vendredi 1 mars 2013

Halte au narcissisme du corps

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Aujourd’hui, Adèle Van Reeth a le plaisir de recevoir le philosophe Yannis Constantinidès pour son livre

« Le nouveau culte du corps ».

et Christophe Salaün qui vient de préfacer : "Charles Baudelaire, naissance de la musique moderne Richard Wagner" et "Tannhäuser à Paris" Mille et Une Nuits


Le corps est une évidence universelle ; toutes les langues au monde nomment ses mêmes différentes parties. Mais il n’appartient pas seulement au réel ; ses dimensions symboliques et imaginaires sont aussi prégnantes. Depuis quelques années, il est l’objet d’une attention renouvelée de la part des historiens et des essayistes. Ils scrutent à la loupe cette transformation des apparences, ces nouvelles normes, qui glorifient l’éternelle jeunesse des corps pour mieux occulter la réalité de la déchéance et de la mort. Ils débordent d’imagination dans le but de couvrir tous les aspects de cette métamorphose dans le sport, la médecine, la cosmétique, la diététique, la sexualité. Les philosophes de leur côté cherchent plutôt à traduire ce qu’on pourrait appeler « l’incarnation de la pensée ». Ils tentent de nous faire sentir « le geste corporel », la décharge nerveuse, qui est à l’origine de notre manière d’apparaître dans le monde. Ils nous parlent de notre corps vécu et animé, de notre grande raison sensible. Tel est le cas de Yannis Constantinidès. Il nous entraîne dans les pas de Nietzsche à mille lieux du corps parfait, façon « Adobe Photoshop », cet étrange instrument de rédemption ; il nous met sur la voie d’une naturalisation retrouvée de nos organes et de notre peau. Il nous donne à lire Nietzsche en toute simplicité et fait de Zarathoustra le meilleur journaliste « people » de la place. Foin de l’idéal Duracell et du corps augmenté, stimulé par tous les moyens, il fait l’éloge du corps vivant, de la spontanéité vitale, mais aussi de la bonne digestion, voire des maladies salutaires. Il prend à revers la pernicieuse gestion des risques, qui nous enferme dans une vie assurée, aux couleurs mortifères.
« C’est le corps qu’il faut d’abord convaincre », disait Nietzsche. Quel corps ? Certainement pas un corps précautionneux, mais un corps capable de « digérer » la réalité, de se l’incorporer, sans se soumettre à l’image lisse que d’aucuns voudraient renvoyer d’eux-mêmes, à la télévision, et pas seulement sur les plateaux. Car il ne faut pas l’oublier. Les ruses de l’idéalisme moral si bien diagnostiquées par Nietzsche passent aujourd’hui par le régime maigre et la surprotection de l’existence.
Comment échapper à cet idéal d’animal domestique ?
Ce sera la question du jour.




Source: France Culture
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-  Halte au narcissisme du corps  
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