant n’avait de lien génétique avec aucun des deux commanditaires. Les commanditaires ont été mis en examen pour altération d’état civil, l’état civil russe étant établi sur la base de données mensongères, faux et infraction aux lois sur l’adoption. L’enfant a été placé et a reçu un nouvel état civil comme né de parents inconnus.Par son arrêt du 27 janvier 2015 Paradiso et Campanelli, la Cour s’oppose au droit italien et considère que la justice italienne a porté une atteinte disproportionnée à la « vie familiale » des commanditaires, notamment en ordonnant la mesure de placement de l’enfant qu’ils avaient acquis en Russie. (pour lire une présentation de l’arrêt par la cour, cliquez ici).

Autant dire que la porte est ouverte au trafic d’enfants et à l’exploitation des jeunes femmes démunies qui vendent leur capacité à être mère, puisqu’il suffit pour les acquéreurs de se « comporter comme des parents » ou se présenter comme tels pour se voir reconnaître une « vie familiale » puis une atteinte disproportionnée à celle-ci …

L’arrêt, comme ceux concernant la France, ne contient aucun début de réflexion sur ce qui est en jeu dans la pratique des mères porteuses. La Cour ne se penche ni sur la situation de la mère porteuse russe, ni sur le dommage causé à l’enfant par ceux qui l’ont acquis comme une marchandise et viennent ensuite se plaindre devant elle des mesures prises par la justice de leur pays pour faire respecter le droit.

Le Collectif pour le Respect de la Personne (CoRP) regrette cette absence totale de réflexion au fond, de la part d’une juridiction créée pour protéger les droits humains.

La CEDH ne respecte pas la liberté des Etats de rendre efficace, pour leurs ressortissants, la prohibition de l’usage de mères porteuses et de l’achat d’enfants.

Nous saluons l’opinion dissidente des juges islandais et italien, avec lesquels nous sommes en complet accord. Ils écrivent notamment : « S’il suffit de créer illégalement un lien avec l’enfant à l’étranger pour que les autorités nationales soient obligées de reconnaître l’existence d’une « vie familiale », (…) la liberté des États de ne pas reconnaître d’effets juridique à la gestation pour autrui, liberté pourtant reconnue par la jurisprudence de la Cour (…), est réduite à néant ». On ne saurait mieux dire.

Les États vont-ils continuer longtemps à laisser une Cour mettre à néant leur législation protectrice, alors même que chacun sait que se développe un vaste trafic de femmes et d’enfants ?

Nous espérons vivement que l’Italie demandera le renvoi de l’affaire devant la Grande Chambre, formation solennelle et instance « d’appel » au sein de la Cour européenne des droits de l’homme.

Le CoRP


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(Source: Juristes pour l'enfance)


GPA : LA COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L’HOMME ACCUMULE LES CONTRADICTIONS ET PERD TOUTE CRÉDIBILITÉ

29 janvier 2015

Le 27 janvier 2015, la cour européenne a condamné l’Italie dans une nouvelle affaire de GPA.

Un couple italien avait obtenu –acheté– un enfant issu d’une GPA en Russie, l’enfant n’étant relié génétiquement à aucun des membres du couple. La justice italienne avait refusé de transcrire le certificat de naissance russe, ordonné l’éloignement de l’enfant de ce couple et qu’il soit placé en vue de son adoption par une famille italienne. La Cour Européenne des Droits de l’Homme a statué sur la question de la conformité du placement de cet enfant aux dispositions de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Elle estime que l’éloignement et la mise sous tutelle de l’enfant portent atteinte à la vie familiale existant de fait entre le couple et l’enfant, pendant les 6 mois passés ensemble. En effet, l’éloignement d’un enfant du contexte familial est une mesure extrême qui ne peut se justifier qu’en cas de danger immédiat pour lui, non caractérisé en l’espèce. La Cour condamne ainsi l’Italie à payer 20 000 € au couple commanditaire de la GPA.

"Ce raisonnement, appliqué à un rapt d’enfant, permettrait d’en déduire que, dès lors que les voleurs se sont comportés envers l’enfant comme des parents et ont passé du temps avec lui, ne serait-ce que 6 mois, il a pu s’établir entre eux une vie familiale de fait qui interdit de séparer l’enfant de ceux qui l’ont enlevé !"

Le respect de la vie familiale de l’enfant qui fonde la condamnation devient ainsi difficile à manier : d’une part, cette vie familiale a été imposée à l’enfant par des personnes l’ayant acheté à une femme russe ; d’autre part, depuis 2013, sa vie familiale est vécue avec une autre famille, sa famille d’accueil, et bénéficie tout autant du principe de respect.

La contradiction est telle que la Cour ne peut en déduire aucune issue cohérente, et précise que sa décision « ne saurait être compris(e) comme obligeant l’État italien à remettre l’enfant aux requérants, ce dernier ayant certainement développé des liens affectifs avec la famille d’accueil chez laquelle il vit depuis 2013 ». L’enfant demeure donc avec sa famille d’accueil.

Or, de deux choses une :
Soit l’enfant a été séparé à tort de ses acheteurs/parents, et il doit pouvoir les retrouver.
Soit il a été séparé d’eux à raison, et il ne saurait leur être rendu, qu’il ait noué de nouveaux liens affectifs ou non !

"Le sort de l’enfant dépend finalement de savoir avec qui il aura passé le plus de temps….. et peu importe que les ceux-là l’aient acheté ou, la prochaine fois, volé…."

De façon inespérée, les contradictions accumulées finissent en l’espèce par rendre service à l’enfant puisque, en définitive, il ne sera pas restitué à ses acheteurs mais adopté en bonne et due forme et dans le respect de sa personne et de sa dignité d’être humain.
Mais le problème de fond demeure dans la décision de la Cour, qui façonne les principes suivants :

"l’achat d’un enfant ne donne pas de droit sur lui mais il suffit de développer une vie familiale avec lui (dont le critère de temps n’est pas défini) pour obtenir la reconnaissance des liens effectifs comme caractérisant une vie familiale de fait."

Avec un tel raisonnement, le voleur ou le trafiquant d’enfant qui aura vécu une vie familiale avec lui peut sereinement conserver la garde de l’enfant au nom du respect de la vie privée et familiale.
Les Juristes pour l’enfance sont très inquiets pour l’avenir de l’intérêt de l’enfant. On craignait que la Cour européenne soit devenue un obstacle au respect des droits de l’enfant. C’est, hélas, confirmé.




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CEDH: "Avoir un enfant sur commande, ou la dérive de la GPA" (Italie)
Le Conseil d'Etat valide la Circulaire Taubira ! (12 Dec 2014)
«Pourquoi il nous faut dire non à la marchandisation des gestations»
                                (Sylviane Agacinski, philosophe) par Jean-Yves Nau
Filiation : vers des "PMA de convenance" ? (Aude Mirkovic)
"La Gestation pour autrui au regard du mariage entre personnes de même sexe "
                                   (ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE)
Mariagegay - SAISINE DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
J’ai 15 ans, monsieur Hollande, et vous m’avez trahie !
L'homoparenté contre l'égalité
                      et environnementale ? CESE 
       ... rien ne bouge, pas une virgule." ! via Koztoujours
                      (LaManifPourTous)
                           mariage et l’adoption par les couples homosexuels
Contre le “mariage” gay : 3 étapes
Discours de Tugdual Derville à la défense le 23 Octobre
Adoption homo : qui a peur du débat ?

mardi 16 décembre 2014

Le Conseil d'Etat valide la Circulaire Taubira ! (12 Dec 2014)



Intervention de Jean-frédéric poisson sur cette décision dans 
                                                       "Bourdin direct" (16 Dec 2014) [*]

"Les mensonges publics sur la GPA" Par Elizabeth Montfort 
                                                         (Liberté Politique 22 Dec 2014)[*]


Entretien avec Aude Mirkovic "GPA : Il ne suffit pas d’affirmer, 
la main sur le cœur, que l’enfant n’est pas un objet (14 Dec 2014) [*]

Réaction des "Juristes pour l'enfance" à la décision du Conseil d'état [*]

Communiqué de presse de LaManifPourTous :
                              "Circulaire Taubira : un passeport pour la GPA" [*]

Décodeur d'allianceVITA n° 39 
           « Les enjeux de la Gestation Pour Autrui (GPA) en France » [*]


AFC: "GPA, le Conseil d’Etat maintient la brèche 
                                                        ouverte par la circulaire Taubira[*]

GPA : rebondissement de la polémique sur les «petits fantômes 
                                     de la République » (sic) par Jean-Yves Nau  [*]

Le Conseil d’État rejette les requêtes contre la circulaire de la garde des Sceaux
                                                           (Conseil d'état le 12 Dec 2014) [*]

DÉCRYPTAGE. GPA : la schizophrénie du Conseil d'État
par Adeline le Gouvello, avocat à la Cour          (17 dec 2014 - Aleteia) [*]



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Intervention de Jean-frédéric poisson sur cette décision 
dans "Bourdin direct" (16 Dec 2014)




Fil d'actualité sur Jean-Frédéric Poison: ici
Son blog: ici




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"Les mensonges publics sur la GPA" Par Elizabeth Montfort 
Les mensonges publics sur la GPA










Le gouvernement interdit la GPA, mais renonce malgré ses déclarations formelles, à toutes les mesures qui pourraient l’empêcher. Incohérences, contradictions et mensonges s'accumulent…dans quel but ?

LA GPA n’en finit pas d’alimenter les débats et de produire des déclarations contradictoires sur ses différents aspects. Rappelons que cette pratique dénie la dignité des femmes qui deviennent un instrument en tant que mères porteuses et la dignité de l’enfant qui devient l’objet d’un contrat passé entre adultes.
Refus de lutter contre le commerce des mères porteuses sur le sol français

Le 4 décembre 2014, la proposition de loi visant à lutter contre les démarches engagées par des Français pour obtenir une gestation pour autrui (n° 2277), déposée par le député Léonetti et un grand nombre de ses collègues a été rejetée par les députés de la majorité qui ont considéré que ce texte était inutile.

Or le but de cette proposition de loi était de mettre en cohérence l’interdiction de la pratique de la GPA et la lutte contre les organismes commerciaux servant d’intermédiaires et qui viennent proposer leurs activités très lucratives sur le sol français.

Il est pour le moins contradictoire de se déclarer opposé à la GPA et laisser agir ces organismes en toute impunité sans inquiéter ceux qui y ont recours.
Le Conseil d’État valide la circulaire Taubira

La décision du Conseil d’État était attendue.

La circulaire Taubira du 25 janvier 2013 demande aux préfets de délivrer un certificat de nationalité aux enfants nés à l’étranger d’une GPA. Le Conseil d’État a rejeté le recours des associations demandant son annulation.

Celles-ci considéraient, à juste titre, que le certificat de nationalité est la première étape avant d’obtenir l’inscription d’un enfant à l’état civil. Et en conséquence, une reconnaissance de fait des effets de la GPA en matière de filiation.

C’est la raison pour laquelle, la position de la Cour de Cassation a toujours été constante. En 2011 elle a rendu plusieurs arrêts refusant à ces enfants tout accès à l’état civil français.

De son côté, la CEDH, le 26 juin 2014, avait rendu deux décisions condamnant la France qui refusait d’inscrire à l’état civil les enfants nés de GPA, considérant que ce refus en privant d’identité ces enfants, ne respecte pas leur droit à la vie privée.

Mais comme le gouvernement français n’a pas fait appel de la décision, il signifie ainsi qu’il s’engage à faire inscrire à l’état civil ces enfants et accepte implicitement la pratique de la GPA.

Par décision du 12 décembre 2014, le Conseil d’État a donc rejeté les demandes d’annulation, et a confirmé la circulaire Taubira. La juridiction administrative déclare qu’elle n’est pas compétente pour connaître des questions de filiation et de nationalité, qui relèvent des juridictions judiciaires, mais pour autant, « le Conseil d’État considère que priver un enfant de sa nationalité au motif de l’existence de la GPA serait une atteinte disproportionnée au droit de l’enfant au respect de sa vie privée, garanti par l’article 8 de la CEDH, ce qui est la reprise des décisions ayant condamné la France suite aux arrêts de Cassation de 2011. »
Mensonge sur l’absence de filiation

Comme pour appuyer la décision du Conseil d’État et la condamnation de la France par la CEDH, 170 personnalités du monde politique, artistique ou religieux (parmi lesquelles Roselyne Bachelot, Elisabeth Badinter…), demandent la transcription de l’acte de naissance à l’état civil, en faisant croire que ces enfants sont privés de filiation… ce qui est faux !

« Quelles que soient nos opinions envers la GPA (gestation pour autrui), écrivent les signataires, que nous soyons favorables à sa légalisation ou non, nous voulons que ces enfants obtiennent enfin la transcription de leur acte de naissance sur les registres de l’état civil en France et cessent ainsi d’être discriminés et traités en petits fantômes de la République. »

Cette tribune exige que le gouvernement applique les décisions du Conseil d’État et de la CEDH. Elle répond à celle lancée le 14 juillet par 70 autres personnalités — comme Christiane Agacinski — qui demandait au président de condamner publiquement les contrats de mères porteuses.
L’incohérence du gouvernement

Le gouvernement de M Valls pratique un double langage : il a maintenu la circulaire Taubira qui demande la délivrance d’un certificat de nationalité aux enfants nés de GPA. Il a refusé de faire appel à la décision de la CEDH qui condamne la France pour le refus d’inscrire ces enfants à l’état civil.

L’interview du Premier ministre accordée à La Croix le 3 octobre dernier, met en lumière ces incohérences.

Aucune interdiction n’a été prononcée pour refuser d’inscrire ces enfants à l’état civil. Et pourtant, disait Manuel Valls,

« le gouvernement exclut totalement d’autoriser la transcription automatique des actes étrangers, car cela équivaudrait à accepter et normaliser la GPA. J’ajoute qu’il est incohérent de désigner comme parents des personnes ayant eu recours à une technique clairement prohibée… tout en affirmant qu’ils sont responsables de l’éducation des enfants, c’est-à-dire chargés de la transmission de nos droits et de nos devoirs. Il ne faut pas laisser dire non plus que ces enfants sont sans filiation ni identité. Ils ont une filiation et une identité, mais établies à l’étranger. »

Les organismes commerciaux qui démarchent les Français n’ont jamais été inquiétés. Et pourtant, martèle M. Valls :

« Nous sommes déterminés à renforcer la répression des entremetteurs qui organisent, en réalité, un marché de l’humain, à la fois très organisé et très lucratif. Nous devons nous attaquer à ces filières, à ces officines qui chassent sur le territoire des États interdisant la GPA pour acquérir des parts de ce marché de l’humain de plus en plus attractif. »

Le Premier ministre n’a entrepris aucune démarche pour condamner la GPA. Et pourtant :


« La France entend promouvoir une initiative internationale qui pourrait aboutir, par exemple, à ce que les pays qui autorisent la GPA n’accordent pas le bénéfice de ce mode de procréation aux ressortissants des pays qui l’interdisent. »

La dignité des femmes est rappelée dans chaque projet de loi, souvent au nom de l’égalité homme/femme. Ne serait-ce alors qu’un slogan ? Car qui peut accepter le recours à la Gestation pour Autrui qui fait de la femme, en particulier dans les pays pauvres, la victime d’un nouvel esclavage moderne et de l’enfant l’objet de tractation entre adulte, à condition qu’il soit en bonne santé.

On se souvient du petit Gammy que des commanditaires australiens ont laissé à la mère porteuse, tout simplement parce qu’il était porteur de la trisomie 21.

Il est urgent que le gouvernement sorte de ses ambiguïtés et mette en cohérence ses paroles avec des décisions courageuses, en rappelant que la dignité n’est pas négociable !


Elizabeth Montfort est présidente du Nouveau Féminisme européen.
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(source: Boulvard voltaire)




Entretien avec Aude Mirkovic
GPA : Il ne suffit pas d’affirmer, la main sur le cœur, que l’enfant n’est pas un objet


Aude Mirkovic est maître de conférences en droit privé, auteur dePMA-GPA – La controverse juridique et de Mariage des personnes de même sexe – La controverse juridique. Elle revient sur la décision du Conseil d’État de valider l’attribution de la nationalité française aux enfants nés de GPA à l’étranger.

Le Conseil d’État vient de valider la circulaire Taubira au sujet des enfants nés par gestation pour autrui (GPA). Quelle est votre réaction ?

La décision était prévisible, mais néanmoins consternante. Le Conseil d’État s’aligne sur la décision de la Cour européenne des droits de l’homme du 26 juin 2014, qui a condamné la France en matière de GPA, pour estimer que le refus de la nationalité française aux enfants issus de la GPA porterait une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée, garanti par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.

Précisons tout de suite que, en vertu de l’article 21-12 du Code civil, l’enfant qui, depuis au moins cinq années, est recueilli en France et élevé par une personne de nationalité française, peut acquérir la nationalité française. Nul besoin de valider un processus de GPA au passage.

La circulaire n’a donc pas pour but de conférer la nationalité française à l’enfant, mais de banaliser le recours à la GPA.

Techniquement, le Conseil d’État se lance dans une démonstration qu’il veut implacable, à ceci près qu’il ne tient pas compte du fait que l’acte de naissance américain en vertu duquel l’enfant est relié à des parents français ne peut être considéré comme « probant » pour transmettre la nationalité française à l’enfant : cet acte est le résultat qu’une fraude à la loi française et ce qu’il énonce ne correspondent pas le plus souvent à la réalité puisqu’ils indique comme mère une femme qui n’est pas celle qui a mis l’enfant au monde.

Le Conseil d’État rappelle que la GPA est interdite par la loi française, mais il n’en tire aucune conséquence. Au-delà de ces considérations techniques, le respect de la vie privée de l’enfant sert de prétexte pour entériner le processus de GPA qui l’a fait venir au monde, en violation de sa dignité humaine et de ses droits.

Le Conseil d’État tenait une bonne occasion de remettre la Cour européenne à sa place, qui est la protection des droits de l’homme et non la promotion de la GPA, et il ne l’a pas saisie.

Pas plus que le gouvernement français n’a voulu faire appel de la décision de la même Cour condamnant la France en juillet dernier. Chacun s’abrite derrière la Cour européenne, qui n’a aucune légitimité en la matière, pour laisser s’installer la GPA.

Certains avancent que les situations existent déjà et qu’il faut le prendre en compte… Que répondez-vous ?

La situation qui existe, en l’occurrence, est la suivante : un enfant a été commandé, facturé et livré par une mère porteuse ; son abandon à la naissance a été programmé ; la GPA a introduit dans sa filiation maternelle une rupture et, lorsqu’il a été commandé par un couple d’hommes, l’a privé de mère. Voilà la situation. Comment les juges la prennent-ils en compte ? En fermant les yeux sur tout ce que la GPA a fait subir à l’enfant, au nom bien sûr de son intérêt. Les bonnes intentions ne changent pas la nature de la GPA.

La nationalité française ne rendra pas aux enfants une filiation lisible et une histoire sans rupture. Au contraire, fermer les yeux, comme le commande la circulaire validée par le Conseil d’État, revient à dénier les préjudices qu’ils ont subis, à les occulter, ce qui relève du déni de justice.

Quelles conséquences aura cette décision du Conseil d’État à l’avenir ?

La complaisance imposée par la circulaire réduit encore l’effet dissuasif de la prohibition française de la GPA, au détriment des enfants, de plus en plus nombreux, qui vont subir cette pratique. Cela dit, il faut bien reconnaître que, une fois que l’enfant est né, il n’existe pas de solution vraiment satisfaisante, qu’il s’agisse de refuser tout effet à la GPA ou, au contraire, de valider le processus. Si l’on veut vraiment protéger les enfants contre la GPA, c’est à titre préventif qu’il faut intervenir.

Hélas, pour l’instant, ce n’est pas le cas : lorsque la GPA est pratiquée en France, les clients sont coupables du délit d’incitation à abandon d’enfant. Or, il n’y a que peu de poursuites, et à ce jour aucune condamnation !

Les intermédiaires relèvent, quant à eux, du délit d’entremise en vue de la GPA et, pourtant, les sites Internet spécialisés en la matière fleurissent au grand jour et ne sont nullement inquiétés. Bien plus : des sociétés américaines viennent démarcher en France sans la moindre discrétion. Il a fallu deux plaintes déposées par l’association Juristes pour l’enfance pour que des enquêtes finissent par être ouvertes, qui n’ont encore donné lieu à aucune condamnation.

Pour finir, la loi actuelle ne permet pas de punir les Français qui recourent à la GPA à l’étranger, et une proposition de loi poursuivant ce but a été rejetée à l’Assemblée le 4 décembre dernier sans même avoir été débattue !

Les personnes qui désirent un enfant sont prêtes à tout, et leur bonne volonté occulte à leurs propres yeux la violence de la GPA pour les enfants. Le droit doit donc protéger ces derniers, y compris contre les désirs dont ils sont l’objet, et garantir le respect de leurs droits.

Les juges faillissent les uns après les autres : après la Cour européenne des droits de l’homme, le Conseil d’État, sans oublier la démission de la Cour de cassation en matière d’adoption après PMA.

Il faut donc faire monter la pression sur le Parlement, afin que nos élus passent à l’acte : il ne suffit pas d’affirmer, la main sur le cœur, que l’enfant n’est pas un objet. Encore faut-il lutter, efficacement, contre les pratiques qui le traitent comme tel.

Entretien réalisé par Charlotte d’Ornellas

Autres vidéos d' Aude Mirkovic: ici

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(source: Juristes pour l'enfance)



Par un arrêt rendu ce jour, le Conseil d’Etat a rejeté le recours de l’association JURISTES POUR L’ENFANCE et validé la circulaire dite Taubira de janvier 2013 qui ordonne de délivrer des certificats de nationalité à des enfants nés de GPA à l’étranger.

.   La Conseil d’Etat, en validant ce texte, consacre une nouvelle avancée de la GPA en France. Les droits des femmes et des enfants s’en trouvent à nouveau menacés.
Les enfants nés par GPA n’avaient pas besoin de ce texte pour avoir une nationalité : nés à l’étranger, ils ont la nationalité de leur pays d’origine. Puis, grâce à l’article 21-12 1° du code civil, ces enfants acquièrent automatiquement la nationalité française au bout de cinq années de résidence sur le territoire français. La circulaire Taubira a donc été prise pour réaliser une avancée vers la légalisation de la GPA et non pas pour promouvoir l’intérêt de l’enfant comme il l’a été prétendu.


.   Il est désormais parfaitement clair que le gouvernement n’a pas fait appel de l’arrêt de la CEDH en juin dernier uniquement pour que le Conseil d’Etat puisse valider la circulaire de sa ministre de la Justice. La plus haute juridiction administrative française s’appuie en effet sur cet arrêt pour justifier sa décision. Dans un raisonnement contradictoire, les juges français rappellent que la GPA est interdite en France mais que l’arrêt de la CEDH nous impose d’en reconnaître les effets. Sans cet arrêt, la circulaire ne pouvait donc être validée.


.   C’est par cette avancée progressive mais inéluctable que le gouvernement va parvenir à faire admettre la GPA tout en affirmant le contraire. Les discours du premier ministre contre la pratique « intolérable » de la GPA sont suivis d’actes concrets qui, eux, sont en totale contradiction avec ses paroles : circulaire Taubira, absence d’appel de l’arrêt de la CEDH, absence de poursuites des professionnels du business de la GPA en France…

Lentement mais sûrement, grâce à la « théorie des petits pas » et la « théorie du fait accompli », la GPA s’installe en France sans débat démocratique et en violation des règles légales françaises en vigueur.

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(source: LaManifPourTous)

La Manif Pour Tous dénonce une décision politique et idéologique contraire à l’intérêt de l’enfant et à la dignité de la femme et étudie d’ores et déjà les conditions du recours à venir devant le Comité des Droits de l’Enfant de l’ONU basé à Genève (Committee on the Rights of the Child)

En demandant aux parquets et aux greffiers des tribunaux d’instance de délivrer des certificats de nationalité française aux enfants nés d’une gestation pour autrui à l’étranger, la circulaire Taubira va développer le recours aux mères porteuses par des couples de Français.

La décision rendue ce jour par le Conseil d’Etat n’est rien d’autre qu’un « passeport pour la GPA »(Gestation Pour Autrui, c’est à dire le recours à une mère porteuse) qui résulte :

1/ du choix de François Hollande de ne pas faire appel des arrêts de la CEDH, qui revient à imposer les décisions des juges de la CEDH au Conseil d’Etat et au peuple français. Même si dans sa décision de ce jour, le Conseil d'Etat évoque les décision de la CEDH en précisant "qu'il ne se prononce cependant pas sur les conséquences qu’il convient, le cas échéant, d’en tirer en matière de filiation et de nationalité, ces questions ne relevant pas, ainsi qu’il a été dit, de la compétence du juge administratif" (sic !)

2/ et du double langage du gouvernement sur ce sujet : d’un côté, à la veille d’une manifestation qui a réunit 500.000 personnes, le Premier Ministre jure la main sur le cœur que « la GPA est et sera interdite en France. C’est le choix très ferme du président de la République et de son gouvernement. La France n’a jamais varié sur ce sujet (…) La GPA est, il faut le dire, une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains et de marchandisation du corps des femmes. » Et de l’autre, le gouvernement ferme le yeux sur la pratique réelle de la GPA. “A travers cette circulaire Taubira, le gouvernement délivre un passeport pour aller passer commande d’un enfant à l’étranger ” s’indigne Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous. “S’il veut être cohérent, le gouvernement n’a pas d’autre solution que de retirer cette circulaire qui va avoir pour conséquence directe le développement de la commercialisation d’enfant et d’une violence majeure faite à la femme ” poursuit-elle. A moins qu’aux yeux de Manuel Valls et de François Hollande, ce refus de la GPA ne se limite qu’aux femmes et aux enfants français et que cette pratique devienne respectable pour les filles des pays du Sud !

Pour La Manif Pour Tous, la dignité de l’être humain, de la femme et de l’enfant, n’a pas de nationalité ni de frontière. “C’est pourquoi, nous demandons l’abolition universelle de la Gestation Pour Autrui. Nous allons continuer à éveiller les consciences et à rappeler que la vie n’a pas de prix et qu’un enfant ne s’achète pas, ni en France ni à l’étranger” explique Albéric Dumont, Coordinateur général de La Manif Pour Tous, qui avait organisé ce midi un happening devant le Conseil d’Etat pour dire non à la GPA et donc non à la circulaire Taubira.

La GPA est un insupportable trafic d’êtres humains contraire à la Convention Internationale des Droits de l'Enfant qui précise que l'enfant a le droit d'être élevé par son père ET sa mère, et que donc il ne peut en être délibérément privé. Après avoir obtenu l’annulation de réunions de démarchage commercial prévues par une agence américaine cette semaine dans un hôtel parisien de luxe, La Manif Pour Tous a déposé plainte contre X pour faire cesser ce business de la GPA sur lequel le gouvernement ferme les yeux.« Nous réclamons la tolérance zéro pour ces agences qui proposent la GPA sur notre territoire »explique Ludovine de La Rochère. "L’intérêt de l’enfant c’est d’abord d’avoir son père et sa mère. La question de la nationalité est secondaire pour lui. Elle n’est qu'un prétexte. La GPA on ne l'encadre pas, on l'abolit !" conclut-elle.


Parce que l’exploitation de la femme est intolérable

Parce que l’enfant n’est pas un objet

Parce que tous les enfants ont besoin d’un père et d’une mère

La Manif Pour Tous demande l’abolition universelle de la Gestation Pour Autrui


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(source: AllianceVITA)

Décodeur d'allianceVITA n° 39 – « Les enjeux de la Gestation Pour Autrui (GPA) en France »


L’EVENEMENT

Ce vendredi 12 décembre 2014, le Conseil d’Etat a validé la Circulaire du 25 janvier 2013, dite « Circulaire Taubira », qui vise à faciliter la délivrance de certificats de nationalité pour les enfants nés de gestation pour autrui (GPA) à l’étranger, bien que cette pratique soit interdite en France.

Le Conseil d’Etat considère, compte tenu de l’arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme du 26 juin 2014 (voir ci-après), que la France ne peut plus priver un enfant de sa nationalité française, sous peine de porter “une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée”.


LE CHIFFRE

Jusqu’à 100 000 € le contrat de GPA aux Etats-Unis ! En vue de satisfaire les demandes d’avoir un enfant, pour de couples français ou étrangers, le « business » se développe rapidement dans le monde. Il donne lieu à une vive concurrence entre organismes commerciaux ou cliniques spécialisées :

- d’un côté les pays riches, avec des prestations haut de gamme comme le choix de la mère porteuse sur catalogue, ou le choix du sexe du bébé ou de caractères génétiques particuliers (par tri d’embryons, réalisé avec un diagnostic pré-implantatoire DPI)

- de l’autre côté, des pays pauvres où l’on découvre régulièrement des « usines à bébés » (comme en Thaïlande, en Inde, au Mexique, en Ukraine ou au Nigéria), et avec des tarifs entre 10 000 et 30 000 € tout compris. Ces pays ont aussi donné lieu à plusieurs scandales récents, comme celui dubébé thaïlandais Gammy, refusé par le couple commanditaire australien parce que atteint de trisomie 21, contrairement à sa jumelle.


UNE LEGISLATION QUI INTERDIT CLAIREMENT LA GPA

a) La GPA est interdite depuis la loi du 29 juillet 1994 (1ère loi bioéthique)

- Selon l’article 16-7 du Code civil : « Toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d’autrui est nulle ». L’article 16-9 précise qu’il s’agit d’une disposition « d’ordre public », c’est-à-dire qui s’impose à tous sans exception, même si l’acte a été accompli à l’étranger.

- Cette interdiction est sanctionnée d’une peine d’un an d’emprisonnement et d’une amende de 15 000 €, selon l’article 227-12 du Code pénal, §2.

- La GPA est interdite en France au nom des principes de l’indisponibilité du corps humain, de la volonté d’empêcher l’exploitation des femmes démunies et de l’incertitude qui pèse sur leurs conséquences sanitaires et psychologiques pour l’enfant à naitre et la femme qui l’a porté (voir en annexe). Résumé de façon plus directe : le ventre des femmes n’est pas à vendre, et l’enfant n’est pas un objet que l’on peut acheter ou donner.

- Le Conseil d’Etat, dans son étude de mai 2009 pour la révision des lois de bioéthique, reprend l’ensemble des principes qui conduisent au maintien de l’interdiction. Il fait valoir que la GPA n’est pas sans danger pour la mère porteuse, et que le don d’un enfant à un autre couple « présente une forte probabilité d’être vécu par cet enfant comme un abandon ». La GPA « laisse place à l’idée que l’enfant à naître est, au moins pour partie, assimilable à un objet de transaction. En ce sens, sa légalisation consacrerait la notion de « droit à l’enfant », notion à laquelle le législateur de 1994 et 2004 s’est fermement opposé ».

- Dans une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale le 14 octobre 2014 et débattue le 4 décembre dernier, le député UMP Jean Leonetti avait défendu l’idée de doubler ces sanctions qui visent les intermédiaires. Il proposait également de créer deux nouvelles sanctions à l’égard des parents qui accomplissent des démarches auprès d’organismes intermédiaires, français ou étrangers, ou qui obtiennent la naissance d’un enfant par GPA contre paiement. A l’issue du débat parlementaire, la proposition de loi a fait l’objet d’une motion de rejet préalable demandée par le parti socialiste, qui a été votée par 22 voix contre 16. Le texte n’a donc pas abouti.


b) L’administration et la justice appliquent strictement cette législation

- En application du Code civil, l’administration est censée refuser d’inscrire à l’état civil français un enfant né de GPA à l’étranger. Il en était de même, jusqu’à la circulaire Taubira, pour la délivrance du certificat de nationalité.

- Lorsque ces décisions ont été contestées en justice par certains parents, la plus haute autorité judicaire – la Cour de cassation – a maintenu une jurisprudence constante : la convention de GPA (le contrat entre les parents d’intention et la mère porteuse), « fut-elle licite à l’étranger, est nulle d’une nullité d’ordre public », comme le rappelle encore deux arrêts du 13 septembre 2013 concernant des enfants nés en Inde. En conséquence, « devant un tel processus frauduleux (…), l’acte de naissance de l’enfant ne peut pas être transcrit sur les registres de l’état civil français ». Un autre arrêt du 19 mars 2014 confirme une fois de plus cette position.


DEUX DECISIONS RECENTES QUI FRAGILISENT NOTRE LEGISLATION

a) La « Circulaire Taubira » du 25 janvier 2013 vise à faciliter la délivrance de certificats de nationalité française pour les enfants nés par GPA à l’étranger.

- Cette circulaire, dont la légalité vient d’être confirmée par le Conseil d’Etat, ne concerne pas l’inscription à l’état civil français, formalité importante qui permet de faire figurer un enfant sur le livret de famille des parents. Elle concerne seulement la délivrance de certificats de nationalité française (CNF), qui permet d’obtenir une carte d’identité ou un passeport.

- Dans ce texte, la ministre de la Justice demande que le CNF soit délivré sans difficulté puisque le père de l’enfant est de nationalité française, même s’il y a un soupçon réel de convention de GPA avec une mère porteuse à l’étranger.

- A l’époque, Mme Taubira expliquait que ce problème concernait peu d’enfants (38 cas ces 4 dernières années), mais qu’il fallait régulariser la situation de ces enfants « fantômes de la République ». En réalité, ces enfants ont la nationalité de leur pays de naissance et peuvent vivre en France comme toute personne étrangère légalement établie sur notre territoire : ils ont accès à l’école, à la Sécurité sociale, aux activités diverses organisées pour les enfants de leur lieu de vie, etc. De plus, en vertu de l’article 21-12 du Code civil, « l’enfant qui, depuis au moins cinq années, est recueilli en France et élevé par une personne de nationalité française peut réclamer la nationalité française ».

- Publiée en plein débat parlementaire sur le mariage des personnes de même sexe, la circulaire a été immédiatement et fortement critiquée. Elle a fait l’objet de plusieurs recours (y compris par un syndicat de magistrats : FO Magistrats) pour excès de pouvoir devant le Conseil d’Etat, au motif qu’elle facilitait et donc encourageait le recours à un dispositif interdit en France, puisqu’elle demandait en réalité aux greffiers de « fermer les yeux » et de reconnaître la nationalité française aux enfants nés de GPA à l’étranger.


b) L’arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) du 26 juin 2014 demande à l’Etat français de donner un état civil aux enfants nés par GPA


- La CEDH est la Cour de justice qui dépend du Conseil de l’Europe (47 pays membres, 800 millions d’habitants) à Strasbourg. Elle avait été saisie par deux couples – Mennesson et Labassée – qui contestaient le refus par les tribunaux français de reconnaître la filiation de leurs enfants nés aux Etats-Unis par GPA.

- Dans cet arrêt, la CEDH considère qu’ « interdire totalement l’établissement du lien de filiation entre un père et ses enfants biologiques, nés d’une GPA à l’étranger, est contraire au droit des enfants au respect de leur vie privée » (cf. article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme). Elle demande donc à la France de modifier sa législation pour reconnaitre la filiation, et donc l’état civil, de ces enfants. Elle ne demande par contre pas à la France de légaliser la GPA, ce qui relève de son pouvoir d’appréciation légitime.

- Cette décision, qui a choqué beaucoup de personnes en France, repose notamment sur une contradiction majeure. La CEDH considère acceptable de supprimer le lien biologique avec la mère(la mère génétique et/ou la mère gestatrice), mais invoque la nécessité de reconnaître ce même lien biologique avec le père, au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant : « Au regard de l’importance de la filiation biologique en tant qu’élément de l’identité de chacun, on ne saurait prétendre qu’il est conforme à l’intérêt supérieur de l’enfant de le priver d’un lien juridique de cette nature ».

- L’Etat français n’a pas voulu faire appel de cette décision prise au niveau d’une Chambre de la Cour, alors qu’il avait trois mois pour porter l’affaire devant la « Grande Chambre » de la CEDH, l’instance supérieure la plus solennelle. Ce refus a été maintenu malgré l’appel pressant lancé par Lionel Jospin et Jacques Delors, tribune co-signée par 60 personnalités politiques et de nombreuses associations le 14 juillet 2014, et malgré plusieurs pétitions rassemblant plus de 60 000 signatures. Il va donc devoir donner un état civil aux enfants nés par GPA à l’étranger, ce qui ne peut qu’encourager les couples qui souhaitent utiliser cette technique toujours interdite en France.

- Le Premier ministre Manuel Valls a pourtant affirmé, dans une interview à La Croix le 2 octobre 2014, que le gouvernement excluait totalement « d’autoriser la transcription automatique des actes étrangers, car cela équivaudrait à accepter et normaliser la GPA ». Selon lui, trois questions doivent être traitées : celle de la protection des enfants (quel substitut à l’autorité parentale ?), celle de leur droit à hériter, celle de leur nationalité. A ce jour, aucune précision n’a été donnée par l’administration sur la façon dont elle entendait régler ces questions.


UN DEBAT DE SOCIETE TOUJOURS VIF


a) Des tentatives d’introduire une « GPA encadrée » n’ont pas abouti

- En juin 2008, à l’issue d’une mission d’information, le Sénat a publié un rapport proposant d’autoriser en France, sous certaines conditions, la gestation pour autrui. Pour donner une traduction législative à ces recommandations, une proposition de loi créant une « GPA encadrée » a été déposée le 27 janvier 2010 par Alain Milon et de plusieurs autres sénateurs. Ce texte n’a jamais été débattu et est devenu caduc.

- Une autre proposition de loi, à l’initiative du sénateur Jacques Mézard et d’autres collègues le 31 juillet 2012, n’a pas fait non plus l’objet d’un débat parlementaire jusqu’à présent. Ce texte a pour but d’autoriser l’inscription à l’état civil français des enfants nés par GPA à l’étranger.


b) Le consensus national reste très fort pour maintenir l’interdiction de la GPA

- Interrogés sur la GPA en préparation de la révision des lois bioéthiques de 2010-2011, les principaux organes consultatifs du pays ont tous rendu des avis négatifs et ont considéré qu’elle ne devait pas être légalisée en France : le Conseil d’Etat, l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (l’OPECST), l’Académie de Médecine, le Conseil d’orientation de l’Agence de la Biomédecine, l’Ordre National des Médecins, le Collège National des Sages-Femmes, les Panels citoyens des états généraux de la bioéthique, le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE), etc. Ce dernier a produit une utile synthèse des analyses et arguments dans son avis n° 110 du CCNE en date du 1er avril 2010.

- Depuis son élection en 2012, le Président de la République François Hollande a constamment réaffirmé son opposition au principe de la GPA et s’est engagé à ne pas l’autoriser durant son quinquennat. Même si certains ministres sont personnellement d’avis différent, le gouvernement maintient officiellement cette position dans tous les débats officiels. Début octobre 2014, le premier ministre confirmait à nouveau : « La France est opposée à la légalisation de la GPA qui est, il faut le dire, une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains et de marchandisation du corps des femmes. »

- Le Défenseur des droits, Dominique Baudis, s’était inquiété en mars 2014, un mois avant son décès, du développement de sites internet faisant notamment la promotion commerciale de services de GPA, et en avait alerté la ministre de la Justice. Jacques Toubon, qui l’a remplacé à ce poste, s’est exprimé comme étant opposé à la GPA lors de sa nomination, puis récemment comme étant favorable à la reconnaissance d’une identité pour les enfants concernés.

- D’une façon générale, la GPA a donné lieu ces dernières années à de très nombreuses prises de position de personnalités politiques, médicales, médiatiques, etc. Les débats dépassent les clivages politiques traditionnels, notamment à gauche avec des « Pour » (comme Pierre Bergé en décembre 2013: « Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? ») et des « Contre » (comme le récent Collectif pour le Respect de la Personne, composé de personnalités de gauche opposées à la marchandisation du corps de la femme).


c) Des plaintes contre des sociétés « vendant des GPA » sont en attente d’instruction

- En complète contradiction avec notre législation, des sociétés étrangères organisent régulièrement des réunions d’information et des consultations privées en France, pour attirer des clients intéressés par des contrats de GPA. Une des plus récentes s’est tenue fin septembre dans un hôtel de luxe parisien, à 300 mètres de l’Assemblée nationale.

- Pourtant une première plainte contre X avait été déposée le 10 janvier 2014 par l’associationJuristes pour l’enfance, à la suite d’une réunion similaire organisée par la société américaineExtraordinary Conception. Une enquête judiciaire a été confiée le 12 mars 2014 à la Brigade de Répression de la Délinquance sur la Personne, à Paris. Mais depuis cette date, l’instruction semble bloquée et aucune poursuite n’a été officialisée, alors que des preuves incontestables ont été fournies. L’association Juristes pour l’enfance a déposé une seconde plainte début octobre, visant cette fois la société américaine Circle Surrogacy, avec tous les éléments de preuve nécessaires : enregistrement de la réunion, plaquettes de présentation, griffes tarifaires, etc. Enfin, La Manif Pour Tous (LMPT) vient également de déposer une plainte contre X similaire, le 11 décembre dernier.


NOTRE COUP DE COEUR


Le 20 novembre 2014, jour anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), une pétition internationale No Maternity Traffic a été lancée : elle demande au Conseil de l’Europe de s’engager pour l’interdiction effective de toutes formes de gestation pour autrui.

L’Union Internationale pour l’Abolition de la Gestation pour Autrui (International Union for the Abolition of Surrogacy) qui a lancé cette initiative est soutenue et relayée par l’Agence Européenne des Adoptés, l’Appel des professionnels de l’enfance, Alliance VITA, Care for Europe, la FAFCE, European Center for Law & Justice, Fondazione Novae Terrae, La Manif Pour Tous, Human Dignity Watch, U Ime obitelji …

Le Conseil de l’Europe est l’institution la plus appropriée pour mener une politique d’abolition de la GPA en Europe. La pétition est en pleine actualité car l’Assemblée Parlementaire a entrepris de débattre prochainement de la GPA. Remise officiellement au Président de cette Assemblée, elle aura une influence sur les débats. Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a le pouvoir d’entreprendre la négociation d’une nouvelle convention européenne, ou d’un protocole additionnel à une convention existante, afin de condamner cette pratique de façon effective.


NOTRE COUP DE GUEULE


Depuis des mois, les contradictions sont de plus en plus fortes entre les paroles et les actes des pouvoirs publics. Les déclarations de principe se multiplient, mais dans la pratique, chacun peut constater l’absence d’initiative pour sanctionner et décourager cette pratique illégale : circulaire Taubira, refus de faire appel de la décision de la CEDH, plaintes sans suite contre des sociétés étrangères qui vendent de la GPA en France, annonce d’une initiative internationale, etc.

Sur ce dernier engagement, le Premier ministre déclarait encore le 2 octobre dernier : « Il faut rappeler la responsabilité de tous les États dans la lutte contre la commercialisation des êtres humains. La France entend promouvoir une initiative internationale qui pourrait aboutir, par exemple, à ce que les pays qui autorisent la GPA n’accordent pas le bénéfice de ce mode de procréation aux ressortissants des pays qui l’interdisent. (…) Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères, prendra dans les semaines qui viennent des initiatives pour trouver le cadre approprié.»

Tant sur le plan national que sur le plan diplomatique, que fait la France pour interdire réellement la GPA ?

pour aller plus loin ...

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(source: AFC)

AFC:  GPA, le Conseil d’Etat maintient la brèche ouverte par la circulaire Taubira

La circulaire Taubira du 25 janvier 2013 enjoint aux autorités compétentes de ne pas refuser la délivrance de certificats de nationalité française aux enfants issus de conventions de gestation pour autrui, GPA, pratiquées à l'étranger.

Plusieurs associations parmi lesquelles les AFC avaient saisi le Conseil d'Etat afin de faire annuler cette circulaire au motif qu'elle avait pour conséquence de faciliter un contournement de la loi française sur l'interdiction de la Gestation Pour Autrui (articles 16-1 et suivants du Code Civil, et articles 227-12 et 13 du Code Pénal ).

Dans un arrêt rendu le 12 décembre dernier, le Conseil d'Etat a pourtant considéré que « la seule circonstance que la naissance d'un enfant à l'étranger ait pour origine un contrat nul ne peut conduire à priver cet enfant de la nationalité française sous peine de porter une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée ». La haute juridiction rappelle qu'un enfant a droit à la nationalité française dès lors que sa filiation est légalement établie avec un Français en vertu de l'article 18 du Code Civil et sous le contrôle de l'autorité judiciaire.

Même s'il ne s'agit pas d'admettre la transcription de sa filiation à l'état-civil français, ou sur le livret de famille des parents - le Conseil d'Etat s'étant reconnu incompétent sur ce point - il s'agit bien de faire produire des effets en France à une filiation établie à l'étranger à l'égard d'un enfant issu de GPA, pratique pourtant illégale en droit français. Un enfant né par GPA à l'étranger pourra donc se voir délivrer un certificat de nationalité française, une carte d'identité et un passeport.

Le Conseil d'Etat prolonge ainsi la jurisprudence de la Cour Européenne des droits de l'homme qui avait estimé dans un arrêt rendu en juin 2014 que le refus de reconnaître les enfants nés par GPA portait « atteinte à leur identité ». C'est bel et bien une brèche qui s'est ouverte dans le principe d'indisponibilité du corps humain...

Les AFC restent vigilantes sur les risques d'un contournement facilité de l'interdiction de la GPA en droit français.

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(source: Blog de Jean-Yves Nau)




Bonjour

On connaît la violence des oppositions sur la pratique des mères porteuses. Notamment au sein de la grande famille socialiste. La violence des déchirures entre Elisabeth Badinter et Sylviane Agacinski. Le droit à l’enfant quoi qu’il en coûte versus un nouvel esclavage de la femme au corps marchandisée.

On assiste depuis peu à l’émergence d’une sous-polémique. Elle ne traite pas du caractère éthique de cette pratique mais de l’acceptation de sa principale conséquence : l’enfant né d’une GPA. GPA pratiquée à l’étranger puisque la pratique est prohibée en France (au nom de l’éthique). GPA ayant donné matière à rémunération suivie d’un retour de l’enfant ainsi conçu et porté.

François Hollande opposé

Le président de la République et le Premier ministre (dans La Croix) ont dit clairement leur opposition radicale, morale, à la GPA et à sa dépénalisation. Dans le même temps la ministre de la Justice a fait en sorte (« circulaire Taubira ») que les enfants ainsi conçus à l’étranger puissent disposer de la nationalité française peu après leur arrivée en France. Une initiative avalisée de fait par une condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme (condamnation que la France a étrangement choisi de ne pas contester).

Puis le Conseil d’Etat a, il y a quelques jours, rejeté les demandes d’annulation de la circulaire Taubira. Pourquoi ? « Le refus de reconnaître la nationalité française porterait une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée de l’enfant, garantie par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH). » Qui tient, ici, le trébuchet du disproportionné ? Le Conseil d’Etat ne nous le dit malheureusement pas.

L’appel de Libération

Ces fractures idéologiques, ces incohérences politiques ont laissé le champ libre à une résurgence des combats. Dans son édition du 17 décembreLibération donne largement la parole à un camp, le sien. Où l’on retrouve « 170 personnalités qui « appellent à dépasser le climat de haine et de passions qui sévit depuis deux ans sur ce sujet ». (1) « Le Conseil d’Etat vient de reconnaître le droit des enfants nés de GPA à la nationalité française, mais la question de la reconnaissance de leur filiation reste entière écrivent-elles. Rassemblés pour la première fois par-delà leurs divergences, les signataires appellent à respecter l’essentiel : l’intérêt supérieur de l’enfant. »

On trouvera ici les noms de ces 170 personnalités et l’exposé de leurs motifs. Extraits : « (…)en France, toute reconnaissance de la filiation [des enfants nés à l’étranger par GPA]a été refusée, au motif de l’interdiction de la GPA sur le territoire national. Ce refus pose d’immenses problèmes dans toutes les démarches administratives (carte d’identité, école, prestations sociales) et si rien n’est fait, cette situation risque d’empirer, par exemple si leurs parents se séparent ou s’ils décèdent. (…) Deux mois après l’entrée en vigueur des décisions de la CEDH et cinq mois après leur publication, la violation des droits fondamentaux des enfants persiste et s’amplifie : ces derniers n’arrivent toujours pas à obtenir la transcription de leur acte de naissance, ni le droit de figurer sur le livret de famille de leurs parents. Selon les associations, 2 000 enfants seraient dans le même cas en France.

Insupportable

Cette situation est insupportable, elle doit cesser (…) Le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant ne doit pas être subordonné aux postures politiciennes ou idéologiques (…) Voulons-nous continuer à faire de ces enfants des «sous-enfants» sans droits ? Voulons-nous accorder aux enfants des droits qui varient selon leur mode de conception ? Voulons-nous les rendre coupables en les distinguant à vie des autres enfants parce qu’ils sont simplement nés autrement ? Cette situation nous replonge immanquablement dans une autre époque : celle des enfants naturels ou des enfants de divorcés. Ces discriminations d’un autre temps doivent cesser et nous demandons au président de la République et au gouvernement de s’engager à faire respecter le droit en ce moment symbolique du 25e anniversaire de la convention de New York relative aux droits de l’enfant.

Quelles que soient nos opinions envers la GPA, que nous soyons favorables à sa légalisation ou non, nous voulons que ces enfants obtiennent enfin la transcription de leur acte de naissance sur les registres de l’état civil en France et cessent ainsi d’être discriminés et traités en petits fantômes de la République. »

Outrancier

On pourra trouver assez excessive (ou franchement déplacée) l’expression « fantômes de la République ». Face à ces arguments on trouve l’associationJuristes pour l’Enfance (une des associations à l’origine des recours contre la circulaire Taubira), analyse la décision du Conseil d’Etat comme une « avancée vers la légalisation de la GPA ». Ses responsables rappellent que les enfants nés par GPA à l’étranger ne sont pas des apatrides. Ils ont bel et bien la nationalité de leur pays d’origine, et reçoivent automatiquement la nationalité française après cinq ans de résidence sur le territoire français (article 21-12 1° du code civil).

Ainsi il ne s’agirait pas ici de « promouvoir l’intérêt de l’enfant » comme il est annoncé mais bien d’ « installer » la GPA en France, « sans débat démocratique ». Y compris en usant de la terrible image qu’est celle des « fantômes de la République ».

A demain

lire aussi: "GPA et nationalité française : Ubu est fait roi au Conseil d’Etat" (Jean-Yves nau)

(1) On trouve notamment parmi les signataires : Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste ; Corinne Ehrenberg, psychanalyste ; Caroline Eliacheff, pédopsychiatre ; Serge Héfez, psychanalyste ; Elisabeth Roudinesco, psychanalyste ; Serge Tisseron, psychanalyste ; Véronique Fournier, directrice du Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin ; Daniel Guerrier, endocrinologue ; Claire Fekete, gynécologue-obstétricienne ; Juliette Guibert, gynécologue ; Bernard Hédon, président du Collège national des gynécologues obstétriciens de France ; Brigitte Letombe, présidente d’honneur de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale ; Israël Nisand, gynécologue obstétricien et François Olivennes, gynécologue obstétricien.

Fil d'actualité de Jean-Yves Nau: ici
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(source: Conseil d'etat)

Le Conseil d’État rejette les requêtes contre la circulaire de la garde des Sceaux

La circulaire du 25 janvier 2013 de la garde des Sceaux concerne la délivrance de certificats de nationalité française aux enfants nés à l’étranger de parents français « lorsqu’il apparaît, avec suffisamment de vraisemblance qu’il a été fait recours à une convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d’autrui ». Cette circulaire indique que dans un tel cas, cette circonstance « ne peut suffire à opposer un refus aux demandes de certificats de nationalité française ». Elle invite ses destinataires à veiller à ce qu’il soit fait droit aux demandes de délivrance lorsque les conditions légales sont remplies.
Cette circulaire faisait l’objet de plusieurs requêtes en annulation devant le Conseil d’État.
Le Conseil d’État rappelle que les contrats de gestation ou de procréation pour autrui sont interdits par le code civil et que cette interdiction est d’ordre public.
Le Conseil d’État juge, cependant, que la seule circonstance qu'un enfant soit né à l’étranger dans le cadre d'un tel contrat, même s'il est nul et non avenu au regard du droit français, ne peut conduire à priver cet enfant de la nationalité française. Cet enfant y a droit, dès lors que sa filiation avec un Français est légalement établie à l’étranger, en vertu de l’article 18 du code civil et sous le contrôle de l’autorité judiciaire. Le refus de reconnaître la nationalité française porterait sinon une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée de l’enfant, garantie par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH).
La décision du Conseil d’État

La juridiction administrative n’est pas compétente pour connaître des questions de filiation et de nationalité, qui relèvent des juridictions judiciaires. En revanche, les requêtes tendant à l’annulation de circulaires ministérielles sont de la compétence du Conseil d’État.

Pour rejeter les requêtes, le Conseil d’État rappelle qu’en vertu de l’article 18 du code civil, est français l’enfant dont l’un des parents au moins est français et qu’en vertu de l’article 47 du même code, tout acte de l’état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait, en principe, foi, sous réserve des exceptions qu’il mentionne.
Il relève que la circulaire attaquée demande à ses destinataires de faire droit aux demandes de certificat de nationalité lorsque les conditions légales sont remplies, « dès lors que le lien de filiation avec un Français résulte d’un acte d’état-civil étranger probant au regard de l’article 47 du code civil ».
Il juge que la seule circonstance que la naissance d’un enfant à l’étranger ait pour origine un contrat nul ne peut conduire à priver cet enfant de la nationalité française à laquelle il a droit, en vertu de l’article 18 du code civil et sous le contrôle de l’autorité judiciaire, lorsque sa filiation avec un Français est établie, sous peine de porter une atteinte disproportionnée à ce qu’implique, en termes de nationalité, le droit de l’enfant au respect de sa vie privée, garanti par l’article 8 de la CEDH.
Il en déduit que, contrairement à ce que soutenaient les requérants, la circulaire attaquée n’est pas illégale en ce qu’elle expose que le seul soupçon de recours à une convention de gestation ou de procréation pour autrui ne peut suffire à opposer un refus à une demande de certificat de nationalité dès lors que les actes d’état civil local qui attestent du lien de filiation avec un Français peuvent être regardés, sous le contrôle de l’autorité judiciaire, comme probants au sens de l’article 47 du code civil.

Le Conseil d’État écarte par ailleurs les autres critiques des requérants et rejette, en conséquence, leurs requêtes.

Comme l’a rappelé le rapporteur public dans ses conclusions, cette décision intervient peu après les deux décisions rendues le 26 juin dernier par la Cour européenne des droits de l’homme : Mennesson c. France (requête n° 65192/11) et Labassée c. France (requête n° 65941/11).
Elle ne se prononce cependant pas sur les conséquences qu’il convient, le cas échéant, d’en tirer en matière de filiation et de nationalité, ces questions ne relevant pas, ainsi qu’il a été dit, de la compétence du juge administratif.

- lire la décision

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(Source @Aleteia - Adeline le Gouvello)
@MeAdlle


DÉCRYPTAGE. GPA : la schizophrénie du Conseil d'État
par Adeline le Gouvello, avocat à la Cour

Dans une tribune publiée sur le site Aleteia, Adeline le Gouvello, avocat à la Cour, revient sur la validation, par le Conseil d'Etat, de la circulaire Taubira (Cf. Synthèses de presse Gènéthique du12/12/2014 et du 30/01/2013).

Adeline le Gouvello tient tout d’abord à rappeler un principe du droit français : "la mère est toujours celle qui accouche". Or, avec un contrat de GPA, il s'avère que "la mère porteuse ne pourra pas être considérée comme la mère et que l'enfant sera remis à la ou aux personnes commanditaires." Une filiation est ensuite "consacrée par l'état civil du pays (autorisant la GPA) dans lequel le contrat a été signé et l'enfant né". Or, en France, la GPA est interdite. Tout contrat de GPA est donc nul, il "n'existe pas". C'est pour cette raison que "les juges français ont toujours refusé de transcrire ces filiations issues de GPA sur les registres d'état civil français".

Cependant, si dans sa décision, le Conseil d'Etat a effectivement considéré le contrat de GPA comme nul, il n'a pas souhaité tirer toutes les conséquences de cette nullité et il a préféré raisonner "comme si l'acte d'état civil étranger était probant, régulier au regard du droit français".

Dans la presse, il a été dit que, par la décision du Conseil d'Etat, les enfants nés par GPA "ont enfin une nationalité". Un élément qui n'est pas vrai selon l'avocat à la Cour. En effet, "ces enfants avaient déjà une nationalité, et même deux : la nationalité de leur pays d'origine, là où ils sont nés, puis cinq ans après leur arrivé sur le territoire français, la nationalité française en vertu de l'article 21/12 du Code civil", souligne A. le Gouvello.

L'intérêt de l'enfant ? Il est notamment de ne "pas faire l'objet d'un contrat, tel un bien, une chose que l'on transfère d'une personne à une autre". Il est également "de connaître sa mère et de ne pas en être délibérément privé comme l'article 7 de la Convention Internationale des droits de l'enfant". Mais peu importe. Le Conseil a préféré se "retranche[r] derrière la Cour européenne des droits de l'homme" (Cf. Synthèse de presse Gènéthique 26/06/2014).

Comment ? Au moyen d'un seul article de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), l'art. 8, qui consacre le droit au respect de la vie privée et familiale. En 1950, la CEDH était pourtant "bien loin d'aborder les questions de PMA et de GPA" précise l'avocate. Par sa récente décision, la CEDH demande donc "d'entériner les effets d'une GPA, même si elle est illégale au regard du droit interne". Un "véritable encouragement à avoir recours à la GPA à l'étranger". Seule solution pour lutter contre cette pratique ? "Appliquer la loi pénale existante" et "prévoir des sanctions pour ceux qui ont recours à la GPA, que ce soit en France ou à l'étranger", insiste l'avocat à la Cour.

Le récent rejet de la proposition de loi à l'Assemblée nationale prouve, pour A. le Gouvello, "la duplicité de l'actuel gouvernement sur cette question" (Cf. Synthèses de presse Gènéthique du05/12/2014 et du 06/12/2014).

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Le Conseil d'Etat valide la Circulaire Taubira ! (12 Dec 2014)
«Pourquoi il nous faut dire non à la marchandisation des gestations»
                                (Sylviane Agacinski, philosophe) par Jean-Yves Nau
Filiation : vers des "PMA de convenance" ? (Aude Mirkovic)
"La Gestation pour autrui au regard du mariage entre personnes de même sexe "
                                   (ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE)
Mariagegay - SAISINE DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
J’ai 15 ans, monsieur Hollande, et vous m’avez trahie !
L'homoparenté contre l'égalité
                      et environnementale ? CESE 
       ... rien ne bouge, pas une virgule." ! via Koztoujours
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