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mercredi 20 avril 2016

Henri Hude: "Pourquoi le Pape François a eu raison de ramener avec lui des migrants musulmans"



Voici un bref commentaire politique du geste du pape François ramenant de Grèce au Vatican une douzaine de migrants musulmans.


Pour comprendre les questions internationales, adopter le point de vue de l’Empire


Je me place ici à un point de vue simplement politique.

On peut comprendre que le geste du pape à Lesbos en scandalise certains, s’il est mal interprété. Mais, est-il sage de s’imaginer que le pape sacrifierait tout bien commun, y compris la sécurité publique, à des droits individuels, et toute prudence à une charité sans ordre ni raison ? Son action a un sens sérieux et solide. Que fait donc le pape François ? Il ne tombe pas dans le piège de l’Empire.

En effet, pour comprendre un problème de politique internationale, il faut l’aborder du point de vue de l’Empire. Cela veut dire : commencer par regarder la chose à partir de Washington et du point de vue de Washington. Je dis « Washington », et non pas « les Etats-Unis », parce que le peuple américain n’a guère plus de pouvoir sur la politique étrangère des Etats-Unis désormais, que le peuple français n’en a lui-même sur celle de la France.

Car Washington a une politique. Une politique impériale, dont le principe, parfaitement classique, est « diviser pour régner ». Son but, c’est le pouvoir. Sur le plan spirituel, l’Empire est censé croire aux Lumières, ou à ce qu’il en reste, mais fondamentalement il croit à son pouvoir et favorise ce qui le sert. Et comme ce qui le sert est la faiblesse des autres, il pousse toute idée ou sentiment qui déstructure et désoriente ses rivaux potentiels.


La lutte contre l’Islam, une nouvelle guerre au service de l’Empire


En ce qui concerne l’Europe et en particulier la France, l’Empire cherche à reconstruire un rideau de fer entre l’Europe et la Russie, d’une part, et à rendre possible si besoin était une guerre de religions ou de civilisations entre l’Europe et le monde arabo-musulman, d’autre part. Une guerre de religions pourrait prendre dans bien des pays européens la forme d’une guerre civile, comme c’est déjà le cas au Moyen Orient. Cela permettrait à l’Empire de prolonger indéfiniment son ingérence protectrice tout en bénéficiant de l’impuissance de ses rivaux. Sous prétexte d’état de siège et de lutte anti-terroriste, cela permettrait de juguler les oppositions démocratiques qui dans bien des pays s’opposent aux grands cartels qui sont l’empire américain (à commencer par la finance). Cela fournirait le prétexte pour remplacer, si besoin était, des partis libéraux trop mous, par des dictatures diverses, à la fois plus autoritaires avec le peuple et plus dociles à la puissance impériale. L’histoire de l’Amérique latine est instructive à cet égard (histoire que connaît bien le pape François). En toute hypothèse, une guerre de religions avec l’Islam aurait pour conséquence de couper les ponts entre les catholiques et les musulmans, tout en prolongeant l’idéologie athée, au prétexte que les religions – c’est bien connu – se font la guerre.

L’Empire seul sait réellement pourquoi il fait la guerre. Les autres ne sont que des fous se battant pour le bénéfice d’un autre. Divisés, ils se massacrent et se haïssent, croyant chacun défendre leurs intérêts, et ne servant que l’Empire, qui vit de leurs divisions.

Tout empire qui se respecte est notamment maître dans l’exploitation des sentiments nationaux de toutes sortes. Le patriotisme primaire, les divisions religieuses ou ethniques, les régionalismes, mais aussi toute forme d’extrémisme sont pour lui des instruments de choix dans son jeu. Il sait agiter cette cape rouge dans laquelle viendront donner à plein les esprits primaires, qui ignorent tout du savoir-faire impérialiste.

Le pape, de la manière la plus éclatante, vient de dire à l’Empire : ne comptez pas sur l’Eglise catholique pour faire le jeu de vos guerres impériales. La logique de l’Empire est le pouvoir universel. Mais la logique de l’Eglise est l’annonce de l’Evangile à toutes les nations, et elle lui est transcendante.


C’est l’Empire qui a créé la crise des migrants. Il peut aussi y mettre un terme

Le djihadisme islamiste n’aurait jamais pris l’importance qu’il a prise,
si (i) l’Empire n’avait pas jusqu’à aujourd’hui fait alliance avec les wahhabites,
si (ii) il n’avait pas mis en selle les djihadistes lors de la guerre soviétique en Afghanistan, pour en faire un instrument de choix pour déstabiliser ses ennemis et
si (iii) il n’avait pas joué un rôle déterminant dans la guerre en Syrie dont découlent directement le drame humanitaire et l’immigration que nous connaissons.

Nous devons certes nous méfier de la subversion islamiste provenant de pays comme la Syrie, subversion que nos dirigeants parfois tolèrent avec lâcheté, et qui parfois les effraie. Pourtant, il est immoral de traiter en criminels ou en envahisseurs les victimes de ce drame (même si la prudence et la raison peuvent nous contraindre parfois à des mesures strictes - de plus, relativement à ses prédécesseurs, le pape François est revenu à une position moins pacifiste et à une interprétation plus vigoureuse de la doctrine catholique de la guerre juste) [i].

Si nous voulons mettre fin à cette crise des réfugiés, c’est à Washington qu’il faut parler, afin qu’il maîtrise ses alliés dans le Golfe pour qu’ils cessent d’exciter l’islamisme. Le geste du pape est donc tout à fait utile à cet égard, tout comme le sont sa réception informelle de Bernie Sanders au Vatican[ii], ou ses rencontres assez régulières avec Vladimir Poutine. Les opinions de ces derniers sur la politique étrangère US sont très critiques.


Les bouleversements spirituels à l’intérieur de l’islam

Alors ? Serait-ce à dire que le pape ne verrait pas que les Djihadistes sont dangereux ? Que les migrations sont l’occasion d’infiltrations terroristes ? Croit-on qu’il soit favorable à l’islamisation de l’Europe ? Croit-on qu’il veuille voir le drapeau noir flotter sur Saint-Pierre de Rome ? Comment peut-on sérieusement croire tout cela ? Le pape pense au bien commun des peuples et à l’évangélisation.

Le système libéral en place, qui exclut tant de jeunes de la vie économique, fait de plus en plus l’objet d’un rejet généralisé. Même aux USA, les jeunes démocrates votent à 80% contre l’ordre établi. Est-ce cela, l’économie de liberté ? Le système politique actuel rend incapable d’élire en France autre chose qu’un clone insignifiant, qui passera cinq ans moins trois mois d’« état de grâce » à se faire haïr par le peuple comme un intrus. Est-ce donc cela, la démocratie ? L’ordre culturel libertaire ne produit rien d’autre qu’une effrayante misère affective et morale, parfaitement décrite dans les romans de Michel Houellebecq. Est-ce cela, les Lumières ?

Que pensent les jeunes islamistes ? Que notre économie est injuste, notre démocratie du pipeau et notre culture officielle une pourriture. Ont-ils absolument tort ? Oui, dans la mesure où, par la violence criminelle de leur réaction, ils jouent le rôle d’idiots utiles au service de l’Empire. Le pape, qu’on le veuille ou non première autorité morale au monde, dit aux Musulmans, comme aux Chrétiens : ne tombez pas dans ce piège de l’affrontement religieux, soyez à la hauteur de l’immense renouveau de la spiritualité qui s’annonce avec la chute de l’idéologie libérale, soyez des apôtres capables d’accueillir les nations blessées détruites et avilies par l’idéologie, mais des nations dans la joie devant la miséricorde du Christ.

Tout le monde suppose que les Musulmans seront éternellement musulmans, qu’ils seront de plus en plus islamistes et qu’ils ne se convertiront jamais au christianisme, ou ne tomberont jamais en masse dans l’athéisme banal. Rien de tout cela n’est acquis, et c’est méconnaître l’authenticité spirituelle de nombreux musulmans. L’Islam tout entier est en effervescence, il est remis en question comme jamais. Il est traversé par des mouvements de radicalisation islamiste, de sécularisation athée mais aussi par une profonde recherche spirituelle. Personne ou presque ne dit rien chez eux, mais qui sait combien pensent en eux-mêmes que tout cela devient absurde, que leur religion doit être changée, ou bien qu’ils doivent changer de religion ? Plus encore, la forme individualiste, nihiliste et transgressive prise par le combat des djihadistes, montre qu’ils sont eux-mêmes profondément occidentalisés. Ils souffrent jusqu’au désespoir de sentir cette occidentalisation irréversible. Leur réaction désespérée, leur caractère sanguinaire, cette ambiance apocalyptique, l’exaltation délirante, tout cela ressemble surtout à un crépuscule des dieux.

Comment cela ne troublerait-il pas un très grand nombre d’esprits ? Quelle portion des musulmans est en pleine recherche spirituelle, en pleine remise en question de l’Islam islamiste ? Chez ces musulmans en recherche, quel est l’effet produit dans le fond de leur âme par le Saint-Esprit grâce au geste de François ? Rien de moins que ceci : une fois dans leur vie, ils ont été en contact direct avec le Christ.


L’invitation du pape aux catholiques
Le pape invite les catholiques à être universels et à accompagner fraternellement les musulmans dans cette recherche spirituelle. Il les invite aussi à ne pas rentrer dans le jeu des affrontements tribaux, ethniques et religieux qui sont les outils de l’Empire pour diviser et imposer son pouvoir. Car l’Eglise catholique porte une vision universelle donnée par le Christ : « Allez, de toutes les nations faites des disciples. Baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ». L’Eglise et l’Empire portent deux visions universelles et le pape invite les catholiques à choisir celle du Christ. Et les nations refusant l’Empire doivent découvrir aussi à leur tour une autre forme d’universalité politique.

Quant aux catholiques français, dont beaucoup sont politiquement conservateurs pour des raisons évidentes, François, avec son geste en Grèce, les force à se convertir en profondeur, à retrouver l’esprit des apôtres. Après tant d’années de défensive et de repli, après tant de batailles perdues, les catholiques français doivent comprendre l’immense opportunité spirituelle pour notre pays, à la mesure de son génie : porter au monde une nouvelle vision de justice, et incarner dans des institutions politiques nobles ce nouvel humanisme universel (= catholique).

En vérité, François a posé un acte analogue à celui que posa Jésus dans son pays le jour où il guérit un malade le jour du sabbat. Le geste provoque question, incompréhension, indignation, colère, puis réflexion. A la fin, certain rompent avec le Christ, et les autres se convertissent. Nous voyons se produire cette ligne de partage parmi les disciples : « Ce discours est trop rude. Qui peut accepter de l’entendre ? » ou bien : « A qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »


Concluons. Tout ce que le pape fait est très spirituel, mais politiquement, c’est aussi très intelligent et, à mon avis, extraordinairement habile. Sa politique suppose que les catholiques sont assez intelligents, et assez confiants, pour comprendre son intention et pour opérer ensemble selon son conseil – sans aplatir le sens de son action, comme s’il flagornait le politiquement correct. Ayons confiance, avec le Saint-Père dans l’intelligence et l’authentique spiritualité des catholiques.







[iLa question de l'islam et le pape François
Quel doit être aujourd’hui notre rapport à l’islam ? C’est une des questions qui importent le plus au bien commun. Voici quelques remarques sur la façon dont le pape François touche la question et sur la façon dont sa réponse est reçue.

Scandale et silence ?

Certains demandent pourquoi le pape ne dénonce pas chaque jour à plus haute voix les cruelles persécutions que des groupes islamistes font subir aux chrétiens et à d’autres minorités, au Proche-Orient et en Afrique. La réponse est d’abord que le pape est déjà allé loin en justifiant en août, à son retour de Corée, l’idée d’une intervention internationale (voir le lien plus bas).

Mais enfin, François est tenu à une certaine réserve. Il se trouve dans une situation analogue à celle de Pie XII durant la seconde guerre mondiale. Il parle avec grande prudence, n’agit pas en partisan, et stimule énormément ses subordonnés sur le terrain pour qu’ils diminuent les souffrances. Tout bien considéré, c’est là ce qui est juste et raisonnable (voir citations de Blet dans les liens ci-dessous). Chacun se souvient des réactions disproportionnées au discours pourtant si rationnel et apaisé de Benoît XVI à Ratisbonne. Chacun vient d’être témoin de l’hypersensibilité de toute une partie du monde musulman à quelques stupides caricatures. Que ne dirait-on donc pas, si à la suite d’un discours trop énergique de François, des centaines de chrétiens étaient lynchés en terre d’islam ?

L’analogie des deux situations m’a paru frappante. Aussi je renvoie aux citations choisies du livre de Pierre BLET, s.j., Pie XII et la Seconde Guerre mondiale, Perrin, 1997, 2005 (un concentré de ses études monumentales).

http://www.henrihude.fr/mes-reflexions/49-philosophieetspiritualie/95-notes-de-lecture-pie-xii-et-la-seconde-guerre-mondiale

http://www.henrihude.fr/mes-reflexions/49-philosophieetspiritualie/94-note-de-lecture-pie-xii-et-la-seconde-guerre-mondiale-2


[ii] Indépendamment de toute guerre, ces migrations n’existeraient pas, ou du moins pas à cette échelle, ni de cette manière, sans l’ordre économique international existant, qui n’est en rien une fatalité. Le libre mouvement dérégulé des capitaux sur la planète, le libre-échange dérégulé des biens et services, ont pour contrepartie logique le libre mouvement de la main d’œuvre à la surface du globe, l’inégalité sociale croissante et, sauf pour les cadres dirigeants, ou supérieurs, l’égalisation mondiale du prix du travail au niveau de subsistance, conformément à cette soi-disant main invisible qui est surtout une main de fer.

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Henri Hude: "Pourquoi le Pape François a eu raison de ramener avec lui
                                                        des migrants musulmans"[*]
"Sur la dignité humaine " par Henri Hude   [*]
"Après les attentats islamistes du 13 novembre 2015 à Paris" par Henry Hude [*]
"Les conditions culturelles et spirituelles de la paix" par Henri Hude            [*]
"Les religions, la guerre et la paix" par Henri Hude    [*]
"La théorie postmoderne de la justice. La machine à broyer toute identité"
                                                                                                   par Henry Hude [*]
La morale laïque, une nouvelle religion pour la République ?                     [*]

                                            (Observatoire Sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon)

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Henri Hude: "Pourquoi le Pape François a eu raison de ramener avec lui
                                                        des migrants musulmans"[*]
"Sur la dignité humaine " par Henri Hude   [*]
Attentas du 13 Novembre 2015 ...
Lire ensemble le Notre père et la Fatiha ! 
            (Culture d'Islam avec Abdennour Bidar et Chawkat Moucarry)
«Ce n'est pas l' Islam...» ? - Rémi Brague,  André Malraux, Paul anel"#JeSuisCharlie : En état de choc, on fait n’importe quoi
par Guillaume de Prémare (...et autres assais)
Attentats:  Unité de la France ,unité de l'Islam  et civilisation ?
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La France est-elle encore la « fille aînée de l’Eglise » ? Par le cardinal Philippe Barbarin
Spiritualité conjugale selon Jean Paul II - 1/2 - "Le rêve de Dieu par Yves Semens"
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Lettre de Mgr Aillet (MANIFPOURTOUS , Bioéthique , Gender , Euthanasie Morale Laïcque...)
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Dominique Humbrecht : " À défaut d'avoir précédé, nous (L'Église de France) 
pouvons encore suivre. Nous sommes acculés à l'exemplarité culturelle."
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de gouvernement et des hommes politiques
Loi naturelle et loi civile: 1-"un mariage de raison"
"1984" de George Orwell avec Raphaël Enthoven dans"Le Gai Savoir
Halte au narcissisme du corps avec Adèle van Reeth
Les nouvelles technologies vont-elles réinventer l' homme ?
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La liberté religieuse en cause en Europe
La voix éloquente et claire de la Conscience
Conscience morale: "Les chrétiens au risque de l'abstention ? "
La liberté de conscience et religieuse menacée aux États-Unis


Cardinal André XXIII - Extrait " Vision actuelle sur la Laïcité (KTO) "
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie I)
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie II)
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie III)
( Quelle société voulons nous ? (Cardinal André XXIII ) - Partie IV)

La laïcité à la française " une analyse de Mgr Jean-Louis Bruguès
La voix éloquente et claire de la Conscience
"La révolte des masses" - d' Ortega Y Gasset
Quand l' Eglise interpelle les consciences....pour 2012
Adieu Benoît XVI - Livre d' Or (ici)
Spiritualité conjugale selon Jean Paul II - 1/2 - Le rêve de Dieu par Yves Semens
Démocratie "entre" Loi civil et loi morale - Extrait de l' Evangile de la Vie (Evangelium vitae)
Inauguration de la statue de Jean-Paul II par Monsieur le Sénateur Gérard COLLOMB
Dans les combats, "Mes Armes" - faisons les nôtres ... (Ste Thérèse de l' enfant Jésus)
"DIVINI ILLIUS MAGISTRI" LETTRE ENCYCLIQUE DE SA SAINTETÉ
LE PAPE PIE XI SUR L'ÉDUCATION CHRÉTIENNE DE LA JEUNESSE
La morale laïque, une nouvelle religion pour la République ?
(Observatoire Sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon)
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L' état doit il avoir une éthique ? La loi est elle pédagogique et donc
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Conscience morale: "Les chrétiens au risque de l'abstention ? "
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vendredi 18 septembre 2015

"Le bon Samaritain ne rase pas gratis" par Guillaume de Prémare


"Le bon Samaritain ne rase pas gratis"
               par Guillaume de Prémare (18 Sept 2015) ⇝ [*]

"Réfugiés:  la charité et la Politique, pas l'idéologie"
      Par Yves Meaudre (16 Sept 2015) ⇝ [*]


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"Le bon Samaritain ne rase pas gratis"





Après 10 jours de déni collectif, le réel revient en force : pas de frontières nationales, pas de politique migratoire cohérente ; pour chacun des pays de l’Union européenne et pour l’UE elle-même. Il ne peut en effet y avoir une répartition raisonnable de l’effort d’accueil sans contrôles aux frontières. Débordée par la situation, Angela Merkel a fini par se rendre à cette évidence et a décidé de rétablir les contrôles aux frontières de l’Allemagne, activant ainsi implicitement la clause de sauvegarde prévue par le traité de Schengen. C’est un tournant majeur. Reste à bâtir, dans l’urgence, une vraie politique migratoire, si possible concertée.

Souhaitons que ce soit aussi un tournant dans notre approche du débat public. Le mot « sidération » est apparu en force depuis dix jours pour décrire cette paralysie de la raison dont notre Agora a été saisie. La « sidération » désigne un« anéantissement soudain des fonctions vitales sous l’effet d’un choc émotionnel intense » (Le Robert). Ce « choc émotionnel » a conduit au déploiement d’une atmosphère paralysante de moraline et de fausse charité où le mot « honte » a anesthésié la raison.


Sortir de la « sidération »

Je dis « moraline » parce qu’il n’y a pas de meilleur mot pour signifier cette morale auto-satisfaite et inconséquente qui anime l’âme creuse de la bien-pensance. Je dis « fausse charité » parce que la charité authentique est intégrale, elle inclut la justice, la vérité, la prudence, la responsabilité. Le bon Samaritain ne rase pas gratis, il pense aux conséquences et aux conditions concrètes de sa charité : il paie l’aubergiste et s’engage sur la durée, lui promettant une rallonge pour ses surcoûts et faux-frais. Le bon Samaritain n’a pas dit à l’aubergiste : « Voici, prends l’indigent et montre-toi charitable comme je l’ai été, courage, je prierai pour toi ». Le bon Samaritain est charitable ET responsable. Sa manière d’agir n’est pas une posture morale.

Gardons les pieds sur terre, comme le Samaritain, et articulons les choses : répondre généreusement à l’appel du pape François est une excellente disposition pour les fidèles, mais ne constitue pas en soi une politique pour les États. Il faut nécessairement distinguer et articuler les deux ordres, sans les opposer. Le pape a appelé les paroisses à poser un acte concret et accessible : accueillir une famille de réfugiés. Il n’a pas appelé à renoncer au politique. Que chacun se rassure, le pape François connaît sa doctrine sociale sur le bout des doigts : il est juste d’accueillir des réfugiés dans une mesure proportionnée à nos capacités ; et il est légitime pour les Etats d’appliquer une politique migratoire de contrôle aux frontières, dans le respect de la dignité humaine. Non seulement cette doctrine ne varie pas, mais encore recèle-t-elle une sagesse politique et humaine de brûlante actualité. Les critiques adressées récemment au pape et à l’Eglise, y compris chez des catholiques, sont donc infondées, mais elles sont le symptôme d’une profonde désorientation de l’esprit public.

L’esprit public désorienté

D’où vient cette désorientation ? Elle est générée par cette folle sidération et la déraison des gens raisonnables. Les personnes modérées qui voudraient le bien sont en quelque sorte tétanisées par la crainte de nommer le réel. C’est pourquoi elles tendent à se retrancher dans une moraline « hors-sol ». Dans le même temps se déploie, sur les réseaux sociaux et les sites d’information alternatifs, un discours du « choc » et du « chaos » qui installe frénétiquement une atmosphère délétère de pré-guerre civile. Le problème, c’est que ce discours de pré-guerre civile aura toujours davantage d’influence que la moraline, précisément parce qu’il s’appuie sur certains aspects du réel pour faire prendre une « sauce » particulièrement anxiogène.

Alors, les gens raisonnables se contentent de disqualifier ce « camp du mal », mais sans s’appuyer sur le réel. Ainsi, le « N’ayez pas peur ! » d’une personne bienveillante qui évite soigneusement de nommer le réel devient inaudible, voire puissamment anxiogène. Un authentique « N’ayez pas peur ! » doit s’accompagner d’une perspective politique concrète. Une politique migratoire requiert notamment un aspect quantitatif (il ne peut y avoir d’accueil illimité), mais aussi qualitatif. On ne peut faire l’économie d’une distinction entre les différents types de migrations : réfugiés de guerre, demandeurs d’asile politique, migrants économiques. Comment ignorer la nécessité d’une telle réflexion ? Un réfugié de guerre et un demandeur d’asile s’inscrivent dans une perspective d’immigration temporaire ; un migrant économique s’inscrit dans une perspective durable, c’est une immigration de peuplement. Pour chacune de ces situations, ce ne sont pas les mêmes questions qui se posent, les mêmes risques qui se présentent, les mêmes moyens qui sont à mettre en œuvre. Parlons de cela sans crainte de subir l’anathème, ayons le courage de parler de politique migratoire concrète, dont les frontières constituent l’un des outils incontournables.

Faire reculer le maelström anxiogène implique, paradoxalement, de nommer la gravité de cette crise, de reconnaître qu’elle survient au cœur d’un grand désordre mondial, dans le contexte complexe et risqué d’une mutation historique, notamment au plan géopolitique et démographique. Dans un tel contexte, il sera toujours plus inquiétant de nier les dangers que de les reconnaître sans faux-semblants en affichant une volonté forte de les affronter. N’ayons donc pas peur de poser les questions les plus brûlantes, ces questions « casse-gueule » qui font peur.

Mettre les sujets brûlants sur la table

Prenons l’exemple ultra-sensible de la question démographique, qui est dans toutes les têtes mais que les gens raisonnables maintiennent souvent dans le non-dit. Quand Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, affirme« Nous sommes un continent vieillissant, en déclin démographique ; nous aurons besoin de talents venant du monde entier. »[1], il accrédite l’idée que c’est un projet politique de l’UE que de renouveler en profondeur la population vieillissante de l’Europe en s’appuyant sur des populations jeunes et nombreuses issues d’autres continents. Chacun sait que ces populations ont une autre culture et, majoritairement, une autre religion, notamment cet islam qui fait si peur aujourd’hui. Si nous ne mettons pas ce débat sur la table, nous laissons les théoriciens du « grand remplacement »[2] déployer – sans concurrence – le réel sous leur angle pré-chaotique. Ils gonflent une réalité que les autres nient. Ne nous y trompons pas : c’est in fine le déni de la réalité qui se voit comme le nez au milieu de la figure, bien davantage que son gonflement.

Comment imaginer que ces paroles de Jean-Claude Juncker ne soient pas une source d’angoisse pour des peuples européens qui se savent en effet vieillissants ? Comment imaginer que ces paroles – qui correspondent à une réalité – ne plongent pas dans le désarroi une jeunesse qui comprend ainsi que ses aînés ne comptent plus sur elle pour assurer l’avenir démographique de nos pays ? Comment imaginer que cette jeunesse puisse adhérer au projet mortifère d’une Europe qui se montre incapable d’envisager un sursaut, incapable de déployer l’élan vital premier qui consiste à faire suffisamment d’enfants pour continuer à vivre en tant qu’Europe ? Ce n’est pas en ignorant ces questions que nous réorienterons sainement l’esprit public.

Guillaume de Prémare

(source: Ichtus)


[1] Discours de Jean-Claude Juncker sur l’état de l’Union, le 9 septembre 2015 :https://twitter.com/europarl_fr/status/641519438764863488

[2] La théorie du « grand remplacement » consiste à dire que l’oligarchie mondiale a programmé, par l’immigration de masse, le remplacement progressif des populations européennes d’ancienne souche par des populations africaines et/ou musulmanes qui deviendront majoritaires et dominantes dans deux ou trois générations, sous l’effet d’une bascule démographique.

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Le directeur de l’ONG Enfants du Mékong, en pointe dans l’accueil des réfugiés du Sud-Est asiatique, en France mais aussi dans leur pays d’origine, appelle à ne pas confondre charité, morale et politique. « L’accueil sans réflexion de centaines de milliers d’immigrants ne répond pas à une obligation de la charité mais à une obligation idéologique. »

LES IMAGES « choc » et bouleversantes qui passent en boucle sur nos médias émeuvent à juste raison l’opinion publique mais peuvent provoquer dans le même temps une vulgarisation de l’horreur. Elles ferment à terme une conscience qui devrait déboucher sur l’action.
Charité ou idéologie

Après le « on est tous Charlie », l’accueil tous azimuts et sans réflexion des centaines de milliers d’immigrés dont certains peuvent prétendre légitimement au statut de réfugiés ne répond pas à une obligation de la charité mais à une obligation idéologique. Celle-ci interdit toute réflexion. Je sens que les images, les consignes de « penser juste » menées avec une trop grande cadence commencent à créer une réaction de fermeture et d’indifférence. Un peu comme les dames patronnesses du début du XXe siècle pérorant sur la morale ont provoqué des réactions de privauté et de libertinage. L’esprit de contradiction veut démontrer l’indépendance d’esprit et le refus de l’obligation de penser à l’identique. L’effet moralisateur atteint l’inverse de ce qu’il croit vouloir imposer.

L’effet de rejet à l’encontre de « Je suis Charlie » n’est pas grave quant aux conséquences. Dramatique est celui qu’induisent les ordres comminatoires de la fille d’un pasteur luthérien, dame-vertu de l’Europe. Celle-ci veut nous culpabiliser vis-à-vis des innombrables étrangers à l’assaut de notre continent. Elle amalgame les hordes qui viennent pour des raisons purement économiques avec ceux qui tragiquement et légitimement fuient un massacre orchestré contre eux. Ce que réclament de nombreux maires.

Il est vrai que son pays mort démographiquement se trouve confronté à une disparition sérieuse de main d’œuvre. Et le business en souffre ! Celle qui arrive par centaines de milliers sera bon marché, voire très bon marché. Elle pourra rivaliser avec l’ouvrier chinois ou le journalier du Bengladesh. Mais Mme Merkel en est-elle si certaine [1] ? Les motivations des dits réfugiés ne sont peut être pas conditionnés par le désir d’un travail à n’importe quel prix, mais peut être par la manne sociale distribuée généreusement. Plus grave encore peut-on supposer qu’une pénétration militaire des pays « chrétiens » serait la motivation de certains ? C’est en tous cas ce que n’hésitent plus à dire des chefs militaires au plus haut niveau.
L’affect sert de raison

L’impression est celui d’un malaise. La manipulation des images chocs interdit toute réflexion et l’action consécutive devient désordonnée, passionnelle, brouillonne et dramatique quant aux conséquences. Il ne s’agit plus de charité qui impose des actes responsables et durables mais d’idéologie éruptive. Car les décisions prises seront sans retour. Il n’y a plus de politique, celle-ci a été calcinée sous la pression des scénarios imposés. Il n’y a plus de politique car il n’y a plus d’homme politique. Hollande commence-t-il à bien raisonner sur le sujet qu’il est immédiatement rappelé à l’ordre par la dame de fer et il s’incline.

Réfléchir aux conséquences de cet accueil qui, au long des mois se révélera définitif, conduit inéluctablement à l’excommunication pour délit de blasphème. Poser la question vous condamne à être responsable de la mort de cet enfant kurde échoué sur une plage de Turquie. Et pourtant…
Les Tartuffes au Panthéon

Alliée séculaire de Berlin, la Turquie nous reproche notre égoïsme. L’enfant kurde mort n’appartient-il pas au peuple que Daech a massacré à Kobané à l’échelle industrielle sous le regard bienveillant voire complice de la Sublime Porte ? Que les loups dévorent les innocents est une réalité tragique de l’histoire, mais que ceux-ci accusent ceux qui défendent les innocents de ne rien faire est nouveau et… monstrueux. Ce n’est pas l’hôpital qui se moque de la charité, mais le cimetière qui se moque du SAMU.
Le devoir des uns n’est pas celui des autres

Si les responsables des organisations humanitaires, à l’exemple des médecins qui doivent soigner indifféremment ennemis et amis, n’ont qu’un seul devoir en accueillant l’immigré, la responsabilité de l’homme politique est de préserver le bien commun, les équilibres sociaux, l’intégration etl’assimilation des candidats légitimes -parce que persécutés- à la société. Ils ont le devoir de protection.

L’humanitaire agit dans l’urgence et par rapport à une situation donnée, l’homme politique est dans l’anticipation, la durée et la vision. Ce dernier a comme première vocation d’assurer et préserver la paix sociale, il a la responsabilité de la sécurité de sa communauté. Cela depuis que l’État repose sur le droit qui gère une communauté et le lien qui lie un peuple avec ses responsables ; cela depuis Rome et Athènes.
Nous sommes en guerre

Or aujourd’hui, en France comme en Orient, nous sommes en guerre. De jeunes Lorrains, Bretons ou Provençaux se battent dans un acte de générosité gratuite pour des peuples dont les hommes arrivent par centaines de milliers sur nos côtes sans participer à la défense de leurs foyers restés sur place. Les photographies ou les reportages nous les montrent. Les migrants ont entre dix-huit et quarante ans pour l’essentiel. Les hommes occupent l’écrasante majorité des passagers.

Il est impossible pour nous de ne pas nous poser la question du sort de leurs familles. Qu’en est-il de la sécurité et de la survie de celles-ci puisqu’eux même fuient la violence et la vengeance ? Avons-nous le droit de poser la question ? Pourquoi, à l’inverse des boat people vietnamiens, ce ne sont pas des familles mais massivement des garçons en pleine force de l’âge ?

Il est évident que les réfugiés doivent être accueillis, mais seulement les réfugiés. Le Premier ministre s’insurge contre le maire de Charvieu-Chavagneux, une ville voisine du drame de Saint-Quentin-Fallavier, qui a été, en juin dernier, le lieu d’actes de terrorisme islamiste. Celui-ci en effet veut donner en priorité la place à des réfugiés chrétiens parce qu’il n’y a aucun doute sur leur statut de victimes … Exerçant sa légitime responsabilité d’officier ministériel qui est d’assurer à sa ville la paix et la tranquillité, il est conspué par le chef du gouvernement. On voit à quel niveau est descendue la capacité de réflexion d’un homme d’État terrorisé par les idéologies qui le cernent. Si l’édile a conscience que nous sommes en guerre — comme les maires de Roanne ou de Belfort —, nous sommes sous « Vigipirate renforcé », le Premier ministre semble l’avoir oublié.
Dénoncer les conséquences des causes qu’on veut ignorer

Mme Merkel, notre dame de fer et « de cœur » que certains voudraient voir récompensée du prix Nobel de la paix (!) en appelle de façon tonitruante à la générosité de l’Europe. Contrairement à la France elle refuse obstinément de s’attaquer à la cause des drames. Cette cause n’a qu’un nom : la guerre. Celle-ci refuse de la voir et d’en tirer les conséquences politiques. Elle laisse les Français verser leur sang « là-bas » car elle est avare de celui des Allemands. On comprend ; il est devenu si rare.

Nous, Français nous attaquons, sans doute mal, avec pusillanimité si l’on considère nos politiques, mais courageusement et avec une singulière efficacité pour nos soldats à qui on donne parcimonieusement les moyens d’agir. Avec ce peu ils font des prodiges. Pourtant les alliances indispensables doivent se faire pour mettre définitivement les islamistes hors d'état de combattre. On y vient au pas des vieillards. Ces alliances sont enracinées dans l’histoire, qui appelle la Russie. Et les moyens doivent être massifs.
La politique n’est pas une affaire d’émotion

En guerre on évite d’ouvrir son flanc pour contrer les percées. Or l’accueil sans discernement des hordes des réfugiés ressemble furieusement à cette baisse de garde.

La politique n’est pas une question morale (même s’il faut avoir une vision morale de son action), c’est la prise en compte de la réalité des rapports de force. Il faut intégrer ceux-ci à l’avantage du pays dont on est responsable. De Gaulle avait une phrase très juste à ce sujet : En guerre un chef d’État doit être égoïste pour son pays sinon il le perd. Il justifiait cela pour expliquer son attitude hautaine et parfois brutale à l’encontre de Churchill et des Américains à qui il ne passait aucun compromis.

Avec une grande vénération pour François, ce pape de la miséricorde qui nous appelle à sortir de nos lignes dans un monde bouleversé, précisons fermement que son appel à l’accueil des réfugiés n’est pas une politique. Il serait grave pour un chef d’État de s’aligner sur sa position exprimée à Lampedusa. Car il ne faut pas faire de contresens : le pape appelle à la prière, au réveil des consciences, à la responsabilité personnelle de chacun, au pardon. Son message est spirituel et moral, ce n’est pas une politique migratoire. Et pour autant, le pape n’est pas naïf, la charité et la justice sont indissociables, comme l’a rappelé Mgr Aillet. François a d’ailleurs confirmé cette semaine qu’il ne fallait pas faire de « simplisme » : « A 400 kilomètres de la Sicile, il y a des forces terroristes d'une incroyable cruauté, et le danger d’infiltration est réel [2]. »
Les responsables se défilent

Pourquoi les pays coreligionnaires des candidats à l’Europe n’accueilleraient-ils pas les migrants victimes de la guerre, ces très riches monarchies du pétrole : l’Arabie Saoudite ? le Qatar ? les pays du Golfe ? la Turquie ? N’y a-t-il pas une solidarité de l’Ouma ? Pourquoi serait-ce toujours les pays de tradition chrétienne qui devraient porter le poids des déstabilisations du monde ? Pourquoi les USA ne porteraient-ils pas massivement l’effort de générosité ?

La France et la Russie ont toujours considéré avoir une obligation à l’égard des minorités chrétiennes du Proche et Moyen-Orient. Elles assument.
Comment agir aujourd’hui ?
L’accueil passe par un tri, ce que le HCR nomme le screening. Il s’agit de la phase où l’on distingue les personnes dont l’existence est mise en danger concrètement et objectivement, de celles qui pour une amélioration de l’existence viennent chercher un mode d’existence moins pauvre. Il faut du temps pour orienter les demandeurs d‘asile vers un lieu bénéficiant d’une exterritorialité temporaire (l’Arabie saoudite? le Qatar ? la Turquie ?) comme assignés à résidence le temps de l’enquête. Car ne l’oublions pas, nous sommes en guerre.

Nous sommes en guerre et en guerre contre des islamistes. Que nous accueillons des minorités persécutées comme les chrétiens ou les kurdes, notre obligation s’impose, mais nous ne pouvons baisser notre vigilance à l’égard des personnes pouvant être sous influence islamiste. L’impasse se payera une fois de plus au prix du sang. Que signifierait l’extrême vigilance accrue dans nos gares, écoles et monuments publics si nous laissions entrer n’importe qui sans savoir qui il est, un par un ?

Ensuite ces hommes, faute d’aller se défendre aujourd’hui aux côtés de nos garçons, doivent retourner chez eux, la paix revenue. Cela doit être inscrit dans le contrat d’accueil. Ils manquent tragiquement à leur famille, ils manquent tragiquement à l’Espérance de ces pays non condamnés ad vitam aux bandes de meurtriers et de pillards. Toutes les nations ont vécu des horreurs, je pense au Cambodge qui aujourd’hui ressuscite avec une jeunesse formée et une paix assurée.

Mais en conclusion, je crois — ce que je ne croyais pas il y a deux ans — qu’il y a une volonté internationale de substituer aux vieux peuples chrétiens des peuples d’autres religions pour voir disparaître la plus belle des civilisations que l’humanité a connue. Et d’avoir des esclaves sans racine ni culture, ni sens de la communauté de destin qui, à moindre prix, travailleront pour les grandes puissances économiques à n’importe quel prix. C’est voulu, orchestré et inscrit dans le temps.

Comme le disait si justement le primat des Gaules : « Je comprends qu’on s’angoisse à voir disparaître notre civilisation mais je n’ai pas foi dans une civilisation — si belle soit-elle — mais dans le Christ ressuscité. » Il faut observer les signes du temps et, pour les chrétiens, savoir comme Jean Paul II que rien ne résiste aux forces de la prière. Les nations sont dans la main de Dieu. Alors prions…


Yves Meaudre est directeur général de l’ONG Enfants du Mékong, Grand prix des droits de l’homme de la République française.

[1] Après que Mme Merkel a déclaré vouloir accueillir 800.000 réfugiés, l’Allemagne a décidé de rétablir le contrôle de ses frontières.
[2] Dans une interview à la radio portugaise Renascenca. En outre, l’appel à la charité du pape François, qui s’adresse aux paroisses, aux sanctuaires, aux communautés religieuses est d’un grand réalisme, à la fois pour des raisons pratiques et de sécurité "pour éviter des infiltrations d'un autre genre" : une famille une personne, par paroisse !
(source: Libert Politique)

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" LIBER, un revenu de liberté pour tous " par Marc de Basquiat sur @OSPFrejusToulon
"Liber", l'impôt negatif - Présentation du revenu de base (12 Mai 2014)
Marc de Basquiat : Pour une économie au service de l’homme (ForceVie)
La vie pour combat
Pour un revenu minimum universel (Le Figaro)

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Discours du Pape François au Parlement Européen et Conseil de l'Europe de strasbourg
                        + réactions et décryptage (25 nov 2014)
"La renonciation à la vérité est mortelle pour la foi"  par Benoît XVI
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