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mardi 17 novembre 2015

Lire ensemble le Notre père et la Fatiha ! (Culture d'Islam avec Abdennour Bidar et Chawkat Moucarry)


Lire ensemble le Notre père et la Fatiha !
           (Culture d'Islam avec Abdennour Bidar et Chawkat Moucarry)



(Source: France Culture)

Sans partager l'ensemble des démarches et positions de Chawkat Moucarry,
je souhaite vous partager cette émission pour sa recherche de dialogue bienveillant
entre Islam et Foi Chrétienne ...
Je vous laisse écouter.





Quelle idée lumineuse, quelle inspiration nécessaire de Chawkat Moucarry !

On s'étonnera simplement avec lui que personne ne l'ait eue avant... ou n'ait osé proposer cette lecture comparée qui révèle entre ces deux prières majeures, la chrétienne et la musulmane, des différences caractéristiques mais aussi et surtout des affinités profondes - aussi bien dans la conception du divin que par le dialogue qu'elles initient entre l'être humain et son dieu.


Bibliographie :

Deux prières pour aujourd'hui : le Notre père et la Fâtiha
Essai (broché), Bayard Culture (février 2015)
 

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3 minutes en vérité avec le fondateur des Missionnaires de la Miséricorde Divine. Nouant un dialogue fécond avec les musulmans à Toulon, menant des évangélisations de plage, les Missionnaires portent la Bonne nouvelle du Christ depuis dix ans déjà dans le diocèse de Fréjus-Toulon. L’abbé Loiseau en est persuadé : « On nous propose une société insultante vis-à-vis de tout ce qui est religieux. Il faut montrer que c'est la foi chrétienne qui nous permettra de vivre une véritable paix. »

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Attentas du 13 Novembre 2015 ...
Lire ensemble le Notre père et la Fatiha ! 
            (Culture d'Islam avec Abdennour Bidar et Chawkat Moucarry)
«Ce n'est pas l' Islam...» ? - Rémi Brague,  André Malraux, Paul anel"#JeSuisCharlie : En état de choc, on fait n’importe quoi
par Guillaume de Prémare (...et autres assais)
Attentats:  Unité de la France ,unité de l'Islam  et civilisation ?
"Les prophéties de Bernanos" ( Clément Borgal ) - Impasse de la Liberté
Réaction du Cardinal Mamberti sur le jugement de la Cour européenne
 à propos de la Liberté de conscience et religieuse (@news_va_fr 2013)
Le Gender ou "L'idéologie libertaire à l'assaut de nos libertés fondamentales"  par François-Xavier BELLAMY
"Jeunesse Lumière à 30 ans" JL30 avec le Père Daniel Ange 
La France est-elle encore la « fille aînée de l’Eglise » ? Par le cardinal Philippe Barbarin
Spiritualité conjugale selon Jean Paul II - 1/2 - "Le rêve de Dieu par Yves Semens"
Spiritualité conjugale selon Jean Paul II - 2/2 - "Une spiritualité conjugale"
Lettre de Mgr Aillet (MANIFPOURTOUS , Bioéthique , Gender , Euthanasie Morale Laïcque...)
Homélie de Mgr Marc Aillet à Notre Dame de Chartres (clôture du pèlerinage)
Dominique Humbrecht : " À défaut d'avoir précédé, nous (L'Église de France) 
pouvons encore suivre. Nous sommes acculés à l'exemplarité culturelle."
Veilleurs: "Cathos et rebelles" ( via Le Figaro 18 Avril 2014)
"Les Veilleurs" (20 Avril 2013)
Proclamation de St Thomas More comme patron des responsables 
de gouvernement et des hommes politiques
Loi naturelle et loi civile: 1-"un mariage de raison"
"1984" de George Orwell avec Raphaël Enthoven dans"Le Gai Savoir
Halte au narcissisme du corps avec Adèle van Reeth
Les nouvelles technologies vont-elles réinventer l' homme ?
"Le droit canonique est un droit de guérison"(L'Eglise : une institution juridique ? )
La liberté religieuse en cause en Europe
La voix éloquente et claire de la Conscience
Conscience morale: "Les chrétiens au risque de l'abstention ? "
La liberté de conscience et religieuse menacée aux États-Unis


Cardinal André XXIII - Extrait " Vision actuelle sur la Laïcité (KTO) "
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie I)
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie II)
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie III)
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie IV)

La laïcité à la française " une analyse de Mgr Jean-Louis Bruguès
La voix éloquente et claire de la Conscience
"La révolte des masses" - d' Ortega Y Gasset
Quand l' Eglise interpelle les consciences....pour 2012
Adieu Benoît XVI - Livre d' Or (ici)
Spiritualité conjugale selon Jean Paul II - 1/2 - Le rêve de Dieu par Yves Semens
Démocratie "entre" Loi civil et loi morale - Extrait de l' Evangile de la Vie (Evangelium vitae)
Inauguration de la statue de Jean-Paul II par Monsieur le Sénateur Gérard COLLOMB
Dans les combats, "Mes Armes" - faisons les nôtres ... (Ste Thérèse de l' enfant Jésus)
"DIVINI ILLIUS MAGISTRI" LETTRE ENCYCLIQUE DE SA SAINTETÉ
LE PAPE PIE XI SUR L'ÉDUCATION CHRÉTIENNE DE LA JEUNESSE
La morale laïque, une nouvelle religion pour la République ?
(Observatoire Sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon)
"Notre République" par Charles Vaugirard
La Laïcité, 4éme devise de la République pour Mr Olivier Falorni !!!!
"Tomber la culotte" ET "morale laïque" de Vincent Peillon à l' école 
Chiara Petrillo: "OUI à la VIE"
L' état doit il avoir une éthique ? La loi est elle pédagogique et donc
oriente elle vers le bien ?
Démocratie "entre" Loi civil et loi morale
Extrait de l' Evangile de la Vie (Evangelium vitae)
Chronique libre: "De l'ordre moral à l'ordre infernal"
Conscience morale: "Les chrétiens au risque de l'abstention ? "
La liberté de conscience et religieuse menacée aux États-Unis


vendredi 23 janvier 2015

«Ce n'est pas l' Islam...» ? - Rémi Brague, André Malraux, Paul anel



Rémi Brague : « Dieu des Chrétiens, Dieu des Musulmans » [*]


Rémi Brague : « Dans les gènes de l’islam, l’intolérance » [*]

André Malraux: « Note sur l'Islam » 1956 [*]

Paul Anel: « Le défi qui attend l’Islam, ou ce que la tragédie du 7 janvier nous enseigne »  [*]


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Rémi Brague : « Dans les gènes de l’islam, l’intolérance »

Rémi Brague est philosophe et historien de la pensée médiévale arabe et juive. Il est l’auteur, entre autres, de « Europe, la voie romaine » (1999), « La loi de Dieu. Histoire philosophique d’une alliance » (Gallimard, 2005), et de « Modérément moderne » (Flammarion, 2014). Il s’exprime au sujet des assassinats de Charlie Hebdo :

« L’attentat contre les dessinateurs de Charlie Hebdo rappelle de vieilles histoires qu’il me faut malheureusement rappeler ici.



À l’époque de Mahomet, dans l’Arabie du début du VIIe siècle, il n’y avait évidemment pas de journalistes, faute de journaux, d’imprimerie, etc. Mais il y avait des poètes. Leurs vers, transmis d’abord de bouche à oreille, pouvaient être louangeurs ou satiriques. Ils influençaient l’opinion, comme le font de nos jours les organes de presse. Lorsque Mahomet se mit à prêcher son dieu unique, prétendit en être le messager et se mit à légiférer en Son nom, déclarant ceci « permis » ou cela « interdit », certains de ces poètes se moquèrent de lui. Mahomet savait pardonner à ceux qui l’avaient combattu, mais ne tolérait pas qu’on mette en doute sa mission prophétique. Il demanda donc qui allait le débarrasser de ces poètes. Des volontaires se présentèrent et les assassinèrent. Ils tuèrent d’abord Ka'b ibn Achraf, un juif, puis Abou Afak, un vieillard, enfin Asma bint Marwan, une femme qui allaitait. Leurs meurtres sont racontés dans la plus ancienne biographie de Mahomet, « La vie de l’envoyé d’Allah » (Sirâ) d’Ibn Ichak, éditée par Ibn Hicham vers 830. Abdourrahman Badawi en a donné une traduction rocailleuse, mais intégrale (Beyrouth, Albouraq, 2001, 2 vol.), qu’on préférera aux nombreuses adaptations de ce texte, qui sont toutes plus ou moins romancées. Mahomet assura les assassins qu’ils n’avaient commis aucune faute, un peu dans l’esprit du verset du Coran : « Ce n’est pas vous qui les avez tués ; mais Dieu les a tués » (sourate VIII, verset 17 a).

On comprend l’embarras des musulmans d’aujourd’hui. Je ne possède pas de statistiques fondées sur des sondages d’opinion parmi eux, mais tout nous invite à croire que leur grande majorité désapprouve ces crimes. Et, en tout cas, ceux qui s’expriment les condamnent sans nuances. Ce qui est à leur honneur. Mais, au-delà du refus constamment réitéré, et d’ailleurs légitime, de l’« amalgame » et de la « stigmatisation », comment dire que ces agissements n’ont rien à voir avec l’islam ? Le Coran appelle Mahomet « le bel exemple » (sourate XXXIII, verset 21), qu’il est loisible, voire louable, d’imiter. Comment ne pas comprendre que certains se croient autorisés à commettre en son nom et pour le venger ce genre de crimes ? »

Il répondait aussi à Atlantico au sujet de ces attentats.


« À chaque attentat terroriste revendiqué par les djihadistes, l’origine de la radicalisation de l’islam fait débat. Enfermés dans des écrits d’une autre époque, certains croyants sont pris dans une spirale de violence sans fin. La faute à une religion qui peine à s’adapter à son temps.

Atlantico — Quelle est la marge de manœuvre de l’islam relativement à la parole de Mahomet ? Pour quelles raisons ?

Rémi Brague — Mais ce n’est pas la parole de Mahomet ! Le Coran, pour les musulmans, c’est la parole de Dieu, et en un sens très littéral, il a été dicté par Dieu. Dieu est pour eux l’auteur du Coran de la même façon que Flaubert est l’auteur de Madame Bovary. Mahomet n’a fait que prendre à la dictée. Il est certes le "bel exemple", ce pour quoi ses déclarations et ses actions (hadith) peuvent servir de sources de droit.

Tout le monde parle d’interpréter le Coran. Mais si c’est Dieu qui y dicte ses volontés, on ne pourra guère interpréter que le sens des mots. Le voile des femmes restera un voile ; on s’interrogera seulement sur sa longueur et son opacité.

Atlantico — Peut-on considérer que l’islam est piégé dans une interprétation figée de cette parole ? Quelles en sont les conséquences concrètes pour les musulmans ? Quel peut être le rapport de l’islam à la modernité ?

Rémi Brague — Il est déjà trompeur de parler de "théologie". C’est un mot chrétien, emprunté lui-même à Platon qui l’a forgé pour la première fois. Il désigne la tentative d’une exploration des mystères divins au moyen des instruments de la raison, et en particulier de la raison philosophique. Les philosophes arabes ont essayé quelque chose de tel, qui a tourné court.

Il faut plutôt chercher la réflexion des penseurs musulmans du côté de ce que l’on appelle le Kalâm, qui est une entreprise apologétique. On y cherche à montrer que les dogmes islamiques, supposés vrais et clairs en soi, sont plausibles, et que ceux des autres religions sont absurdes.

Le fait que l’islam soit vieux de quatorze siècles n’est pas décisif en soi. Si Mahomet avait vécu à la même époque que Joseph Smith, le prophète des Mormons, cela ne changerait rien. Ce qui est vraiment décisif, c’est l’idée d’une dictée d’un texte par Dieu, qui est éternel et omniscient.

"Islam" et "modernité", voilà deux mots sous lesquels on peut mettre mille choses. Tout dépend de ce que l’on entend par "islam". Le mot désigne une religion, une civilisation et des populations. Et la "modernité" est une période de l’histoire pendant laquelle sont apparues des choses plus ou moins bonnes. Bien des gens, dans les pays dans lesquels l’islam est la religion dominante, aspirent à certains aspects de la modernité. Ils se méfient d’autres. Et je les comprends. Nos sociétés "modernes" se portent-elles si bien que cela ?

Atlantico — Les différentes branches de l’islam sont-elles confrontées à la même difficulté ?

Rémi Brague — Le chiisme a formé un clergé, ce qui lui assure une certaine cohérence et de la discipline.

Atlantico — Il n’y a pas de clergé côté sunnite. Est-ce une raison des dérives ?

Rémi Brague — Non, mais l’absence d’un magistère interdit de distinguer ce qui représente légitimement l’islam et ce que l’on considère comme des déviations. Personne n’a le droit de dire : "tout ceci n’a rien à voir avec l’islam !"

Atlantico — Une institutionnalisation de l’islam est-elle possible ? À quelles conditions ?

Rémi Brague — Qui pourrait la réaliser ? Certainement pas les gouvernements occidentaux qui déclarent représentatifs les partenaires qu’ils choisissent de se donner, et qu’ils choisissent en fonction de leur docilité.

Atlantico — Il y a quand même différentes formes d’islam ?

Rémi Brague — Bien sûr, il y a des variétés selon les pays, le substrat culturel des peuples qui sont passés à l’islam est très divers. Il y a le sunnisme et le chiisme. Il y a de plus différentes écoles juridiques, quatre principales en islam sunnite. Il y a différentes confréries mystiques.

Rémi Brague — Reste que tous les musulmans sont d’accord sur l’authenticité du Coran, sur le caractère exemplaire de la vie de Mahomet, sur la direction de la prière et du pèlerinage vers la Mecque... Quant aux musulmans concrets, ou aux gens que l’on appelle ainsi, les plaquant de la sorte sur leur identité confessionnelle, leur rapport à leur religion est très varié, un peu comme chez les chrétiens. Avec cette différence que l’identité religieuse et l’identité culturelle sont plus étroitement liées.

Atlantico — Qui a aujourd’hui l’autorité en islam pour faire évoluer l’interprétation des textes, mais aussi pour sanctionner celles qui sont non conformes ? Le recteur d’al-Azhar ? À quelles conditions pourrait-il être amené à le faire ?

Rémi Brague — Restaurer le califat, qui était déjà l’ombre de lui-même quand Atatürk l’a officiellement supprimé en 1924, c’est depuis lors le rêve de beaucoup de musulmans. Ce rétablissement ne serait pas un mal, nous devrions peut-être même le souhaiter. Déjà, cela rendrait plus difficile l’autoproclamation d’un prétendu "califat" comme celui que l’on a avec les gens de ISIS.
Mais il faudrait pour cela que les musulmans se mettent d’accord entre eux. Le fondement dernier de quelque chose comme une doctrine officielle, une sorte d’orthodoxie, est l’accord unanime de la communauté. L’ennui est que l’on ne sait pas qui a le droit de formuler cet "accord unanime". Les autorités des établissements d’enseignement comme al-Azhar ne sont que de fait, et elles n’ont rien de contraignant. »

Sources : Le Point et Atlantico

"Le Coran" traduit en Français: ici

Fil d'actualité sur Rémi Brague: ici
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Rémi Brague : « Dieu des Chrétiens, Dieu des Musulmans »



Pour agrandir: Ici

(Source: revue Communio)

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André Malraux: « Note sur l'Islam » 1956



Pour agrandir: Ici


(Source: AndréMalraux.org)

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"Le défi qui attend l’Islam, ou ce que la tragédie du 7 janvier nous enseigne" de Paul Anel


Si la douleur et la confusion provoquées par la tragédie de l'attentat contre Charlie Hebdo appellent dans l'immédiat à la compassion et au recueillement, déjà la question se pose des causes de cet acte. Il n'échappe à personne qu'au delà du parcours individuel suivi par les criminels, la question de la cause conduit nécessairement à interroger plus généralement l'Islam et notre rapport avec lui. Cette question n'est pas nouvelle, mais elle se pose pour la France avec une acuité sans précédent. C'est une question délicate en soi, rendue plus délicate encore par le climat de peur désormais attaché à cette problématique, climat qui tient en quelque sorte la raison ligotée, et conduit beaucoup à se réfugier dans la sécurité du "politiquement correct." Pour une part aussi, cette précaution un peu excessive est justifiée: on a peur de l'amalgame et on craint de condamner en bloc ou de diaboliser une religion qui produit par ailleurs en beaucoup des fruits authentiques de religiosité.


Modéré ou fondamentaliste, une distinction inadéquate

Modéré ou fondamentaliste. Voici la distinction que l'on brandit systématiquement pour se garder justement de cet amalgame, et tracer au sein de l'Islam une frontière entre "bons" et "mauvais" musulmans. Cependant, cette distinction me semble non seulement simpliste mais dangereuse. En effet, si être "fondamentaliste", dans une religion, signifie être fidèle aux fondements, alors un bon religieux est un fondamentaliste. Dans cette perspective, faire l'éloge des modérés, ce serait, semble-t-il, faire l'éloge des tièdes ou de ceux qui font des compromis avec le monde. Par ailleurs cette distinction ne trace qu'une frontière relative, quantitative, entre terroristes et bons musulmans (les uns sont très fidèles au Coran, les autres un peu moins), et par conséquent cela revient à affirmer que tout musulman se trouve comme sur une pente glissante qui conduit, par degrés presque insensibles, au terrorisme qui est à l'origine du massacre de la rédaction de l'hebdomadaire satirique.

La question n'est pas tant celle de la fidélité (plus ou moins grande) aux fondements de l'Islam, mais plutôt celle de la nature de ces fondements. En effet, le jihad, la guerre sainte, est un fondement de l'Islam, et le Coran est très explicite quant au fait que cette guerre n'est pas une guerre personnelle contre le péché, mais une guerre visant à éliminer les infidèles, c'est à dire les non musulmans, au premier rang desquels l'occident chrétien. Donc lorsque l'on dit qu'il serait bon que les musulmans condamnent explicitement l'attentat contre "Charlie", c'est certainement juste, mais c'est insuffisant. Il faudrait que les musulmans aillent plus loin et condamnent l'enseignement du Coran sur la "guerre sainte". Mais là on touche le cœur du problème, car reconnaître cela, c'est reconnaître que le Coran n'a pas été dicté à Mahomet par l'ange Gabriel, et par conséquent que ce fondement de leur histoire est mensonger ou hallucinatoire.

La relation à l'Ecriture Sainte

Par mode de parenthèse, précisons que la théologie judéo-chrétienne d'une part et la théologie musulmane de l'autre diffèrent fondamentalement sur la question du rapport à l'Ecriture Sainte, et que de ce point de vue l'expression "religions du livre" crée une confusion sur un point fondamental. Juifs et chrétiens affirment en effet que les auteurs ont été inspirés et assistés par Dieu dans la rédaction des livres bibliques, mais d'une manière qui respecte leur personnalité et leur liberté. La Bible doit par conséquent être lue avec foi, mais aussi avec une raison active, qui cherche l'esprit au delà de la lettre. La lecture historico-critique, qui replace les textes dans leur contexte historique afin de mieux en comprendre les images, les mots, les intentions, est une pratique qui ne pose aucun problème pour juifs et chrétiens, de même que l'étude du "genre littéraire" qui invite à lire différemment, par exemple, un livre historique (l'Exode) et un livre poétique (le Cantique des Cantiques). "La foi appelle la raison", pour citer un vieil adage. En revanche, la théologie musulmane repose sur le fait que le Coran a été dicté littéralement à Mahomet, la lettre en provient donc directement de Dieu sans que l'instrument humain (Mahomet) n'ait sur elle aucune influence. Par conséquent il ne saurait être question de "genre littéraire" ou de "lecture historico-critique", mais seulement d'une soumission inconditionnée de la raison à la lettre du Coran. [1]

On comprend donc que critiquer l'enseignement du Coran sur le jihad, ou même en promouvoir une lecture spirituelle, non littérale, représente un changement de paradigme très profond pour l'Islam. [2] Critiquer les fondations, confesser que pour une part elles tiennent du mensonge ou de l'hallucination, cela ne conduirait-il pas à faire s'effondrer tout l'édifice, ou du moins à le fragiliser considérablement? Au contraire, l'Islam en ressortirait plus fort et plus libre, car seule la vérité rend libre. Ce travail de vérité permettrait en outre de rendre à l'Islam son véritable fondement: non pas une soi-disant révélation faite par l'Ange Gabriel à Mahomet (une affirmation absolument incompatible avec la révélation chrétienne), mais le "sens religieux" qui se trouve naturellement en tout homme, et qui, pour une large part, a trouvé un canal et une forme d'expression dans les traditions et les institutions de l'Islam, qui a produit tout au long de l'histoire des fruits magnifiques dans le domaine de la mystique, de la culture, et surtout dans tout ce qu'il y a d'authentique prière chez des millions de fidèles musulmans. Que les musulmans fassent la vérité historique sur Mahomet (comme les anglicans, qui depuis longtemps déjà relisent avec humour et détachement les affres de Henri VIII et ses affaires de cœur, à l'origine du schisme anglican), et tous ces trésors issus de la religiosité naturelle de l'homme demeureront comme le fondement solide et véritable de l'Islam.

Libérer la raison

Ce n'est donc pas la distinction quantitative entre "modérés" et "fondamentalistes" qui peut nous aider à sauver ce que l'Islam a de bon, mais plutôt une distinction qualitative entre un Islam qui libère la raison et un Islam qui la tient esclave de la lettre et, ultimement, du mensonge. Et du mensonge ne peut venir que la violence, puisqu'il faut sans cesse le justifier et le défendre contre toute intrusion de lumière et de vérité, sans quoi il s'effondre. [3] Il n'est pas surprenant que les moqueries de Charlie Hebdo contre Mahomet et le Coran aient déclenché une telle violence, car elles touchent au point le plus sensible et le plus fragile de l'Islam. Espérons que cette tragédie aide ceux pour qui l'Islam est l'expression d'une religiosité authentique (et non d'une idéologie qui, sous couvert de religiosité, cherche le pouvoir et la domination), espérons qu'elle les aide à entrer toujours davantage, individuellement et collectivement, dans une confession courageuse de la vérité qui rend libre.

Enfin, et puisqu'il est question de confession, à nous aussi, "l'occident", de faire la nôtre est de reconnaître que pour une part nous récoltons ce que nous avons semé. L'Islam avait réussi malgré tout à développer des formes plus pacifiques et à vivre en bonne entente avec ses voisins, chrétiens notamment. Si l'on assiste à l'explosion de cette cohabitation parfois séculaire (au Liban par exemple, et dans bien d'autres pays) et à la résurgence d'un Islam radical et militaire, c'est pour une part une conséquence de l'affadissement inversement proportionnel de notre propre civilisation. C'est l'analyse que fait notamment l'Islamologue Fares Gillon: "Face à la chute des anciens modèles occidentaux, les jeunes déracinés que nous avons produits cherchent à reprendre racine. Que certains se tournent vers l’Islam, comme vers un modèle qui leur semble traditionnel et producteur de sens, doit être compris comme une réaction au modernisme du déracinement culturel." [4] Le "problème de l'Islam" n'est pas uniquement celui de l'Islam, et il ne pourra être engagé sur la voie d'une solution que par une humble et courageuse confession, de part et d'autre, la confession étant la première et nécessaire étape d'une vraie renaissance.


A lire également sur Terre de Compassion: Qui nous gardera de la barbarie (Paul Anel, 08/09/2014)


NOTES

[1] La question du rapport entre foi et raison, et la différence fondamentale qui s’observe de ce point de vue entre Judaïsme et Christianisme d’une part, et Islam de l’autre, faisait l’objet du célèbre « discours de Ratisbonne », prononcé par le Benoît XVI le 12 septembre 2006. Faisant référence à un dialogue de l’empereur byzantin Manuel II Palaiologos avec un érudit persan à propos, justement, du jihad, le Pape identiait le nerf de l’argument, et le cœur du problème, dans le fait que l’Islam écarte la raison: « Pour la doctrine musulmane […] Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle du raisonnable." L'ampleur de la controverse déclenchée par ce qui, dans le discours du Pape, n'était qu'un point marginal développé en trois petits paragraphes, manifeste clairement que le Pape touchait là à un point juste et extrêmement sensible.

[2] Ce changement de paradigme n’est pas utopique, car il a existé à certaines époques, notamment vers la fin du premier millénaire. Cf. à ce sujet les propos à contre courant du Père Samir, sj, dans une interview récente. Ancien étudiant de Ratzinger, le Père Samir est un spécialiste de l’Islam. « Muslims did this in the Middle Ages: Avicenna, for instance, has a philosophical treatise on the so-called pleasures in heaven to explain that it cannot be physical pleasure. So they reinterpreted the Quran’s words on heaven’s pleasure a millennium ago, but, today, they developed with plenty of details all the so-called physical pleasures the mujahid [a Muslim engaged in the struggle to follow the path of Allah] will enjoy in heaven. It means that, now, they have regressed." Lire la totalité de l'entretien.[**]

[3] Sur le lien entre Islam et violence, nous renvoyons également à l'interview du Père Samir. Si toute religion ou tout mouvement peut être violent "par accident" (du fait de la violence de certains de ses membres par exemple, ou bien encore en conséquence de distortions idéologiques de celle-ci), l'Islam a un lien avec la violence qui est plus profond et touche à son essence, du fait des obscurités de sa genèse. "The main thing to note is that violence is an element of Islam. Violence is not an element of Christianity. When Christians were using violence in wars and so on, they were not following the Gospel, nor the life of Christ. When Muslims are using it, they are following the Quran and the sunnah and Mohammed’s model. This is a very important point."

[4] Lire la totalité de cet article sur le blog Philitt Sur cette question de la radicalisation comme réaction au relativisme, il faudrait également relire l'essai de Lévinas intitulé "La Philosophie de l'Hitlérisme." Il y explique que, dans le contexte d'une Europe post-Lumières, individualiste et désincarnée, l'hitlérisme avec sa proposition d'appartenance radicale offrait une réaction en quelque sorte naturelle, en cela qu'elle rendait à l'existence individuelle la possibilité de trouver un sens dans l'offrande de soi à quelque chose de plus grand (en l'occurence la race).

Fil d'actualité sur Paul Anel: ici

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Cardinal André XXIII - Extrait " Vision actuelle sur la Laïcité (KTO) "
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie I)
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lundi 10 novembre 2014

"La renonciation à la vérité est mortelle pour la foi" par Benoît XVI


Benoît XVI : « La renonciation à la vérité est mortelle pour la foi »




        Je voudrais, en premier lieu, adresser mes remerciements les plus chaleureux à M. le recteur et aux autorités académiques de l’Université Pontificale Urbanienne, aux responsables administratifs et aux représentants des étudiants, pour leur proposition de donner mon nom à l’amphithéâtre qui vient d’être remis à neuf. Je voudrais remercier de manière tout à fait particulière le cardinal Fernando Filoni, grand chancelier de cette Université, qui a accueilli favorablement cette initiative. C’est pour moi un motif de grande joie que de pouvoir être ainsi associé de manière permanente aux travaux de l’Université Pontificale Urbanienne.

Au cours des différentes visites que j’ai eu l’occasion d’y faire à l’époque où j’étais préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, j’ai été à chaque fois frappé par l’atmosphère d’universalité que l’on perçoit dans cette université, où des jeunes gens provenant de pratiquement tous les pays de la Terre se préparent pour servir l’Évangile dans le monde actuel. Aujourd’hui aussi, en moi-même, je vois face à moi, dans cet amphithéâtre, une communauté constituée d’un très grand nombre de jeunes gens, qui nous font percevoir de manière vivante l’extraordinaire réalité de l’Église catholique.

“Catholique” : cette définition de l’Église, qui fait partie de la profession de foi depuis les temps les plus anciens, porte en elle-même quelque chose de la Pentecôte. Elle nous rappelle que l’Église de Jésus-Christ n’a jamais concerné un peuple seulement ou une culture seulement, mais que, depuis les origines, elle était destinée à l’humanité. Les derniers mots que Jésus ait adressés à ses disciples ont été : “De toutes les nations faites mes disciples” (Mt 28, 19). Et, au moment de la Pentecôte, les apôtres ont parlé toutes les langues, ce qui leur a permis de manifester, grâce à la force du Saint-Esprit, toute l’ampleur de leur foi.

À partir de ce moment-là, l’Église s’est véritablement développée sur tous les continents. Votre présence, chères étudiantes et chers étudiants, est un reflet du visage universel de l’Église. Le prophète Zacharie avait annoncé un royaume messianique qui s’étendrait d’une mer à l’autre et qui serait un royaume en paix (Za 9, 9s.). Et en effet, dans tous les endroits où l’Eucharistie est célébrée et où les hommes ne forment plus entre eux, à partir du Seigneur, qu’un seul corps, il y a quelque chose de cette paix que Jésus-Christ avait promis de donner à ses disciples. Vous, chers amis, soyez des artisans de cette paix que, dans un monde déchiré et violent, il devient de plus en plus urgent de construire et de protéger. C’est pour cette raison que le travail de votre université, dans laquelle vous voulez apprendre à connaître Jésus-Christ de plus près afin de pouvoir devenir ses témoins, est tellement important.

Le Seigneur ressuscité a chargé ses apôtres - et à travers eux ses disciples de toutes les époques - de faire connaître sa parole jusqu’aux extrémités de la terre et de faire de tous les hommes ses disciples. Le concile Vatican II, en reprenant dans le décret “Ad gentes” une tradition constante, a mis en lumière les raisons profondes de cet envoi en mission et c’est avec une force renouvelée qu’il l’a ainsi assigné à l’Église d’aujourd’hui.

Mais, aujourd’hui, il y a beaucoup de gens qui se demandent, à l’intérieur de l’Église comme à l’extérieur, si cet envoi a encore de la valeur actuellement. La mission est-elle encore véritablement un caractère d’actualité ? Est-ce qu’il ne serait pas plus approprié de se rencontrer dans le dialogue entre les religions et de servir ensemble la cause de la paix dans le monde ? La contre-question est la suivante : le dialogue peut-il remplacer la mission ? Aujourd’hui, en effet, il y a un grand nombre de gens qui pensent que les religions devraient se respecter mutuellement et qu’elles devraient, en dialoguant entre elles, devenir une force commune de paix. Dans cette manière de penser, un présupposé que l’on rencontre dans la plupart des cas est que les différentes religions constituent des variantes d’une seule et même réalité ; que “religion” est le genre commun, qui prend des formes différentes en fonction des différentes cultures, mais qui exprime en tout cas une même réalité. La question de la vérité, qui à l’origine préoccupait les chrétiens plus que tout le reste, est dans ce cas-là mise entre parenthèses. On présuppose que l’authentique vérité en ce qui concerne Dieu est, en dernière analyse, impossible à atteindre et que, tout au plus, on ne peut rendre présent ce qui est ineffable qu’en recourant à des symboles variés. Cette renonciation à la vérité semble réaliste et utile à la paix entre les religions du monde.

Et cependant elle est mortelle pour la foi. En effet, la foi perd son caractère contraignant et sérieux si tout se réduit à des symboles qui, au fond, sont interchangeables et ne peuvent renvoyer que de loin à l’inaccessible mystère du divin.

Chers amis, vous voyez que le problème de la mission nous place non seulement face aux questions fondamentales de la foi mais également face à la question de savoir ce qu’est l’homme. Dans le cadre de cette brève allocution, je ne peux évidemment pas essayer d’analyser de manière exhaustive cette problématique qui, aujourd’hui, nous concerne tous profondément. Mais en tout cas je voudrais au moins faire allusion à la direction que devrait prendre notre pensée. Je le fais à partir de deux points de départ différents.

I


1. L’opinion commune est que les religions sont, pour ainsi dire, placées les unes à côté des autres, comme les continents et les différents pays le sont sur une carte géographique. Mais ce n’est pas exact. Les religions sont en mouvement au niveau historique, comme le sont les peuples et les cultures. Il existe des religions qui sont en attente. Les religions tribales sont de ce type : elles ont leur moment historique et pourtant elles sont en attente d’une rencontre plus élevée qui les conduise à la plénitude.

Nous, en tant que chrétiens, nous sommes convaincus que, de manière silencieuse, elles attendent la rencontre avec Jésus-Christ, la lumière qui provient de lui et qui, seule, peut les conduire complètement à leur vérité. Et le Christ les attend. Leur rencontre avec lui n’est pas l’irruption d’un étranger qui détruit leur culture et leur histoire. C’est, au contraire, l’entrée dans quelque chose de plus grand vers quoi elles sont en marche. C’est pour cela que cette rencontre est toujours, à un moment donné, une purification et un mûrissement. D’autre part, la rencontre est toujours quelque chose de réciproque. Le Christ attend leur histoire, leur sagesse, leur vision des choses.

Aujourd’hui nous découvrons également, de manière de plus en plus nette, un autre aspect : tandis que dans les pays où s’est construite sa grande Histoire, le christianisme s’est, à bien des points de vue, fatigué et où certaines branches du grande arbre issu du grain de sénevé dont parle l’Évangile se sont desséchées et tombent à terre, une nouvelle vie naît de la rencontre des religions en attente avec le Christ. Là où il n’y avait que de la fatigue, de nouvelles dimensions de la foi se manifestent et apportent de la joie.

2. La religion, en soi, n’est pas un phénomène unitaire. Il faut toujours y distinguer plusieurs dimensions. D’une part il y a la grandeur de la tension vers le Dieu éternel, au-delà du monde. Mais, d’autre part, on y trouve des éléments qui sont nés de l’histoire des hommes et de leur pratique de la religion. Parmi ces éléments, on peut certainement découvrir des choses qui sont belles et nobles, mais également d’autres choses qui sont basses et destructrices, lorsque l’égoïsme de l’homme s’est emparé de la religion et que, au lieu d’en faire une ouverture, il l’a transformée en une fermeture à l’intérieur de son propre espace.

Voilà pourquoi la religion n’est jamais simplement un phénomène uniquement positif ou uniquement négatif : les deux aspects y sont mélangés. À ses débuts, la mission chrétienne a surtout perçu de manière très forte les éléments négatifs des religions païennes auxquelles elle était confrontée. C’est pour cette raison que l’annonce chrétienne a été, dans un premier temps, extrêmement critique à l’égard de la religion. Ce n’est qu’en dépassant leurs traditions, qu’elle considérait en partie comme étant même démoniaques, que la foi a pu développer sa force rénovatrice. Sur la base d’éléments de ce genre, le théologien évangélique Karl Barth a mis en opposition la religion et la foi, portant un jugement absolument négatif sur la première, perçue comme comportement arbitraire de l’homme qui tente, à partir de lui-même, de saisir Dieu. Dietrich Bonhoeffer a repris cette manière de voir, en se prononçant en faveur d’un christianisme “sans religion”. Il s’agit indubitablement d’une vision unilatérale qui ne peut être acceptée. Et cependant il est correct d’affirmer que toute religion, pour rester dans ce qui est juste, doit aussi, en même temps, se montrer toujours critique vis-à-vis de la religion. Il est clair que cela s’applique, dès ses débuts et en raison de sa nature, à la foi chrétienne, qui, d’une part, considère avec beaucoup de respect la profonde attente et la profonde richesse des religions, mais, d’autre part, considère également de manière critique ce qui est négatif. Il va de soi que la foi chrétienne doit sans cesse développer cette force critique, y compris à l’égard de sa propre histoire religieuse.

Pour nous, les chrétiens, Jésus-Christ est le Logos de Dieu, la lumière qui nous aide à établir une distinction entre la nature de la religion et la distorsion dont elle fait l’objet.

3. À notre époque, on entend avec de plus en plus de force la voix de ceux qui veulent nous convaincre que la religion en tant que telle est dépassée. C’est la raison critique qui devrait, seule, orienter l’action de l’homme. Derrière de telles idées, on trouve la conviction que, à travers la pensée positiviste, la raison dans toute sa pureté a définitivement pris le dessus. En réalité, cette manière de penser et de vivre est, elle aussi, conditionnée historiquement et liée à des cultures historiques déterminées. La considérer comme la seule valable, ce serait diminuer l’homme, en lui retirant des dimensions essentielles de son existence. L’homme devient plus petit, et non pas plus grand, lorsqu’il n’y a plus de place pour un ethos qui, sur la base de sa nature authentique, renvoie au-delà du pragmatisme, lorsqu’il n’y a plus d’espace pour le regard tourné vers Dieu. Le domaine propre de la raison positiviste se trouve dans les grands champs d’action de la technique et de l’économie, et cependant elle n’épuise pas tout l’humain. Par conséquent, c’est à nous, les croyants, qu’il revient de rouvrir sans cesse les portes qui, au-delà de la simple technique et du pur pragmatisme, conduisent à toute la grandeur de notre existence, à la rencontre avec le Dieu vivant.

II


1. Ces réflexions, qui sont peut-être un peu difficiles, devraient montrer que même aujourd’hui, dans un monde qui a été profondément transformé, la mission de faire connaître aux autres hommes l’Évangile de Jésus-Christ reste quelque chose de raisonnable.

Et cependant il y a également une seconde manière, plus simple, de justifier cette mission à notre époque. La joie exige d’être communiquée. L’amour exige d’être communiqué. La vérité exige d’être communiquée. Celui qui a reçu une grande joie ne peut pas la conserver simplement pour lui-même, il doit la transmettre. On peut dire la même chose pour le don de l’amour, pour le don de reconnaître la vérité qui se manifeste.

Lorsqu’André a rencontré le Christ, il n’a pas pu faire autrement que de dire à son frère : “Nous avons trouvé le Messie” (Jn 1,41). Et Philippe, à qui il a été donné de faire une rencontre semblable, n’a pas pu faire autrement que de dire à Nathanaël qu’il avait trouvé celui dont avaient parlé Moïse et les prophètes (Jn 1,45). Si nous annonçons Jésus-Christ, ce n’est pas pour que notre communauté compte le plus grand nombre possible de membres ; et encore moins pour le pouvoir. Nous parlons de Lui parce que nous sentons que nous avons le devoir de transmettre cette joie qui nous a été donnée.

Nous serons des annonciateurs crédibles de Jésus-Christ lorsque nous l’aurons véritablement rencontré au plus profond de la notre existence, lorsque, à travers notre rencontre avec Lui, la grande expérience de la vérité, de l’amour et de la joie nous aura été donnée.

2. La profonde tension entre l’offrande mystique à Dieu, dans laquelle on se donne totalement à lui, et la responsabilité envers le prochain et envers le monde qu’il a créé fait partie de la nature de la religion. Marthe et Marie sont toujours indissociables, même si, d’une fois à l’autre, l’accent peut être mis plutôt sur l’une ou plutôt sur l’autre. Le point de rencontre entre les deux pôles est l’amour, dans lequel nous touchons à la fois Dieu et ses créatures. “Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru” (1 Jn 4,16) : cette phrase exprime la nature authentique du christianisme. L’amour, qui se réalise et se reflète sous des formes multiples dans les saints de tous les temps, est la preuve authentique de la vérité du christianisme.

Benoît XVI

21 octobre 2014

source: chiesa espresso republica

autre: À Rome, un Forum catholico-musulman sur l’éducation et la violence (La croix 10/nov/2014)


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(suite)

La "Evangelii gaudium" du pape émérite Benoît

Ratzinger a de nouveau rompu le silence. Afin d’avertir qu’un dialogue qui renoncerait à la vérité "est mortel" pour la propagation de la foi chrétienne. Et donc aussi pour la diffusion de cette "joie de l’Évangile" qui figure dans le programme du pape François

par Sandro Magister




ROME, le 28 octobre 2014 – "Il est discret, humble, il ne veut pas déranger", a déclaré le pape François à propos de son prédécesseur. "Il me donne l’impression d’avoir mon grand-père à la maison, à cause de sa sagesse. Cela me fait du bien de l’écouter. Et puis il m’encourage beaucoup".

Il arrive quelquefois que le pape émérite Benoît XVI – depuis sa résidence "de moine cloîtré", comme il aime à le dire – fasse parvenir au pape régnant des notes dans lesquelles il lui propose et lui demande une opinion. C’est ce qui s’est passé, par exemple, à la suite de la publication, au mois de septembre 2013, de l'interview que François avait accordée à la revue "La Civiltà Cattolica". On ne sait pas ce que Joseph Ratzinger a dit dans les quatre pages de commentaire qu’il a rédigées. Les relations entre les deux papes, le régnant e et l'émérite, sont placées sous le sceau du secret.

Dans certaines occasions, cependant, Benoît XVI rompt le silence et il dit de manière publique ce qu’il pense, avec la clarté et la liberté qui lui sont propres, sans craindre d’aller à contre-courant.

C’est ce qu’il a fait, par exemple, au mois de mars dernier, à travers un livre à auteurs multiples consacré à Jean-Paul II. Il y a mis en évidence les éléments de ce pontificat qu’il "est nécessaire d’étudier et d’assimiler" aujourd’hui encore : en particulier l'encyclique "Veritatis splendor" de 1993 consacrée aux problèmes moraux et la déclaration "Dominus Jesus" de 2000 relative aux "éléments non négociables de la foi catholique", c’est-à-dire les documents-clés les plus négligés et les plus critiqués de ce pontificat :

> Le pape émérite prie, mais il conseille aussi. Voici comment

Par ailleurs, ces jours derniers, Benoît XVI est encore intervenu en trois occasions, à travers le même nombre d’écrits.

Deux sont très brefs et sous forme de lettre. Le troisième est plus développé et sous forme de message.

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Le premier texte, daté du 10 octobre, est une lettre adressée au Comité International "Summorum Pontificum". Celui-ci a organisé à Rome une rencontre qui comportera la célébration de messes selon l’ancien rite par les cardinaux Raymond L. Burke, Walter Brandmüller et George Pell :

> The Message...

Dans cette lettre, Ratzinger se dit "heureux" que ce rite "vive maintenant dans la pleine paix de l’Église, y compris parmi les jeunes, et qu’il soit soutenu et célébré par de grands cardinaux".

Il qualifie donc également de "grand" ce cardinal Burke à qui le pape François refuse à la fois un rôle à la curie et la direction d’un diocèse.

*

Le second texte, qui est daté du 4 août mais a été rendu public le 23 octobre, est une lettre adressée à la Fondation vaticane Joseph Ratzinger-Benoît XVI, à l’occasion d’un colloque organisé par celle-ci à Medellin, en Colombie, sur le thème "Le respect de la vie, chemin pour la paix":

> I saluti...

Dans cette lettre, le pape émérite indique justement comme élément fondamental pour la paix "le respect inconditionnel de la vie de l’homme, créé à l'image de Dieu et par conséquent doté d’une dignité absolue". Pour cette raison "le thème de la paix et le thème du respect de la vie humaine sont liés à la foi en Dieu créateur en tant que véritable garantie de notre dignité".

*

La troisième intervention, enfin, a comme point de départ la décision qu’a prise l’Université Pontificale Urbanienne de donner à son amphithéâtre le nom de Benoît XVI.

Le message rédigé par Ratzinger pour cette occasion a été lu au cours de la cérémonie, qui a eu lieu le 21 octobre.

Un point étrange, toutefois, est que ce message n’a pas été mis en ligne sur le site web de l'Université Pontificale Urbanienne ; quant à "L'Osservatore Romano", il n’en a parlé que de manière sommaire. C’est l'agence de presse catholique autrichienne Kath.Net qui en a publié le texte intégral en italien, le 23 octobre, avec l’autorisation de l'auteur :

> La verità della religione e la vera religione


L'Université Pontificale Urbanienne est l'université missionnaire par excellence ; elle est liée à la congrégation pour l’évangélisation des peuples.

Et c’est précisément sur ce point que le pape émérite a pris appui pour réagir aux doutes qui, aujourd’hui, menacent l'idée même de la mission "ad gentes" que beaucoup de gens voudraient remplacer par un dialogue paritaire entre les religions en vue d’"une force commune de paix".

Mais si l’on fait cela – écrit Ratzinger – on laisse de côté "la vérité qui, à l’origine, a incité les chrétiens" à prêcher l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre :

"On présuppose que l’authentique vérité en ce qui concerne Dieu est, en dernière analyse, impossible à atteindre et que, tout au plus, on ne peut rendre présent ce qui est ineffable qu’en recourant à des symboles variés. Cette renonciation à la vérité semble réaliste et utile à la paix entre les religions du monde. Et cependant elle est mortelle pour la foi. En effet, la foi perd son caractère contraignant et sérieux si tout se réduit à des symboles qui, au fond, sont interchangeables et ne peuvent renvoyer que de loin à l’inaccessible mystère du divin".

Le pape émérite ne la cite pas de manière explicite, mais on voit également réapparaître ici, en arrière-plan, un renvoi à la déclaration "Dominus Jesus", contre laquelle se déchaînèrent des critiques qui venaient non seulement de personnes extérieures à l’Église catholique mais également de représentants de la haute hiérarchie tels que le cardinal Edward Cassidy, qui était à cette époque-là le président du conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, et son successeur Walter Kasper, qui est aujourd’hui devenu le théologien préféré du pape François.

Lorsqu’on lit ce texte de Benoît XVI, il est difficile de ne pas penser à cette boutade de Bergoglio contre le prosélytisme, liquidé par lui comme étant une "solennelle sottise" à l’occasion de son premier entretien avec l’athée Eugenio Scalfari. Mais dans le langage de François, on le sait, le prosélytisme est une falsification de la mission chrétienne authentique, celle qui s’accomplit "par attraction" ; celle-là, au contraire, est indiscutablement au cœur de son pontificat, comme de celui de son prédécesseur.

En réalité, pour peu que l’on veuille bien lire avec un regard sans préjugés ce captivant message ratzingérien, on y trouverait non pas une opposition mais une adhésion – même si celle-ci est s’appuie sur des raisons originales – au programme du pontificat de François, à sa vision de l’Église "qui sort".

" Celui qui a reçu une grande joie ne peut pas la conserver simplement pour lui-même, il doit la transmettre", écrit Ratzinger. Qui affirme aussi :

"Si nous annonçons Jésus-Christ, ce n’est pas pour que notre communauté compte le plus grand nombre possible de membres ; et encore moins pour le pouvoir. Nous parlons de Lui parce que nous sentons que nous avons le devoir de transmettre cette joie qui nous a été donnée".

C’est l’exhortation apostolique "Evangelii gaudium" du pape François commentée par son prédécesseur. Où la joie ne fait qu’un avec l'amour et, en définitive, avec la vérité :

"Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru” (1 Jn 4,16) : cette phrase exprime la nature authentique du christianisme. L’amour, qui se réalise et se reflète sous des formes multiples dans les saints de tous les temps, est la preuve authentique de la vérité du christianisme".

C’est ainsi que s’achève le message de Benoît XVI, reproduit intégralement ci-dessus.




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